Le Chili change de cap

L’élection du milliardaire Sebastián Piñera à la présidence du Chili marque le retour de la droite au pouvoir, 20 ans après le départ du dictateur Augusto Pinochet. Et elle annonce aussi de beaux jours pour les compagnies minières canadiennes…

Photo : Roberto Candia / AP / PC

À quoi les Chiliens peuvent-ils s’attendre?

La rupture avec les gouvernements de gauche ne devrait pas être très grande : défenseur de la classe moyenne, Piñera souhaite rapprocher du centre la coalition de droite qu’il dirige. Il a promis de conserver les politiques sociales mises en place par ses prédécesseurs, tel un régime universel de retraite. 

Quel sera son plus grand défi?

Maintenir la croissance économique exemplaire des deux dernières décennies. Le PIB par habitant a triplé pendant cette période (15 000 dollars par personne aujourd’hui). Piñera a promis de renouer avec la croissance des années 1990 (6 % par année, contre 3 % actuellement) et de créer un million d’emplois (dans un réservoir de 7,3 millions de travailleurs). 

Pourquoi les compagnies minières se réjouissent-elles?

Le Chili est déjà un pays très attrayant pour les compagnies minières étrangères, et le nouveau président veut ajouter d’autres mesures d’incitation fiscales. Le territoire recèle les plus grandes réserves de cuivre, d’or et d’argent d’Amérique du Sud et plusieurs compagnies minières canadiennes – Barrick Gold, Teck Resources, Kinross Gold – y brassent des milliards. Selon Tye Burt, PDG de Kinross, qui s’exprimait au lendemain de l’élection de Piñera, « le Chili est, absolument, l’un des meilleurs endroits au monde pour faire ce que l’on fait ».