Le groupe État islamique et son manuel de la terreur

L’ouvrage diffusé en 2004 explique dans le menu détail comment atteindre l’objectif absolu des djihadistes: fonder un «califat», soit un État islamique libéré des hérétiques et des apostats.

Photo: Alexander Koerner/Getty Images
Photo: Alexander Koerner/Getty Images

Le chaos orchestré. La terreur calculée. Des exactions commises contre les populations syriennes et irakiennes aux attentats de Paris et de Bruxelles, les actes de barbarie du groupe État islamique (EI) n’ont rien d’une folie passagère. Ils obéissent froidement aux tactiques réunies dans L’administration de la sauvagerie, véritable manuel du djihadiste.

L’ouvrage diffusé en 2004 par un certain Abou Bakr Naji — un pseudonyme, croient plusieurs — aurait pu s’appeler L’art de la guerre. L’auteur y explique dans le menu détail comment atteindre l’objectif absolu des djihadistes: fonder un «califat», soit un État islamique libéré des hérétiques et des apostats. Et la route vers le califat ne peut passer que par une violence extrême. «Celui qui s’est engagé dans le djihad sait que ce n’est rien d’autre que violence, cruauté, terrorisme, terreur et massacre», écrit Naji, crachant au passage sur la résistance non violente d’un Gandhi. «Il vaut mieux que ceux qui ont l’intention de se lancer dans l’action djihadiste par la douceur restent chez eux, assis dans leur fauteuil.»

Selon toute vraisemblance, les quelque 200 pages de L’administration de la sauvagerie étaient d’abord destinées aux cadres d’al-Qaïda. Ce sont les autorités saoudiennes qui ont découvert le livre en 2008 lors d’une descente, indique le magazine français L’Obs. Maintenant, comment sait-on que les stratèges du groupe État islamique — lui-même descendant d’al-Qaïda en Irak — s’en sont emparés pour guider leurs actions? Parce que la similitude entre celles-ci et les instructions du manuel n’est que trop frappante.

Les techniques détaillées par Naji — endoctriner les jeunes, utiliser le pétrole comme arme, mener de grandes campagnes médiatiques, brûler vifs des otages, couper des têtes… — accompagnent les trois grandes étapes de la conquête djihadiste. Tout d’abord, semer le chaos en terrain ennemi pour «l’épuiser et le démoraliser». Répandre «la terreur dans le cœur de l’ennemi, une terreur qui n’aura pas de fin», afin de polariser les masses et de les mobiliser dans la guerre.

Deuxième étape: remplir le vide créé par le chaos en bâtissant un véritable État érigé sur les bases de la charia. Offrir à la population désorientée des services (hôpitaux, écoles, électricité, etc.) tout en faisant régner la terreur à coups d’exécutions publiques, par exemple.

Enfin, proclamer le califat et unir les forces djihadistes pour étendre la domination. Ces trois étapes, le groupe ÉI les a franchies à une vitesse qui a pris tout le monde par surprise. En 2014, les djihadistes contrôlaient un territoire aussi vaste que la Grande-Bretagne à cheval entre la Syrie et l’Irak et régnaient sur une population de huit millions d’habitants. Et grâce à des groupes djihadistes qui lui ont prêté allégeance, dont Boko Haram au Nigeria, l’EI a déclaré des «provinces» dans une dizaine de pays de l’Afrique de l’Ouest jusqu’au sous-continent indien.

Or, Naji savait qu’occuper un territoire exposerait les djihadistes à des représailles des puissances étrangères comme jamais auparavant – jusqu’ici, des organisations comme al-Qaïda préféraient opérer dans l’ombre. Une coalition de plusieurs pays, dont la France et autrefois le Canada, mène en effet des frappes aériennes sous l’égide des États-Unis contre l’EI en Syrie et en Irak depuis plus d’un an. Le stratège enjoint alors aux djihadistes de les punir en leur faisant «payer le prix». C’est ici que s’inscrivent les attentats de Paris et de Bruxelles dans la logique guerrière de L’administration de la sauvagerie. L’expression a même été utilisée par le groupe État islamique dans une vidéo diffusée quelques jours après les attentats du 13 novembre.

De tels attentats — tout comme celui contre un avion russe au-dessus du Sinaï, en Égypte, ou celui dans un fief du Hezbollah à Beyrouth, un peu avant ceux de Paris — doivent susciter le sentiment d’être cerné chez l’ennemi. Celui-ci hésiterait alors à passer à nouveau à l’offensive contre le soi-disant califat, explique le traducteur de l’ouvrage (en anglais) et auteur de The ISIS Apocalypse, William McCants, sur le site War on the Rocks. Ici comme ailleurs, la violence extrême est de mise. Frapper femmes et enfants est permis selon Naji, tant que cela dissuade l’ennemi de faire de même. «Nos ennemis ne seront pas miséricordieux envers nous s’ils nous saisissent, écrit-il. Il nous appartient donc de les faire penser mille fois avant de nous attaquer.»

