La vie secrète de La Havane

Vingt ans de prison pour le poète avec qui Benoît Aubin grillait une cigarette hier encore sur un balcon de La Havane. Pourtant, dans le coeur de milliers de Cubains, l’après-Castro a déjà commencé…

Raúl Rivero est un costaud, tignasse blanche, grosse bedaine, voix rocailleuse. Il pourrait être un vieux chauffeur de taxi de Montréal, mais c’est un poète cubain, traduit, publié en Europe. «Les Cubains aiment La Havane, et la ville le leur rend bien, c’est une bonne ville», dit-il, fumant une cigarette sur son balcon dans El Cerro, un quartier populaire du centre.

Vue de là, au crépuscule, La Havane ressemble à ce qu’on en voit dans le dernier film de James Bond: animée, décrépite, bruyante, exotique. De la musique fuse de partout. Des femmes semblent danser entre les trous et les débris de la chaussée. Des hommes les observent distraitement, fumant, adossés à des façades qui rappellent Barcelone ou La Nouvelle-Orléans. Des gamins jouent au baseball, frappant avec un bout de planche une pelote de chiffon ficelé, courant entre les autos: les célèbres bazous de La Havane, certains montés sur des blocs, dépecés, immobiles à jamais dans la chaleur poussiéreuse de la capitale cubaine.

Rivero est un dissident, un des rares Cubains à oser critiquer ouvertement le régime autoritaire de Fidel Castro, en place contre vents et marées depuis la révolution populaire de 1959. «La révolution a été un échec, tout le monde sait ça, mais personne ne l’admet – alors nous faisons tous semblant Le régime survit parce que c’est un système totalitaire, qui contrôle l’information et distille la peur.»

Depuis le 19 mars 2003, Raúl Rivero est aussi un prisonnier politique.

Trois semaines après notre rencontre, il sera épinglé, avec quelque 80 autres intellectuels et dissidents soupçonnés d’atteinte à la sécurité de l’État et de sédition, pendant que le reste du monde aura la tête tournée vers l’Irak. La sentence de Rivero est tombée le 7 avril: 20 ans pour lui, de 15 à 28 pour les autres dissidents – à la suite de procès expéditifs.

«La Havane est fière et noble, elle est ancienne et indomptable; elle a l’âme canaille des grands ports de mer, dit Rivero sur son balcon. Mais elle a été kidnappée.» Pour la sauver, ajoute-t-il, il faudra la reprendre au gouvernement et aux étrangers, et la redonner aux Cubains, qui sauront s’en occuper.

«Nous sommes prisonniers chez nous. Cela fait 50 ans qu’on nous promet un avenir glorieux, mais qui est toujours reporté à plus tard.»

Au journaliste qui s’étonne de l’entendre dire des choses aussi dures d’un régime politique qui supporte mal la critique, Raúl Rivero répond: «Je ne fais que décrire ce que je vois. Je me sens plus libre que voici cinq ans; l’emprise du régime sur la ville a faibli un peu et les gens en profitent.»

Puis, prophétiquement, il ajoute: «Mais on ne sait jamais ici. À La Havane, les choses ne sont jamais telles qu’elles semblent être.»

Tu parles! Un poète qui a l’air d’un camionneur, qui dit que le régime accorde plus de libertés aujourd’hui, puis se fait boucler pour avoir fréquenté des étrangers

La Havane est une énigme faite de contradictions enrobées d’illusions. Une vieille ville européenne en Amérique, une économie socialiste qui carbure aux dollars, un paradis touristique dans un État policier, une ville figée dans le temps, qui vend de la nostalgie aux touristes tout en promettant aux indigènes un avenir meilleur grâce à ces mêmes touristes.

