La levée de fonds morbide de l’État islamique

L’État islamique n’a pas abandonné l’idée de renflouer ses caisses avec James Foley : le mouvement djihadiste essaierait de vendre la dépouille du journaliste pour un million de dollars.

Photo © AP / Steven Senne / Getty Images
Photo © AP / Steven Senne / Getty Images

La date du 19 août a tristement marqué l’année 2014. Ce jour-là, le monde a été pris de stupeur en découvrant la vidéo de la décapitation du journaliste américain James Foley. Un acte d’une violence inouïe que le groupe armé État islamique (EI) a commis après avoir échoué à convaincre les États-Unis de payer une rançon.

Quatre mois plus tard, l’EI n’a pas abandonné l’idée de renflouer ses caisses avec James Foley, puisque le mouvement djihadiste essaierait de vendre sa dépouille, affirme Mike Giglio, envoyé spécial de BuzzFeed News à la frontière turco-syrienne.

Pour étayer ses propos, ce dernier cite trois sources, toutes ayant trouvé un accord avec le groupe extrémiste pour agir en tant qu’intermédiaires dans la transaction. L’EI demanderait un million de dollars pour le corps du journaliste, qui serait livré en Turquie avec un échantillon d’ADN prouvant son identité.

L’une de ces sources, un ancien rebelle syrien, affirme être animé par la volonté d’aider les membres de la famille de James Foley à faire leur deuil. Un autre intermédiaire, homme d’affaires celui-là, se veut plus pragmatique en affirmant : « C’est du business. »

« Le commerce des otages occidentaux a créé un marché parallèle au sein duquel des intermédiaires comme ceux-ci cherchent à négocier des accords afin de recevoir des commissions », explique Mike Giglio.

Les différents intermédiaires en Syrie n’excluent pas de rentrer en contact avec une personne représentant la famille Foley, mais ils craignent que les États-Unis empêche tout accord. En effet, le rapatriement du cadavre écornerait l’image du pays qui a eu la possibilité, il y a quelques mois, de faire revenir l’otage en vie.

En septembre dernier, les parents du défunt journaliste ont avoué que le gouvernement américain avait menacé de les poursuivre s’ils acceptaient de payer une rançon pour la libération de leur fils.

Les négociations entourant la vente du corps de James Foley illustrent bien la recherche continuelle de sources de financement de l’EI, au rang desquelles figure la contrebande de pétrole, qui, selon Le Monde, leur rapporte 800 millions de dollars par an.

« L’organisation terroriste impose également, comme le “pizzo” de la mafia italienne, une taxe aux familles qui vivent dans le territoire qu’elle contrôle, en échange de “protection”. Elle touche également au trafic de drogue, facilitant le passage de l’héroïne d’Afghanistan vers l’Europe, et même au trafic d’êtres humains, en majorité des femmes et des enfants yézidis kidpnappés en Irak », écrit le quotidien français.

Selon un rapport du Centre international d’études sur la radicalisation et la violence politique, l’État islamique a perpétré, au cours du mois de novembre, 306 attaques ayant causé la mort de 2 206 personnes. À travers le monde, pas moins de 5 042 personnes (dont 2 093 civils) ont péri dans l’une ou l’autre des 664 attaques djihadistes.