Or, la stratégie de dissuasion de l’EI ne semble pas avoir provoqué le repli espéré. Déjà au moment des attentats de Paris, en novembre, le soi-disant califat en Syrie et en Irak avait perdu 25 % du territoire qui était sous son joug depuis l’été 2014. Et depuis lors, la pression contre le groupe État islamique ne fait que s’amplifier: la coalition (dont font partie la France et la Belgique) a intensifié ses frappes aériennes, l’Allemagne s’est jointe aux efforts militaires (mais sans combat), la Grande-Bretagne a lancé des frappes aériennes en Syrie et les Américains renforcent leurs forces spéciales sur le terrain, tout en demandant aux membres de l’OTAN d’en faire encore davantage. Le Canada, lui, a désengagé ses avions de combat pour concentrer ses efforts sur la formation des forces de sécurité en Irak et sur la reconstruction. La Russie et la Turquie, bien qu’accusées de détourner leurs efforts militaires vers d’autres acteurs du conflit en Syrie, sont aussi impliquées dans la lutte armée contre l’EI.

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Se mettre la moitié de la planète à dos pour que cette moitié ait envie de vous éradiquer. Je sais pas pourquoi mais j’ai comme l’impression que cette bande de dangereux illuminés ne réussira pas…

Nous avons beau mettre les problèmes sur la religion mais le problème de base repose sur un petit groupe de têtes chauffées qui se servent de l’Islam pour faire passer leur message en faisant croire que tout est inscrit dans le Coran. Hors si vous prenez la peine de lire de Coran, vous verrez qu’il n’en est rien.

Le scénario de têtes chauffées à bloc de la religion Catholique pourrait faire croire que leurs actes de pillage qui perdure depuis trois siècles est inscrit dans la Bible ou le Nouveau testament. Hors il n’en est rien. De plus une majorité des Catholiques est scolarisé et bien renseigné.

Ce n’est pas l’Islam qui est en défaut, mais bien un groupuscule de malfrats qui s’en servent à mauvais escient pour faire croire aux populations de cette religion (arabe, Indiens (300 millions) et Asiatiques qui sont en grande majorité inalphabets et ne détiennent pas l’argent nécessaire pour se renseigner (télé) pour leur laver le cerveau. Ce n’est pas quelques milliers de têtes chauffées qui réussiront à tourner le cours de l’histoire car les citoyens de ce monde n’approuvent pas ce genre d’emmerdes, ce n’est qu’une question de temps.

Faut-il rappeler que ce sont les USA qui ont créé de toutes pièces l’État Islamique en attaquant l’Irak pour mettre leurs mains sales sur le pétrole dont l’Irak détenait 50% des réserves du Golf persique. En divisant le pays entre Irakiens et Kurdes dont la patrie était depuis 1914 sur le territoire Turque mais en fut chassé par l’intermédiaire des américains après la deuxième guerre, il y eut un schisme entre les deux factions, ce que voulait les USA afin de créer une guerre civile en Irak et se promulguer encore une fois comme des libérateurs en mettant l’Irak sous tutellle et se servir du pétrole sans rien payer.

Depuis les Irakiens se sont révoltés puique le terrain octroyé aux Kurdes divise en deux les réserves de pétrole et persistent à dire que les Kurdes devraient retourner dans leur pays, ce dont ils ont raison à 100%. Avec le maintien de la gurerre en Syrie, les américains se dorent la pilule sachant que la Syrie est protégé par la Russie et ont bombardés les Irakiens qui voulait faire le ménage dans ce pays au despote de El Assad. Remettre la Syrie sur le bon chemin aurait été une grosse contraintes pour Israel. Il en est de même pour l’Irak, en divisant les citoyens, Israel peut durant ce temps continuer de construire son armement de guerre financé à plus de 3$ milliards de dollars par année depuis 1948 (dont le montant augmenta au cours des années. Il est clair que la cible de l’État Islamique est les juifs qui contrôle les USA depuis 45.

Dans un contexte où les blancs de cette planère ont emmerdés les citoyens des pays arabes, africains, de l’amérique centrale et du Sud et asiatique pour leur voler leur richesses naturelles, ce qu’ils font encore aujourd’hui mais à moins grande proportion, les citoyens d’aujourd’hui n’ont connu que la main mise des blanc sur tout ce qui rapporte et continuent à vivre dans la dèche avec 1$ par jour et savent que leurs parents et grands parents et arrières grands parents ont vécus dans la même merde, sont des proies faciles pour les têtes brulées à convaincre que l’Europe et l’Amérique du nord sont les grands démons de la planète.

