La situation au Liban

Une fois de plus, la marmite libanaise bouillonne. Début mai, une journée de grève pour les salaires tourne en affrontements armés.

Une fois de plus, la marmite libanaise bouillonne. Début mai, une journée de grève pour les salaires tourne en affrontements armés. Des incidents violents éclatent dans les quartiers ouest de Beyrouth entre les partisans d’Amal et du Hezbollah — les deux partis chiites de l’opposition prosyrienne — et les sympathisants du Courant du futur, le pilier sunnite de la majorité parlementaire : tirs de mortier, batailles de rue, vandalisme… Les émeutiers dressent des barricades de pneus enflammés le long des principaux axes routiers, causant la fermeture de l’aéroport et du port de la capitale.

Les bâtiments du Courant du futur sont encerclés, leurs bureaux de presse saccagés, et les leaders de la majorité antisyrienne, dont Walid Joumblatt et Saad Hariri, sont assiégés dans leurs résidences par des miliciens chiites. Dans les rues de la ville, les combattants d’Amal et du Hezbollah, armés de fusils d’assaut et de roquettes RPG, défilent en brandissant le « V » de la victoire. Les combats ont fait plus d’une cinquantaine de morts en quatre jours et des dizaines de blessés.

Quelques jours plus tard, l’armée reprenait le contrôle de la capitale. Le gouvernement est revenu sur sa décision de démanteler le réseau de télécommunications du Hezbollah et de limoger le chef de l’aéroport, proche du parti chiite, facteurs qui avaient contribué à mettre le feu aux poudres. Mais la crise est loin d’être résolue. Et le mouvement de désobéissance civile continue dans tout le pays. Pendant ce temps, les Libanais se demandent de quoi seront faits leurs lendemains.