Le coup de filet de la mi-mars a énervé les milieux diplomatiques et les cercles d’intellectuels. La Havane, elle, est restée sonnée. D’habitude, la plupart des prévenus sont relâchés après quelques semaines. Pas cette fois. «Ces arrestations sont l’aboutissement d’une escalade de la répression. Les autorités ont commencé par des razzias dans les boîtes de nuit, ensuite ils sont tombés sur les jiniteras [les prostituées de la capitale], puis sur tous ceux qui avaient un petit business privé. On se doutait bien que le tour des dissidents viendrait. »

La Havane est beaucoup trop belle, trop romantique et trop cool pour passer pour un goulag. Les lames de l’Atlantique se cassent et déferlent sur le Malecon, le grand boulevard de mer, à côté de vieilles forteresses d’où on a tiré de vrais boulets de canon sur de vrais pirates. Elle possède le plus riche héritage de l’époque coloniale espagnole et des quartiers entiers d’édifices élégants et somptueux, témoins d’autant d’époques différentes d’opulence, de gloire et de puissance. «Il n’y a pas de bidonvilles ici comme dans le reste de l’Amérique latine, parce que nous avons transformé les palais en taudis», dit Diana, une enseignante cubaine.

Mais il y a plus. Il y a ce qu’on ne voit pas à La Havane. Très peu de grands boulevards et de circulation dans cette ville aussi peuplée que Montréal. Très peu d’éclairage la nuit; on peut voir les étoiles entre les toits. Aucun des panneaux-réclames, néons et vitrines éclatantes, aucun des drugstores et salles de jeux électroniques clinquants, aucun des McDonald’s et des gratte-ciel postmodernes en miroir fumé qui font que toutes les villes se ressemblent de plus en plus, de Kuala Lumpur à Istanbul. La Havane offre un silence pour les yeux qui repose étrangement et donne l’impression de découvrir comment c’était avant.

Surtout, il y a la musique: celle suave et coquine des bars, casinos et bordels havanais des années 1950, remise à la mode par le phénoménal succès planétaire du Buena Vista Social Club. À toute heure, dans les hôtels, sur les places et dans les cafés, de petits ensembles de musiciens inondent la ville d’airs de samba, de mambo, de salsa et de son, la musique traditionnelle cubaine qui a fertilisé toute cette vague latina de l’après-Deuxième Guerre mondiale.

Pendant longtemps, les intellectuels de gauche, les Québécois surtout, ont voué un culte romantique à Cuba, le petit pays opiniâtre qui a osé la faire, cette révolution d’indépendance, nationaliste, politique et socialiste. Ce n’est cependant plus tellement cela qui marche aujourd’hui.

Ce que cherche le riche touriste européen ou canadien à La Havane – et un nombre croissant d’Américains venus en catimini depuis Montréal, Toronto ou Cancún -, c’est un rôle de figurant dans un film d’époque, un film de gangsters hédonistes, où on se balade en DeSoto, fume des cigares longs comme ça et boit des mojitos (cocktails à la menthe) en regardant les chicas danser la salsa.

La Havane est devenue, sans trop l’avoir voulu, semble-t-il, la capitale mondiale du rétro-cool, un musée vivant des fifties dans lequel le voyageur moderne descend d’avion; il bascule dans le passé et n’en revient pas de sitôt. Il y aurait une fortune à faire en vendant sur place, à la pièce, les pages des beaux livres célébrant le Cuba rétro – une république de bananes gérée par des gangsters américains depuis les casinos Art déco d’El Vedado – qu’on trouve dans les librairies branchées du reste de l’Occident. Le gouvernement cubain ne l’entend pas ainsi, évidemment, et tout ce qu’on offre comme souvenirs dans les boutiques officielles est de l’iconographie révolutionnaire caduque, gravitant autour de l’effigie de Che Guevara, mort en 1967, héros éteint d’une révolution qui a maintenant atteint l’âge de la retraite.