Une exemple que tout bon québécois reconnaîtra réside dans le fait que le joyaux qu’était Alcan n’était rien d’autre qu’une corporation qui a volé durant plus d’un siècle la bauxite provenant de la Guinné Bissau en afrique pour produire de l’aluminium à pas prix pour que les québécois puissent en profiter. Malheureusement la presque totalité des citoyens ne le savent pas et d’autres s’en foute éperdument car c’est leur bien être qui passe avant celui des autres.

Belle société en perspective.

Il ne faudra pas s’étonner que le terrorisme devient de plus en plus fort durant la prochaine décennie, ce n’est que le retour de l’ascenseur, les européens et nord américains se sont prélacé grâce au pillage systématique des pays en voie de développement durant 3 siècles, aujourd’hui se sont les citoyens qui se sont fait voler et cravacher qui se vengent et viendront détruire tout ce qui a été fabriqué grâce au pillage.

Nous avons entré dans une ère de mise aux points. Malheureusement ce n’est pas par la dipolmatie qu’ils pourront être rembourser pour 3 siècles d’emmerdes et de pillage, ils ne leur reste que la méthode forte, celle qui a servi

En fait la stratégie de L’État Islamique repose sur sept étapes établies par al-Qaeda voici maintenant pratiquement 16 ans. En ce sens le djihad devrait s’achever désormais théoriquement à l’aune de l’an 2021, lorsque ce nouvel empire règnera sur une population appréciable de 1,5 milliards de bons et loyaux musulmans vivant convenablement selon les règles de la charia.

Pour bien comprendre la stratégie de l’EI, il faut remonter au 7ième siècle après JC, lorsque Abû al-Abbâs As-Saffah est proclamé calife en 749. Ce califat qui part initialement de Syrie, puis règnera au fil du temps pendant quelques 5 siècles sur de vastes territoires, mettra fin à la dynastie des Omeyyades qui était fondée sur un pouvoir tribal souvent guerrier.

Bien que dans les premiers temps, les Abbassides furent réputés pour leur cruauté envers leurs ennemis, ce qui fut leur marque de commerce, aura été précisément leur habileté à gérer les différences, pour ainsi préserver une paix durable et de fructueux échanges commerciaux.

Aussi les stratèges de l’EI ne retiennent que ce qui les arranges. Puisque les Abassides n’avaient pas pour crédo de faire la chasse et de détruire les mécréants. La conversion volontaire des gens à l’Islam permettait de maintenir la paix et était bonne pour enrichir les gens. Ce qui rejoignais le crédo initié par Mahomet qui se résume simplement de la façon suivante : Pourquoi se faire la guerre quand tout est tellement plus profitable pour tous quand on vit tous ensemble dans la paix ?

Au train où vont les choses, il est effectivement peu probable et de moins en moins probable que l’EI puisse fonder un vaste empire et une nouvelle dynastie avant bien longtemps. Il est plus probable au contraire que cette idéologie apocalyptique se termine comme elle a commencée : faute de combattants.

Rien n’indique au fil du temps que les candidats au martyre se prêtent indéfiniment en aussi grand nombre à ce genre de sacrifices qui ne servent à rien, pas même aux auteurs de ces crimes pour s’ouvrir les portes d’un hypothétique paradis d’Allah.

Si l’occident ne peut rester les bras croisés à regarder ces attaques vicieuses, comme encore celles d’aujourd’hui ; c’est par notre unité, notre volonté inébranlable de préserver la paix, la liberté et de se rassembler ; que nous mettrons un point final au terrorisme islamiste. La résistance dans ce cas reste notre force. Et tôt ou tard, ce mouvement s’épuisera. En choisissant lui-même les dates de son avènement, il aura programmé sana le savoir, au même instant les dates de son expiration posant ainsi la marque de son propre anéantissement.

Le général chinois Sun Tzu (l’auteur de : L’art de la guerre) qui suivait assez scrupuleusement les principes sages de la voie du Tao, savait qu’en bout de course toute chose quelle qu’elle soit… a une fin qui lui est propre. Et contre cela Abou Bakr al-Baghdadi et ses poursuivants ne peuvent vraiment rien.

Cela même, les Abbassides l’ont appris des Mongols tout à leurs dépens.

« L’art de la guerre » n’a rien a voir avec ce bouquin. L’art de la guerre est un livre de tactiques qui s’appliquent aussi bien au champ de bataille qu’a la vie quotidienne. Ca n’a rien a voir avec la violence, bien au contraire. Les principes etant plutot de « gagner » sans avoir a se confronter.

Bel example de journalisme. Le mec cite une reference dont tout le monde connait le titre mais pas le contenu…. surtout PAS lui.

Petites citations extraites de wikipedia:

« Jamais guerre prolongée ne profita à aucun pays. »
« L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat. »
« Soumettre l’ennemi par la force n’est pas le summum de l’art de la guerre, le summum de cet art est de soumettre l’ennemi sans verser une seule goutte de sang. »
« Toute guerre est fondée sur la tromperie. »

Les journalistes, ca aime dire n’importe quoi en se donnant des airs.

#baltringue #pignouf