La poudrière belge

Quatre clés pour comprendre comment la Belgique est devenue une fabrique de terroristes.

Des militaires surveillent une rue à Molenbeek. (Photo: Geert Vanden Wijngaert/AP Photo)
Des militaires surveillent une rue à Molenbeek. (Photo: Geert Vanden Wijngaert/AP Photo)

Le double attentat qui a frappé la capitale belge, faisant 32 morts et plus de 300 blessés, trouve son origine dans un ensemble de facteurs qui influencent la vie belge et européenne depuis plus de 20 ans.

1 Point central de l’Europe : sise entre la France, le Luxembourg, l’Allemagne et les Pays-Bas, la Belgique est devenue, avec la création de l’espace Schengen, un point central du transit de personnes et de biens tant légaux qu’illégaux. À Anvers, deuxième port d’Europe en importance, 200 millions de tonnes de fret circulent chaque année, sans qu’il soit possible de tout inspecter. Résultat, des immigrants clandestins se trouveraient en très grand nombre dans le « plat pays ». Certains vont jusqu’à parler de 100 000 personnes.

2 Marché aux armes : la fin du monde communiste, dans les années 1990, a poussé divers groupes mafieux des Balkans à s’implanter en Belgique et à y importer des armes. La législation belge en la matière, très laxiste jusqu’en 2006, a d’ailleurs alimenté le trafic. Et puisque les armes ont souvent une durée de vie très longue, les arsenaux de l’Est vidés lors de la chute de l’URSS refont périodiquement surface en Europe.

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3 Porte ouverte à la radicalisation : les frontières ouvertes ont facilité l’immigration maghrébine et arabe en Belgique. Les difficultés économiques du pays ont poussé les gens vers la criminalité, et des dirigeants politiques ont laissé des mosquées et des responsables communautaires assumer une certaine forme d’autorité sociale en échange d’un calme relatif. Par ailleurs, l’un des principaux centres prônant l’extrémisme musulman, la Grande Mosquée, à Bruxelles, a été construite grâce aux fonds de l’Arabie saoudite, pays où un islam rigoriste particulièrement conservateur règne en maître.

4 Casse-tête administratif : à Bruxelles même, les services de police sont séparés en divers secteurs, en plus des six communes où les bourgmestres jouissent aussi de pouvoirs de police. Ce morcellement ralentit le partage d’informations, facilitant du coup l’organisation d’actes criminels et d’attentats. À l’échelle nationale, les services de renseignement belges ont été vivement critiqués pour leur incompétence dans la foulée des attentats. Un cafouillage a entre autres permis la libération de l’un des kamikazes des attentats du 22 mars, Ibrahim El Bakraoui, après son arrestation en Turquie, en juin 2015, puis sa déportation vers la Belgique le mois suivant, situation dénoncée à répétition par Ankara.

Sources : Be.Bruxelles, Flandre info.be, Le Monde, Paris Match, portofantwerp.com (port d’Anvers), RTL, The Independent, touteleurope.eu

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