La justice à l’heure d’Obama

 

Crédit-photo: Alex Brandon / PC / AP

Peu de gens en sont conscients, mais neuf sages vêtus d’une robe noire détiennent, aux États-Unis, un pouvoir aussi grand que celui du président ou du Congrès. Par leurs décisions, les juges de la Cour suprême orientent la société américaine sur des questions de premier ordre, comme la peine de mort, le droit à l’avortement ou au port d’arme, et même la nomination d’un président lors d’une impasse électorale (c’est ainsi que George W. Bush a vaincu Al Gore, en 2000).

En vertu de la Constitution, les juges sont nommés à vie par le président. Le départ à la retraite du juge David Souter permet à Barack Obama d’imprimer sa marque sur cette influente institution. Il a donc offert un siège à une juge hispanophone, une première dans l’histoire du pays.

Sonia Sotomayor (sur la photo), juge à la Cour d’appel de New York, a un parcours qui rappelle celui d’Obama. Élevée dans le Bronx par une mère portoricaine qui valorisait l’éducation (son père est décédé lorsqu’elle avait neuf ans), elle a fait des études dans les prestigieuses universités de Princeton et Yale. Cette juge de 54 ans s’est déjà prononcée en faveur de la discrimination positive dans les institutions publiques, ce qui lui vaut des critiques de la droite.

Constitution oblige, le Sénat doit confirmer le choix du président (la majorité démocrate rend un rejet peu probable). D’ici la fin du premier mandat d’Obama, deux autres sièges pourraient se retrouver vacants : celui de Ruth Bader Ginsburg, à la santé fragile (elle vient de subir, à 75 ans, une opération pour un cancer du pancréas), et celui de John Paul Stevens, qui, à 88 ans, est le doyen de la Cour. Le président, ancien professeur de droit constitutionnel, pourrait donc avoir une influence durable sur la justice américaine.               

 

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