La révolte arabe atteint l’Afrique noire

Pays normalement sans histoire, le Burkina est secoué depuis l’hiver dernier par des soulèvements populaires et militaires. Ce qui a mis le feu aux poudres : la mort du jeune Justin Zongo, suspecté d’avoir violenté une camarade de classe.

La révolte arabe atteint l'Afrique noire
Photo : A. Niedringhaus / AP / PC

Les autorités affirment qu’il est mort d’une méningite, mais beaucoup croient à la thèse de la brutalité policière. Depuis, le régime de Blaise Compaoré, qui s’est emparé du pouvoir en 1987, est en butte à une crise sans précédent. Sera-t-il le premier dictateur d’Afrique subsaharienne à tomber, après ceux d’Afrique du Nord ?

UNE COLÈRE GÉNÉRALISÉE

Dans la capitale, Ouagadougou, et ailleurs au pays, les manifestations se succèdent : les commerçants ont pris les rues d’assaut pour protester contre la hausse des prix de l’immobilier et contre les pillages qui accompagnent les manifestations ; des milliers de personnes ont marché dans la capitale pour dénoncer la hausse du coût de la vie ; les enseignants, ralliés par les élèves, ont fait la grève pour obtenir de meilleurs salaires ; des femmes marchent pour la paix ; des jeunes réclament justice dans l’« affaire Justin Zongo »…

LA GROGNE GAGNE LES FORCES DE L’ORDRE

Les militaires et la police se sont joints au cortège des revendicateurs pour exiger de meilleurs salaires et conditions de travail. Les soldats ont criblé de balles les bureaux de leurs supérieurs et le palais présidentiel. Les policiers ont aussi fait des mutineries et ouvert le feu dans les casernes. Depuis le début du soulèvement, plus d’une centaine de Burkinabés ont été blessés et au moins une dizaine ont perdu la vie.