À La Havane, rien n’est ce qu’il semble être, dit Raúl Rivero… On peut très bien comprendre le touriste, évadé pour un jour ou deux des tout compris de Varadero ou de Cayo Largo, de tomber dans le panneau. De croire que «sa» Habana, rétro, musicale, sensuelle, ivre et coquine, n’est pas de la frime. Restez plus longtemps et viendra le moment où vous aussi entendrez jouer «Guantanamera» une fois de trop. Quelque chose cassera alors en vous, vos yeux croiseront le regard d’un Cubain qui vous dira, en silence: «Bienvenue à La Havane, citoyen, là où la vraie vie est tout autre chose».

Dans leur vraie vie à eux, les Havanais ne fument pas de cigares à 10 dollars, ne boivent pas de mojitos à la mémoire d’Ernest Hemingway. Ils écoutent la pop latina quétaine des radios de Miami, en se demandant comment faire pour mettre la main sur quelques dollars. Des dólares résolument postrévolutionnaires et totalement américains.

Dollars? Touristes!

L’effondrement de l’Union soviétique a plongé Cuba dans des difficultés extrêmes. Pour se renflouer, le gouvernement a accéléré le développement de l’industrie touristique, en partenariat avec des capitalistes étrangers. Le plan était simple: l’État est le seul autorisé à pratiquer le capitalisme. Il négocie en dollars, aux tarifs internationaux, avec les étrangers, mais paie ses travailleurs cubains en pesos – à 25 pesos le dollar. Les touristes consomment en dollars, les Cubains en pesos, et les deux ne se mêlent pas. Au péage de l’autoroute, le guichet des extranjeros réclame deux dollars américains, celui des Cubains, deux pesos (huit cents). Une visite au Musée de la révolution, l’ancien palais présidentiel de Fulgencio Batista, coûte quatre dollars américains au touriste, quatre pesos (16 cents) à l’indigène. Même les Cubains qui en auraient les moyens ne peuvent dormir à l’hôtel. Et les touristes n’ont pas le droit de consommer des services en pesos dans les bars, restaurants, taxis réservés aux Cubains.

Il y a cependant une partie de cet apartheid qui n’a pas marché: les Cubains ont le droit de posséder des dollars, mais pas celui d’en gagner. Alors ils trichent. «Mettre la main sur des dollars est devenu un jeu pour eux, une obsession de tous les instants, un sport national», dit une diplomate européenne. En fait, pour la moitié d’entre eux. L’autre moitié – concierge, flic, soldat, garde civil, surveillant, contremaître, agent de sécurité, membre du Parti communiste – fait partie d’un extravagant dispositif de surveillance et d’oppression visant à empêcher les premiers d’en empocher.

«Nous ne sommes pas des criminels», dit Peter, mon nouvel ami, buvant des espressos et du rhum dans un bar-en-pesos. Son vrai nom est Pedro, mais le chic à La Havane est de porter un nom anglais. «Partout ailleurs, notre activité serait considérée comme parfaitement normale. Partout sauf ici. Ici, il est impossible de vivre et de nourrir sa famille autrement», dit Ernie, son copain – Ernesto.

Je n’ai pas réussi à savoir ce que ces deux-là faisaient au juste, mais ils m’ont expliqué comment fonctionne l’économie souterraine cubaine. «C’est simple, dit Ernesto, tout ce qui n’est pas tombé du camion s’obtient por la izquierda [par la main gauche].»

Les Cubains ont un dicton: «Qui vole un voleur gagne 100 ans d’indulgence.» Ils sont toujours en train de voler leur employeur, toujours l’État. Le garçon de table met des sachets de thé dans sa poche. Le chauffeur de camion laisse quelques sacs de ciment de sa cargaison ici et là, ou du riz, du café, du rhum, de l’huile, des langoustes, réservés aux seuls touristes et qui sont revendus par des colporteurs – quand il ne détourne pas le camion pour la journée à des fins plus lucratives. Le livreur emplit un bidon supplémentaire en faisant le plein. Prenez un taxi ailleurs qu’à l’hôtel, le chauffeur vous fait un prix hors compteur et empoche.

