La malédiction irlandaise

L’époque du « miracle irlandais » est révolue. Après avoir vu son économie croître en moyenne de 7 % par année de 1994 à 2004, l’Irlande est aujourd’hui en crise.

La malédiction irlandaise
Photo : iStock

Le PIB a fondu de 15 %, la dette publique sera aussi élevée que celui-ci cette année, le chômage atteint 14 %, les jeunes Irlandais s’exilent.

EFFET DOMINO

L’Irlande, l’une des économies les plus pauvres d’Europe jusque dans les années 1990, a prospéré grâce à l’aide financière massive de l’Union européenne et à une fiscalité très avantageuse pour les sociétés (taux d’imposition minime de 12,5 %, par exemple). Cette prospérité a mené à une bulle immobilière, qui a fait grimper les prix des maisons de 450 % en une décennie. Puis, en 2008, cette bulle a éclaté et a engen­dré une crise financière. Les banques, qui avaient fortement investi dans le marché immobilier, ont écopé. Leur sauvetage pourrait coûter jusqu’à 50 milliards d’euros, soit le quart du PIB du pays !

AUSTÉRITÉ EXTRÊME

Au lieu de recourir au Fonds monétaire international et au Fonds de sauvetage européen, qui vient en aide aux pays d’Europe au bord de la faillite, l’Irlande adoptera en décembre le budget le plus austère de son histoire. Aux mesures instaurées depuis 2008 – réduction de 15 % du salaire des fonction­naires, diminution des allocations familiales et des prestations de chômage – s’ajouteront de nouvelles compressions de dépenses ainsi que des hausses d’impôts.

EXODE URBAIN

Délaissée pendant le boum, l’agriculture fait un retour. Les ouvriers quittent le secteur de la construction et achètent des terres, dont les prix (les plus élevés d’Europe en 2006) ont chuté de 43 % l’an dernier. Résultat : les exportations de produits agricoles, qui avaient connu un recul de 12 % en 2009, viennent de bondir de 5,4 %.