La dure réalité des immigrants en Russie

Les mouvements néonazis se multiplient en Russie et s’attaquent aux immigrants et aux étudiants étrangers. Sous le regard parfois indifférent des policiers…

lenine immigrants russie
Un garde patrouille près de la tombe de Lénine. Les années 1990, en Russie, sont considérées comme des années d’anarchie et c’est à l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine qu’un pouvoir central a été rétabli. Malgré cela, les crimes contre les minorités ont augmenté de façon alarmante, les groupes ultranationalistes néonazis continuant d’opérer ouvertement.
groupe immigrants russie
Dimitri Diomouchkine (à l’avant-plan) a participé, il y a 10 ans, à la fondation de l’Union slave, un groupe néonazi. SOVA, une ONG spécialiste de la xénophobie en Russie, considère son groupe comme l’un des plus dangereux du pays. L’Union slave lutte pour conserver la pureté de la race russe.
universite immigrants russie
L’Université de l’Amitié entre les peuples accueille 23 000 étudiants par année, dont 20 % d’étrangers. Fondée dans les années 1960, pendant les beaux jours du communisme, elle attirait de nombreux jeunes des pays du tiers-monde. Aujourd’hui, elle est devenue un des points de mire des groupes néonazis, et des agressions y sont régulièrement commises. La police assure donc une présence constante pour les prévenir.
campus immigrants russie
Sur le campus de l’Université de l’Amitié entre les peuples, les étudiants étrangers n’ont guère la chance de se mêler aux Russes et restent à l’écart. Certains se plaignent de discrimination, d’autres n’osent même pas sortir du campus tellement ils craignent d’être agressés.
bazar immigrants russie
Le grand bazar de Tcherkizovski, l’un des plus multiethniques de Moscou, regroupe des commerçants venus de l’Asie centrale, des pays du Caucase et de la Chine. Il y a deux ans, des néonazis ont fait éclater une bombe dans le marché, tuant 14 personnes et en blessant des dizaines d’autres.
comptoir immigrants russie
Comptoir de vêtements au bazar de Tcherkizovski. Du côté des étals chinois, on ne connaît pas un mot de russe, sauf niet (non)!
bd immigrants russie
Heehus, 40 ans, est considéré comme le père de la BD russe. En juillet dernier, il a été attaqué par un militant fasciste tandis qu’il rentrait chez lui. La police n’a pas arrêté son agresseur et n’a pas semblé prêter beaucoup d’attention à son cas. Heehus a relaté l’incident dans son blogue. En réponse, il a reçu des menaces de mort de la part de divers groupes néonazis et de skinheads. Pourquoi s’en prennent-ils à lui? Heehus croit que c’est simplement parce qu’il est juif.
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Koulsoum berce le bébé de la «famille». Cette famille d’une douzaine de membres est composée d’elle-même et de ses enfants, ainsi que de ses sœurs et de leurs enfants. Tous partagent un petit appartement qui ne compte qu’une chambre à coucher.
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Originaire de Tchétchénie, Koulsoum vit constamment dans la crainte d’être déportée. Elle n’a pas de permis de séjour et cache ses véritables origines, préférant dire qu’elle vient du Daguestan. De tous les Caucasiens, les Tchétchènes sont les premières victimes de la xénophobie des Russes.
milana immigrants russie
Milana, 25 ans, a été blessée par un soldat russe pendant la deuxième guerre en Tchétchénie, en 2000. Depuis, elle a les jambes paralysées et ne peut guère quitter la chambre qu’elle partage avec sa mère, Tamara, dans un appartement collectif, au cinquième étage d’un immeuble sans ascenseur. Pour subvenir à leurs besoins, sa mère travaille dans un marché.
manifestation immigrants russie
Manifestation organisée par les membres du mouvement Jeune Russie sur la place Pouchkine, à Moscou, le 9 août 2008. Les militants réclamaient la libération de Radovan Karadzic et exhortaient les troupes russes à foncer vers la capitale de la Géorgie, Tbilissi.
mosquee immigrants russie
Le vendredi, des centaines de fidèles se regroupent à la grande mosquée tatare de Moscou, où l’imam Hassan Khadrat dirige la prière.
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Lorsque la mosquée est pleine, on déroule des tapis devant sa façade afin que les fidèles puissent suivre la prière. À Moscou, la population musulmane s’élève à près de deux millions de personnes, mais on n’y trouve que quatre mosquées, contre 500 églises.