Ce qui s’obtient par la main gauche: tous les services détournés de leur objectif premier moyennant dollars américains. Le flic qui regarde ailleurs pendant que la jinitera racole au bar dont il a la surveillance, l’enseignante qui fait l’école buissonnière pour servir d’interprète à des investisseurs étrangers, le douanier qui n’ouvre pas les valises des Cubains-de-Miami, la femme de ménage, la prostituée, le «guide touristique», le chauffeur improvisé payés en dollars. Les chambres à louer, à la journée ou à l’heure, et hors registre, sont un business florissant. Les restaurants, cantines, discothèques, taxis clandestins aussi.

C’est un jeu de cache-cache que les Cubains jouent avec leur gouvernement seulement. Des gens d’affaires étrangers ont tous affirmé qu’il n’y a pas, à Cuba, de crime sérieusement organisé, ce qui en fait un des rares pays d’Amérique latine à peu près dépourvu de corruption. «Ce n’est pas le Mexique ou la Colombie, dit un homme d’affaires de Toronto. Pour nous, Canadiens, le marché noir a une connotation très négative: drogues, chaînes stéréo volées… Ici, quelqu’un t’aborde en disant: Psst! tu veux acheter des pommes de terre?»

Pedro enseignait le russe, un service qui n’est plus tellement demandé, et Ernesto était une sorte de technicien. Cuba a produit des dizaines de milliers de ces travailleurs spécialisés qui se sont recyclés dans le secteur des dollars – ingénieurs qui servent aux tables, conduisent des taxis ou fricotent dans le petit trafic des denrées, contre dollars.

«La légalisation du dollar a complètement chamboulé l’ordre social, du jour au lendemain», dit Mark Entwistle, ancien ambassadeur du Canada maintenant consultant international, qui retourne régulièrement à La Havane. «Traditionnellement, l’élite était composée de ceux qui avaient une position enviable dans le Parti communiste, l’armée ou le gouvernement. Aujourd’hui, quiconque touche des dollars se retrouve au sommet de la pyramide sociale.»

Selon Mark Entwistle, la légalisation du dollar au début des années 1990 aura marqué le début de la fin du régime communiste cubain. «Elle a donné naissance à une nouvelle classe moyenne urbaine. Ces gens-là sont en contact avec les étrangers, et avec l’extérieur aussi, et leur succès nourrit leur ambition.» Ils seront, prédit-il, les principaux agents du changement, quand «Le Changement» viendra.

Ernesto ne sait peut-être pas qu’il fait partie de l’élite commerçante de La Havane; ce qu’il sait, cependant, c’est qu’il en a marre, de tout: «Ça fait 45 ans qu’on attend des jours meilleurs. Aujourd’hui, on attend Le Changement , c’est tout.» À La Havane, on ne prononce pas le nom de Fidel Castro en public; on ne dit pas qu’on espère qu’il mourra bientôt. On dit qu’on attend «Le Changement». Qui ne va pas se produire tant que le Lider Maximo, 76 ans, doyen des grands dictateurs, sera aux commandes

La légalisation du dollar a peut-être enclenché le début de la fin du régime, «mais c’est aussi une catastrophe sociale et humaine», dit Oscar Espinosa Chepe, économiste interviewé à La Havane, condamné à 20 ans de prison après les rafles de la mi-mars. «Cela a créé de grandes injustices sociales entre ceux qui ont accès aux dollars et les autres. Si vous êtes un honnête membre du Parti, vous êtes pauvre. Si vous enlevez vos vêtements pour les touristes ou avez un oncle à Miami, vous êtes riche. Cela est assez éloigné de l’idéal socialiste.»

