Le Dust Bowl chinois

Benoit Aquin et Patrick Alleyn sont montés à bord du « train de la désertification », qui roule de Pékin à Urumqi. Ils ont été témoins d’un grave bouleversement écologique — la formation du Dust Bowl chinois (bol de poussière) —qui oblige les habitants à migrer vers d’autres régions.
Photos tirées du livre Far East, Far West, publié aux éditions du passage. En librairie le 7 octobre.

 

À force de les exploiter, des fermiers et des bergers ont transformé, au fil des ans, des terres agricoles et des prairies verdoyantes en zones arides. En Chine, les déserts occupent près de 20 % du territoire. Le quart d’entre eux ont été provoqués par l’activité humaine.

Au printemps, les grands vents venus du Nord soulève le sol fertile et le font virevolter dans les airs jusque dans les villes, où il devient source de pollution. Ici, un motocycliste happé par une tempête de poussière roule malgré tout sur une route de la Mongolie-Intérieure.

Le matin, le ciel était bleu clair. Mais vers 11 h, un nuage de poussière en provenance des steppes s’est engouffré à Xilinhot, ville de la Mongolie-Intérieure. Les routes ont été quasi désertées et la statue de l’empereur mongol Gengis Khan à cheval n’est plus qu’une pâle silhouette.

La ville de Hongsibao a été construite en plein désert par le gouvernement chinois, en 1995. Cette oasis artificielle, alimentée en eau par le fleuve Jaune, non loin de là, accueille 200 000 paysans descendus des montagnes arides. La ville a sa boutique de robes de mariée, son magasin de jeans, son laboratoire photo, ses tables de billard en plein air… Mais elle n’échappe pas aux tempêtes de poussière.

Ces femmes portent un masque afin de ne pas respirer la poussière qui balaie Sanggen Dalai, une petite ville reculée de Mongolie-Intérieure.

Le bazar de Kachgar, haut lieu de la culture ouïgoure, dans la région autonome du Xinjiang. Les Ouïgours, musulmans turcophones, représentent la plus importante minorité de Chine. Depuis des décennies, l’État chinois encourage les Hans (ethnie majoritaire du pays) à s’installer dans la région, ce qui provoque des tensions parfois violentes entre les deux groupes. Cette colonisation massive a aussi entraîné une surpopulation dans les oasis, ainsi que l’assèchement des sols et des cours d’eau.

Marchand de souliers au bazar de Kachgar.

Le marché du lundi, à Upal, petite ville située sur la route de la Soie, qui relie la Chine et le Pakistan. Les bergers, qui font brouter leurs moutons dans les prairies dégradées, contribuent à la désertification de la région.

Barbiers ouïgours au marché du lundi, à Upal.

Des bouts de tissus ont été accrochés à la clôture d’un sanctuaire, situé au beau milieu du Taklamakan, le deuxième désert du monde en superficie, après le Sahara. Les mulsumans ouïgours vont y prier.

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