Le cercle de feu du Pacifique… à vélo

Près de 75 % des volcans actifs de la planète se trouvent sur le pourtour du plus grand océan du globe, formant ce qu’on appelle le cercle (ou la ceinture) de feu du Pacifique. Le couple d’aventuriers québécois Janick Lemieux et Pierre Bouchard a parcouru à vélo cette zone où les risques géologiques sont élevés. Cette expédition les aura conduits, en boucle, de Vancouver à Vancouver, via des centaines de régions volcaniques. Un méga trek vélo de 60000 km en 72 mois !

Toliman (lac Atitlan, Guatemala)

Dominant le lac Atitlan, le géant Toliman (3 158 m). Ce stratovolcan s’est construit strate par strate (d’où son nom), à coups d’éruptions effusives et explosives. Sa dernière détonation cataclysmique, connue des volcanologues sous le nom d’« éruption de Los Chocoyos », remonte à environ 84 000 ans. Des cendres furent alors dispersées jusqu’en Floride et en Équateur. Ici, un pêcheur s’est mis au travail sitôt le brouillard matinal dissipé.

Edziza (Colombie-Britannique)

Le mont Edziza (2 786 m) s’élève comme un colosse de magma et de glace flanqué de dômes et de cônes que relient des dunes de cendres, des champs de ponces et des coulées de lave. Les Tahltans, gardiens de ce territoire du nord-ouest de la Colombie-Britannique, y faisaient l’exploitation d’un important gisement d’obsidienne. Le complexe volcanique du mont Edziza fait partie des parcs de la province et est ainsi une zone protégée. Mais sa meilleure garantie de protection reste son inaccessibilité.

Antuco (Chili)

Campement au Parque Nacional Laguna del Laja avec vue sur la face sud immaculée du stratovolcan Antuco (2 979 m). Des coulées de lave, recrachées lors d’une éruption qui a commencé en novembre 1852 et cessé en janvier 1853, ont endigué le cours de la rivière Java, créant du coup le merveilleux lac andin qui a donné son nom au parc.

Arboletes (Colombie)

Les Andes colombiennes comptent plusieurs volcans importants, comme les Galeras (4 276 m) ou le Nevado del Ruiz (5 321 m), dont on se rappelle l’éruption catastrophique qui a enseveli pendant leur sommeil plus de 23 000 personnes en 1985. Beaucoup plus petit, le volcan de boue d’Arboletes, sur le bord de mer des Caraïbes, vaut tout de même le détour.

Fuego (Guatemala)

Le volcan Fuego (3 763 m), un des plus énergiques du Guatemala, s’exprime en toute liberté au-dessus du Pacifique et l’ancienne capitale des Conquistadores, Antigua. En atteignant le sommet de l’Acatenango (3 976 m), son siamois, nous avons entendu une détonation, puis aperçu le panache de cendres et de gaz qui s’échappait du Fuego. Une scène banale pour les habitants de la région.

Hawaii Volcanoes National Park

Dans le Hawaii Volcanoes National Park, la route Chain of Craters plonge vers le Pacifique, s’agrippant aux flancs du volcan Kilauea (1 222 m) et franchissant les coulées de lave régurgitées au cours des dernières décennies. Le volcan est toujours en éruption et rejette son trop-plein jusque dans l’océan. La route cède ainsi de plus en plus de bitume à Madame Pelé, déesse hawaïenne du volcanisme et du feu. 

Kilauea (Hawaii)

S’échappant de l’évent de la Veille de l’Action de Grâce à travers les méandres souterrains d’un delta de lave, le magma du Kilauea, du plus brûlant des orangés, jaillit et tombe dru dans le Pacifique. Son contact avec l’eau de mer provoque un panache de vapeur et de gaz qui s’étire sur des kilomètres.

Kilauea (Hawaii)

Sur les flancs du Kilauea, de la lave pahoehoe (très fluide) avance lentement, formant des sillons qui finiront par se pétrifier. On aperçoit au loin la fumée et les émanations de gaz qui accompagnent l’écoulement du magma issu de l’évent de la Veille de l’Action de Grâce.

Huaynaputina (Pérou)

Le Huaynaputina (4 850 m) est le responsable de la plus puissante éruption qu’ait connue l’Amérique du Sud. Survenue en 1600, elle a catapulté dans les airs environ 30 km3 de débris volcaniques de toutes sortes, tandis que des lahars (coulées de boue volcaniques), ont parcouru 130 km pour atteindre le Pacifique. Les taches de cendres beiges que l’on aperçoit sont les stigmates de cette éruption record.