Alors, comment promouvoir le progrès sous un régime totalitaire qui se dit révolutionnaire? «Il faut utiliser des moyens pacifiques», dit Oswaldo Payá, le plus connu des dissidents cubains – ce qui explique peut-être qu’il ait été épargné par les rafles de mars. Payá, un chrétien militant, est le promoteur du projet Varela (une pétition qui circule à Cuba pour réclamer une réforme politique ainsi que le rétablissement du droit de parole et d’association, de la liberté de presse, de même que le droit à des élections démocratiques). «Nous savons tous que la majorité des Cubains veulent des changements, mais les gens ici ont perdu la faculté de s’exprimer publiquement. Toute la force du projet Varela vient de ce que, malgré la peur et les embûches, des milliers de Cubains ont laissé tomber le masque et ont signé la pétition.»

Selon Oscar Espinosa, beaucoup de gens bien placés dans le gouvernement cubain sont en train de se positionner, «de se préparer à agir quand viendra Le Changement , mais avec la plus grande discrétion».

Tout plein d’entrepreneurs et d’investisseurs étrangers se préparent eux aussi à récolter la manne qui tombera quand Cuba rejoindra le village planétaire. Selon la plupart de ces gens branchés, n’en déplaise aux radicaux de La Havane, de Washington ou de Miami, l’après-Castro ne dégénérera peut-être pas en bain de sang ou en guerre civile, tout compte fait. Et il ne prendra peut-être pas non plus la forme d’un retour au libéralisme économique à tout crin.

«Les Cubains, cette fois, vont sûrement vouloir garder le contrôle de leur situation et vont être prudents», dit un homme d’affaires de Toronto ayant des intérêts dans le secteur de l’énergie. Mark Entwistle croit que les Cubains imposeront «une réforme économique à la chinoise ou, au mieux, un socialisme à la suédoise» lorsqu’arrivera «Le Changement». Selon l’économiste Oscar Espinosa, La Havane devra régler ses problèmes, mais d’une manière graduelle. «Nous ne sommes pas en position de subir des changements politiques ou économiques trop violents.»

Les Cubains devront d’abord réapprendre à se faire confiance les uns aux autres, ajoute Oswaldo Payá. «N’oubliez pas que chaque famille cubaine compte un exilé et un membre du Parti communiste, un dissident et un travailleur au noir.»

Ces appels à la modération et à la conciliation trouvent maintenant un écho là où on l’attendait le moins: parmi les exilés. Un sondage du Miami Herald indiquait cet hiver que, pour la première fois, une majorité de Cubains établis en Floride se montrent conciliants et disent maintenant que ce sera aux Cubains-de-l’île de gérer l’après-Castro. Eux qui naguère encore parlaient d’envoyer les marines pour remettre de l’ordre à Cuba…

Cameron Young, avocat d’affaires montréalais établi à La Havane, sait comment les choses se passent quand un régime totalitaire s’effondre. Il travaillait pour un grand cabinet américain à Budapest dans les années qui ont suivi l’implosion de l’Empire soviétique, en 1991. «Ça prend un déclencheur, puis tout se passe très vite Le Changement va déclencher une activité économique fébrile. Les Cubains ne sont pas bien préparés pour gérer les investissements très importants que cela va générer.»

Cent ans avant que Maisonneuve débarque à Montréal, il y avait, dans les rues bordant la place Saint-François-d’Assise, à La Havane, des soldats, des marins, des prêtres, des marchands et des esclaves, déjà occupés à bâtir une ville qui voyait grand et en mènerait large. Deux siècles plus tard, La Havane rivalisait avec New York et Montréal pour le titre de plus important port de commerce impérial des Amériques. Pendant les deux autres siècles qui ont suivi, Cuba s’est affranchie de l’Espagne par les armes, pour tomber sous le joug des Américains, dont elle s’est aussi affranchie par les armes, pour tomber sous le joug de l’URSS, à laquelle elle a survécu. Cuba est maintenant en train d’apprendre à devenir un pays indépendant, pour la première fois de sa longue histoire.

Ces jours-ci, avec les bars et les jiniteras sous surveillance, avec les dissidents derrière les barreaux, il ne se brasse pas beaucoup d’affaires à La Havane. Mais c’est temporaire. Un jour arrivera «Le Changement», et alors tout changera très vite.

 

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