La verticale du pouvoir

Religion, fierté nationale et boom pétrolier sont au cœur du renouveau en Russie. Mais la démocratie bat de l’aile. Et les Russes dans tout cela ?

La consolidation du pouvoir entre les mains du Kremlin depuis l’arrivée de Vladimir Poutine aux commandes, en 2000, est communément appelée « la verticale du pouvoir ». C’est Poutine lui-même qui a utilisé le terme « verticale » dans son premier discours sur l’état de la nation, en juillet 2000.

Il désignait par là une consolidation des pouvoirs du président, la reprise en main du pays par un État fort et centralisé, après les turbulences des années Eltsine. Cela s’est traduit par un certain nombre de mesures.

• L’exclusion des nouveaux milliardaires (les « oligarques ») de la sphère politique. Quelques-uns quitteront le pays. Ayant choisi de défier Poutine sur le plan politique, Mikhaïl Khodorkovski, richissime patron de la compagnie pétrolière Ioukos, est condamné à huit ans de prison en 2005, officiellement pour fraude et évasion fiscale.

• Les principales stations de télévision, des stations de radio et des journaux passent graduellement entre les mains d’entreprises d’État ou d’entrepreneurs réputés proches du pouvoir ; l’information télévisée reflète les intérêts du pouvoir.

• Les siloviki (sila veut dire force — ce sont les gens issus des services de sécurité et de l’armée, comme Poutine) occupent de plus en plus de place dans les affaires et les institutions du pays ; ils sont le plus souvent décrits comme un « clan » qui contrôle les leviers du pouvoir.

• Les gouverneurs des régions sont exclus du Conseil de la Fédération de Russie en juin 2000 ; en 2004, Poutine abolit l’élection au suffrage universel de ces gouverneurs, désormais nommés par le président.

• À l’automne 2000, la Douma (Parlement de Russie) oblige les régions à verser plus de revenus fiscaux à l’administration centrale, qui s’occupera de leur redistribution.

• En 2004 et 2005, des réformes du système parlementaire à représentation proportionnelle rendent impossible l’élection de députés indépendants et interdisent de former des coalitions de partis en vue de gagner des sièges.

• En 2006, les organisations non gouvernementales (ONG), souvent financées par l’étranger, tombent sous le coup d’une nouvelle loi qui autorise le pouvoir à scruter leurs activités et leur financement.

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