La COVID-19 en… Amérique

De l’île de Pâques à l’Amazonie en passant par San Francisco : tour des Amériques de la pandémie.

A

ÉTATS-UNIS
Andrew Cuomo comme président ?

Il n’a fallu que quelques semaines au gouverneur démocrate de l’État de New York, épicentre de l’épidémie aux États-Unis, pour se forger une nouvelle popularité. Ses conférences de presse quotidiennes sont devenues des rendez-vous incontournables, même pour la chaîne ultraconservatrice Fox News. Alliant habilement transparence, pédagogie et empathie, le discours d’Andrew Cuomo, 62 ans, tranche avec les revirements de Donald Trump, critiqué pour avoir sous-estimé la dangerosité du coronavirus et pour l’action tardive du fédéral. Dans la presse américaine et sur les réseaux sociaux, des observateurs voient même en cet avocat de formation le véritable opposant à Donald Trump, au point que certains ont évoqué la possibilité qu’il remplace Joe Biden comme candidat démocrate à la présidentielle. Toutefois, il a fermé la porte à cette éventualité.

Retourner à la carte 

B

ÉTATS-UNIS
L’exemple de San Francisco

Lorsque London Breed, la mairesse démocrate de San Francisco, a déclaré l’état d’urgence à la fin de février, la ville n’avait pas encore un seul cas de COVID-19 confirmé. Près d’un mois après les premières mesures imposant la distanciation sociale, cette anticipation fait de la ville un exemple de lutte efficace contre la propagation de la maladie aux États-Unis. À San Francisco et dans les autres agglomérations de la baie, la courbe de l’épidémie s’est rapidement aplatie et le système de santé n’a pas été submergé. À la mi-avril, le nombre de cas recensés dans la ville californienne était inférieur à 1 200 et on n’y déplorait que 20 décès, un constat bien moins grave que ce qu’on observe dans des métropoles de taille comparable comme La Nouvelle-Orléans, Détroit, Boston et Washington.

Retourner à la carte 

C

CUBA
Cuba au chevet de l’Europe

Le 22 mars, Cuba dépêchait en Italie une équipe composée de 36 médecins et de 15 infirmiers pour venir en aide au pays européen le plus touché par la COVID-19. Une semaine après, le gouvernement français autorisait l’envoi de médecins cubains dans ses territoires d’outre-mer. Un renfort bienvenu pour les hôpitaux de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et même de Saint-Pierre-et-Miquelon ! Il s’agit pour La Havane d’une occasion supplémentaire de promouvoir sa politique d’influence grâce à l’excellence de sa médecine : sur les 51 membres de l’équipe envoyée en Italie, 30 avaient déjà lutté contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014, à la demande de l’Organisation mondiale de la santé. La présence des médecins cubains à l’étranger (50 000 en 2016) est aujourd’hui supérieure à celle des médecins dépêchés par tous les pays du G8.

Retourner à la carte 

D

GUATEMALA
Un tapir entre nous

Au Guatemala, les autorités ont pensé aux paysans qui peuvent avoir du mal à se représenter la distance sanitaire de deux mètres à respecter. « Imaginez qu’il y a un tapir entre vous et l’autre personne », dit une affiche de la campagne de prévention.

Retourner à la carte 

E

PANAMA
Un jour les femmes, l’autre jour les hommes

Face au risque de transmission du virus, le Panama a mis en place une mesure étonnante : autoriser en alternance les sorties des hommes et des femmes. Durant plusieurs semaines en avril, les femmes avaient ainsi le droit de quitter leur domicile les lundi, mercredi et vendredi pour acheter des produits de première nécessité. Les hommes pouvaient, quant à eux, s’aventurer à l’extérieur les mardi, jeudi et samedi. Et le dimanche, tout le monde à la maison ! L’objectif des autorités : limiter le nombre de personnes dans l’espace public.

Le Panama, qui comptait plus de 3 800 cas confirmés et 100 décès à la mi-avril, a pris certaines des mesures les plus sévères de la région pour endiguer le virus. Au plus fort de la propagation de la maladie, un couvre-feu nocturne empêchait les Panaméens de quitter leur domicile entre 17 h et 5 h.

Retourner à la carte 

F
G

BRÉSIL ET ÉQUATEUR
L’Amazonie laissée à elle-même

Les indigènes de l’Amazonie sont aux prises, depuis le 1er avril, avec les premiers cas de coronavirus. Des chefs de tribu ont interdit l’entrée des étrangers dans les territoires indigènes et, dans tout l’État d’Amazonas, au Brésil, l’usage des embarcations de passagers a été restreint aux services essentiels, comme les services d’urgence médicale.

Les communautés autochtones s’inquiètent du manque d’aide des gouvernements à l’endroit de villages parfois difficiles d’accès. En Équateur, par exemple, aucune mesure n’a encore été définie pour protéger les communautés indiennes, qui regroupent plus de 300 000 personnes.

Les indigènes d’Amazonie sont près de trois millions et forment plusieurs centaines de tribus réparties sur un immense territoire chevauchant neuf pays. Les plus isolés sont particulièrement vulnérables aux infections arrivant de l’extérieur, et la plupart ont peu accès à des services de santé.

Retourner à la carte 

H

BRÉSIL
Le président du déni

Jair Bolsonaro, le président du Brésil, est l’un des seuls dirigeants dans le monde qui continuent de nier la pandémie. Devant l’entêtement de leur chef « coronasceptique », les gouverneurs des principaux États du Brésil ont établi leurs propres mesures de confinement, et des membres de gangs ont même décidé d’imposer eux-mêmes un couvre-feu dans plusieurs favelas.

À la mi-avril, le Congrès brésilien a lancé un ultimatum au président afin qu’il publie les résultats des tests de dépistage qu’il a passés après que 23 personnes qui l’avaient accompagné lors d’une visite aux États-Unis en mars dernier eurent été déclarées positives. Les deux tests du président se sont révélés négatifs.

Le Brésil est le pays le plus touché du continent, avec près de 37 000 cas et 2 400 morts à la mi-avril. Des chercheurs estiment que le nombre de personnes infectées pourrait être 15 fois plus important que ne le disent les chiffres officiels.

Retourner à la carte 

I

CHILI
Péril à l’île de Pâques

La pandémie n’a pas épargné l’île de Pâques, l’un des endroits les plus isolés du monde, situé à plus de 3 500 km des côtes chiliennes. Et le maire de Hanga Roa, principale municipalité de l’île, a peur que la situation ne dégénère.

Pedro Edmunds Paoa a donc décidé le 11 mars dernier de fermer l’île. Il a aussi rendu obligatoire le confinement et imposé un couvre-feu de 14 h à 5 h. La population respecte ces mesures à la lettre, mais le maire est inquiet du manque de moyens médicaux sur le territoire. L’île de 7 750 habitants, qui recensait cinq cas à la mi-avril, ne dispose que d’un seul hôpital sans unité de soins intensifs, et une seule liaison aérienne par semaine est désormais offerte.

Retourner à la carte 

Les commentaires sont fermés.

« même pour la chaîne ultraconservatrice Fox News »
Fox News est le seul grand média télévisé conservateur encore en activité dans le pays, tandis que toutes les autres chaînes (CNN, MSNBC, ABC etc.) sont unies pour promouvoir la propagande d’extrême gauche.