La fin de la sieste espagnole?

Au nom de la productivité, le rythme de vie des Espagnols passe au collimateur. Bien plus qu’une histoire d’aiguilles, c’est tout leur quotidien qui pourrait être bouleversé.

Photo: Ignacio Perez Diez/Flickr Vision/Getty Images
Photo: Ignacio Perez Diez/Flickr Vision/Getty Images

Longue pause dîner à 14 heures, traditionnelle sieste mi-journée, coucher aux petites heures du matin… Le rythme de vie espagnole vivrait-il ses derniers jours ?

C’est du moins ce que souhaitent nombre d’Espagnols, qui militent afin d’arrimer leur emploi du temps au reste de l’Europe. En cause, l’affaiblissement de la productivité du pays, toujours secoué par une grave crise économique, rapporte le New York Times.

Non pas que les Espagnols soient fainéants. Comme le souligne le Washington Post, la journée de travail espagnole est très longue : les salariés travaillent une heure plus tôt qu’en Amérique du Nord, et finissent tard dans la soirée. Seulement, leurs horaires sont ponctués de pauses.

L’enjeu est tel que la Commission nationale pour la rationalisation des horaires en Espagne a publié, en septembre 2013, un rapport parlementaire montrant que les Espagnols sont moins productifs et plus fatigués que leurs voisins européens.

Selon Ignacio Buqueras, président de la Commission, les salariés espagnols passent autant de temps à l’ouvrage que les travailleurs allemands, mais n’atteignent que 59 % de leur productivité. De plus, l’Espagnol dort 53 minutes de moins que la moyenne des autres Européens.

C’est sans parler des difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale. La sociologue María Ángeles Durán assure au New York Times que «les femmes ressentent une plus forte pression pour rentrer tôt et s’occuper du foyer», alors que les hommes «programmeraient d’importantes réunions tard le soir». «Pour les hommes, c’est parfait. Ils rentrent à la maison et les enfants sont déjà dans le bain !», lance-t-elle.

La recommandation de la Commission ? Calquer d’urgence les horaires de ses voisins européens, c’est-à-dire «huit heures pour travailler, huit heures pour se reposer et huit heures pour les activités diverses», plaide son rapport. Il s’agirait en fait d’un retour dans le passé, car les horloges espagnoles sont réglées ainsi depuis 1942.

Cette année-là, le régime de Franco s’était aligné sur l’heure de l’Allemagne nazie. Et ce, même si sa situation géographique correspond au méridien de Greenwich.

Source: Washington Post
Source: Washington Post
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