L’art de s’en mettre plein les poches

« Le carrefour de la corruption en Tunisie. » Voilà comment des diplomates américains considéraient la famille de l’ex-président de Tunisie.

L’art de s'en mettre plein les poches
Photo : H. Dridi / AP / PC

On commence à peine à lever le voile sur ses activités illicites. En 23 années au pouvoir, le clan Ben Ali aurait encaissé des milliards grâce à un système tentaculaire de corruption. Pas étonnant que Belhassen Trabelsi, beau-frère du président déchu réfugié à Montréal depuis la fin janvier, ne veuille pas rentrer en Tunisie.

Pour en savoir plus, consultez le dossier « Révolte dans les pays arabes » >>

ÉCONOMIE PARASITÉE

La famille Ben Ali et celle de sa deuxième épouse, Leïla Trabelsi, auraient contrôlé de façon frauduleuse 40 % de l’économie nationale. Selon les estimations les plus élevées, elles auraient amassé ensemble une fortune évaluée à 23 milliards de dollars.

MÉTHODES MAFIEUSES

Toute grande entreprise, locale ou étrangère, attisait la convoitise du clan. La solution pour ne pas être intimidé ? Rester petit. Les moyennes et les grandes entreprises en Tunisie représentent à peine 2 % de l’ensemble des sociétés. Parmi les moyens utilisés pour mettre la main sur le marché : expropriations, extorsions, impôt arbitraire, rachats forcés à bas prix, etc.

LE CAS NESTLÉ

Sakhr El-Materi, gendre du clan au pouvoir, a forcé le géant suisse Nestlé à lui céder 40 % de ses activités – qui valaient en tout 50 millions de dollars – pour la somme de 4 millions. Afin de se débarrasser de cet actionnaire encombrant (et de sa famille), Nestlé lui a racheté sa part deux ans plus tard, pour une somme évaluée à… 31 millions de dollars.