L’Antarctique, le vrai bout du monde

Le tourisme a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années en Antarctique. C’est toutefois le réchauffement climatique qui, à court ou à long terme, menace le plus le continent. Notre blogueur Voyages a rapporté de nombreux clichés d’une croisière qu’il a faite là-bas il y a deux ans. En voici quelques-uns.

L'Antarctique, le vrai bout du monde

Immense désert de glace aride, l’Antarctique s’humidifie par endroits. Dans sa péninsule, qui pointe vers la Terre de Feu, le climat tend même à devenir de type maritime tempéré, comme dans les îles britanniques ou les pays de la mer du Nord. Il en résulte moins de surfaces gelées et davantage d’évaporation des eaux, ce qui entraîne la formation de nuages plus nombreux et des précipitations plus abondantes – mais pas toujours neigeuses.

Afin de minimiser les effets de la présence humaine sur la faune, les entreprises membres de l’Association internationale des organisateurs de voyages dans l’Antarctique (IAATO) font descendre les passagers à terre uniquement par petits groupes.

La tenue de cette femme serait-elle la preuve ultime que l’Antarctique se réchauffe ? Nenni. Cette anesthésiste norvégienne s’entraînait dans la salle d’exercice du navire lorsqu’elle a aperçu un iceberg, qu’elle a voulu immortaliser grâce à son appareil photo.

La majorité des 45 pays signataires du Traité sur l’Antarctique exploitent une ou des bases scientifiques, parmi les 54 qui sont actives sur le Septième Continent. Ici, les biologistes Magda Rokicka et Agnescka Tatarek étudient la présence de parasites chez certains poissons à la base polonaise Arctowsky, sur l’île du Roi-George.

Une vertèbre de baleine gît sur la plage de l’île du Roi-George. Outre 45 espèces d’oiseaux, la faune de l’Antarctique est essentiellement marine. Cachalots, dauphins, lions de mer, otaries, orques, phoques, léopards des mers (ces derniers sont de terribles carnassiers qui attaquent parfois l’homme) y vivent en compagnie de 600 000 milliards de petits crustacés – le krill, qui forme leur principale ressource alimentaire.

Pour ne pas bouleverser le fragile équilibre écologique de l’Antarctique, les bateaux de croisière membres de l’IAATO fournissent des bottes désinfectées aux passagers qui descendent à terre.

Tout comme l’Arctique, l’Antarctique a un effet considérable sur la régulation climatique mondiale. En effet, les deux régions polaires influencent la circulation des courants aériens par la rencontre des masses d’air froid des pôles avec les masses d’air chaud des régions équatoriales. C’est cette dynamique qui est aujourd’hui menacée par le réchauffement climatique.

Contrairement à l’Arctique, qui est une mer entourée de continents, l’Antarctique est un vaste continent encerclé de mers. Il repose sous 2,5 km de glaces en moyenne (4,8 km par endroits) et se soulèverait de plusieurs dizaines de mètres si cette immense chape se retirait… ou fondait.

En Antarctique, le décor est en perpétuel changement parce que la température évolue constamment et souvent brusquement. En quelques minutes, on peut passer du ciel couvert à l’azur.

Hydrodynamiques et gracieux dans l’eau, ces manchots papous sont l’une des 17 espèces de manchots (c’est-à-dire d’oiseaux qui ne volent pas) de l’hémisphère austral. Ils ressemblent énormément aux pingouins de l’hémisphère nord, mais leurs os sont durs, pleins et compacts, et leurs ailes, aux articulations soudées, leur servent à pêcher et à se défendre, et non à voler.

Le commandant Jacques-Yves Cousteau disait que l’on ne protège bien que ce que l’on a vu de ses yeux. Voir l’Antarctique, c’est se donner l’envie de devenir l’un de ses plus ardents défenseurs.

Une colonie de vacances de manchots profite de ces rochers exempts de glace pour paresser au soleil, sur l’île de Cuverville. Plus la neige et les glaces fondent, plus la Terre absorbe la chaleur du soleil, et plus elle se réchauffe. C’est l’effet albédo, c’est-à-dire le pouvoir de réflexion des surfaces enneigées et glacées, par opposition aux autres surfaces (terre, eau, forêts…) qui absorbent les rayons solaires.

« Sens-tu, comme moi, ce soleil persistant ? » semble demander ce manchot à sa conjointe. De 1957 à 2006, la température globale se serait élevée de 0,6oC sur le continent antarctique.

Pour se déplacer aisément en Antarctique, plusieurs entreprises organisatrices de croisières utilisent le Polarcirkel, une sorte de Zodiac très costaud et quasi insubmersible.

Plusieurs bateaux de croisière dans l’Antarctique sont d’anciens navires scientifiques soviétiques reconvertis.

L’ancienne station scientifique britannique de Port Lockroy est devenue un intéressant petit musée. À l’intérieur, on peut encore voir une « Marilyn » qu’un membre de la station a jadis peinte pour mieux supporter les longs et difficiles hivers austraux…

À la tombée du jour, près de Port Lockroy, les éléments créent l’impression qu’une éruption de nuages est en cours.

Quand il est captif dans les glaces, l’oxygène donne aux icebergs une ravissante couleur bleutée.

Sur la lugubre île de la Déception, les baleiniers ont laissé leur base à l’abandon lorsqu’ils ont cessé de pratiquer la chasse, en 1931. À l’époque, la demande mondiale en huile de baleine avait fortement chuté en raison de la Grande Dépression.

En 2007, un pan de glace de 3 250 km² pesant 720 milliards de tonnes s’est détaché de la plate-forme glaciaire Larsen B, vieille de 12 000 ans. Des milliers d’icebergs en sont nés, qui ont ensuite dérivé dans la mer de Weddell ou, comme sur cette photo, dans le passage de Drake.