Savo (îles Salomon)

Une mère de famille recueille le manioc qu’elle a fait cuire, soigneusement enveloppé dans des feuilles de bananier, sur une des fumerolles qui exhalent ici et là dans la jungle tapissant les pentes du Savo (485 m). En Mélanésie, principalement au Vanuatu, aux îles Salomon et en Papouasie Nouvelle-Guinée, de nombreux villageois ont la chance de pouvoir ainsi préparer leurs repas. De même, le mégapode mélanésien, un oiseau de la taille d’un poulet, s’en sert pour l’incubation de ses oeufs.

Papandayan (Indonésie)

Une jeune famille soundanaise brave les vapeurs nocives du Papandayan (2 665 m), au sud-ouest de la ville de Bandung, sur l’île indonésienne de Java. Afin de gagner la vallée voisine, elle a opté pour le chemin le plus direct qui passe par le cratère actif du volcan. C’est une éruption explosive, survenue en novembre 2002, qui a transformé la piste de montagne fréquentée depuis des décennies en zone sinistrée.


Kelimutu (Indonésie)

Le volcan Kelimutu (1 639 m), sur l’île de Flores, en Indonésie, est surtout connu pour les lacs aux eaux de couleurs distinctes et changeantes de ses trois cratères. Une légende locale raconte que les âmes des défunts élisent domicile dans ces cratères : celles des enfants et des vierges vont dans le Tiwu Nua Muri Kooh Tai (turquoise), celles des personnes âgées dans le Tiwi Ata Mbupu (café) et les fantômes des malfrats dans le Tiwu Ata Polo (noir), qui n’apparaît pas sur la photo.

Station thermale de Beppu (Japon)

Des hommes jouissent des bienfaits de l’eau minérale surchauffée par la plomberie mantellique du complexe de dômes de lave Tsurumi (1 584 m), à Beppu. Dans cette petite ville du Japon, une centaine de millions de litres d’eau frôlant le point d’ébullition jaillissent tous les jours de quelque 3 000 sources. L’aménagement en station thermale des champs géothermiques qui abondent dans l’archipel japonais évoque une relation plutôt harmonieuse entre les hommes et les volcans.

Asahi-dake (Japon)

Pierre retient son souffle en photographiant les solfatares de l’Asahi-dake (2 290 m), point culminant du complexe volcanique de Daisetsu, sur la grande île d’Hokkaido, la plus septentrionale et la moins densément peuplée du Japon.

Ruapehu (Nouvelle-Zélande)

Ce lac aux eaux acides et fumantes coiffe le cratère du Ruapehu (2 797 m), en Nouvelle-Zélande. Formé il y a 3 000 ans, c’est le seul évent actif du stratovolcan. Plusieurs éruptions ont eu lieu ces 15 dernières années, causant d’importants dommages aux infrastructures et de lourdes pertes agricoles. Les explosions ont en outre fréquemment exigé l’évacuation des stations de ski qui se trouvent sur les pentes du volcan.

Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

Lever de soleil sur l’île de Nouvelle-Bretagne, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les premiers rayons du jour sont filtrés par le panache de gaz qui s’éleve en quasi-permanence du sommet de l’Ulawun (2 334 m), le plus haut volcan de l’arc de Bismarck. Une éruption en 2000 a déclenché des coulées de lave qui ont dévasté les villages nichés à sa base. L’Ulawun fait l’objet d’une surveillance constante par les volcanologues de la région.

Canlaon (Philippines)

Le stratovolcan Canlaon (2 435 m) est un conglomérat de grands cônes perforés de cratères où se sont formés des lacs dont les eaux ont une très forte teneur en acide sulfurique. Le Canlaon règne en souverain sur l’île de Negros et les Visayas, archipel du centre des Philippines.

Marum (Vanuatu)

Nuit de rêve au Vanuatu, sur le bord du cratère Marum, une des bouches ardentes du volcan Ambrym (1 334 m). Les bouillons du lac de lave Mbwelesu, le plus agité du globe, s’y convulsent sans arrêt dans une marmite d’une trentaine de mètres de diamètre.

Yasur (Vanuatu)

En 1774, le capitaine Cook était témoin d’une des nombreuses éruptions du Yasur (361 m), bien à l’abri sur son navire ancré dans une baie de l’île Tanna. Aujourd’hui, le volcan, le plus visité de toute la Mélanésie, est toujours en activité. Des gaz et bombes incandescentes s’échappaient du cratère au moment de notre ascension de cette redoutable dune noire.

Tolbatchik (Russie)

Sur la péninsule du Kamtchatka, en Extrême-Orient russe, les nouveaux cônes du Tolbatchik (3 682 m), surgis des entrailles de la terre lors d’une éruption de fissure qui a bouleversé la région en 1975 et 1976, composent une contrée martienne. L’éruption, qui s’étirait le long d’une faille de près de 12 km, a produit une dizaine de cônes de scories et de cendres.