Le jour où Fidel Castro a reconstitué l’assassinat de JFK

«Je suis arrivé à la conclusion qu’Oswald ne peut pas être celui qui a tué Kennedy», explique Fidel Castro.

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Photo © Carol Crisosto Cadiz / CC BY-SA 2.0
Photo © Carol Crisosto Cadiz / CC BY-SA 2.0

Au lendemain de la mort de John Fitzgerald Kennedy, il y a 50 ans moins un jour, Fidel Castro a (légitimement) eu peur d’être accusé d’avoir manigancé l’assassinat. Après tout, Lee Harvey Oswald lui vouait une admiration sans borne et il essayait d’ailleurs de rejoindre Cuba.

Castro s’est donc arrangé pour répondre aux questions de la commission Warren, chargée de faire la lumière sur les circonstances de la mort du président américain, lors d’une entrevue effectuée sur un yacht au large de Cuba.

«Malgré les nombreux arguments avancés par les adeptes de la théorie du complot, il n’y avait pas de preuve crédible que Castro avait été personnellement impliqué dans l’assassinat», explique Philip Shenon, auteur d’un nouveau livre intitulé A Cruel and Shocking Act: The Secret History of the Kennedy Assassination. Mais Oswald a-t-il pu tuer Kennedy sous l’influence de sympathisants de Castro, ou simplement pour montrer sa loyauté au leader cubain ? Ça, c’est une autre histoire…

Visiblement intrigué – comme beaucoup – par les circonstances du décès de JFK, Castro est allé jusqu’à reconstituer la scène de l’assassinat pour y voir plus clair.

«Nous avons tenté de recréer les circonstances de la fusillade, mais il n’était pas possible pour un seul homme de le faire», a expliqué l’ancien président cubain au journaliste Jeffrey Goldberg, de The Atlantic, lors d’un déjeuner, il y a trois ans.

«Je suis arrivé à la conclusion qu’Oswald ne peut pas être celui qui a tué Kennedy», a-t-il ajouté.

Qui se cache donc derrière l’assassinat de JFK ?

À l’idée soulevée par Goldberg, voulant que la CIA et un groupe de Cubains anti-Castro aient pu être les auteurs de la conspiration, l’ancien leader de la révolution cubaine a répondu par l’affirmative.

«C’est probable que ce soit cela. Il y avait des gens au sein du gouvernement américain qui trouvaient que Kennedy était un traitre parce qu’il n’avait pas procédé à l’invasion de Cuba quand il en avait eu la chance, quand ils le lui avaient demandé. On ne lui a jamais pardonné cela.»

Au-delà des confidences sur son vieil adversaire politique, c’est l’état d’esprit de Castro, apparemment troublé par sa conversation avec Goldberg, qui ressort de l’article du journaliste.

«Il ne saura jamais ce qu’il se serait passé si JFK avait continué à vivre. Dans son esprit, Kennedy était peut-être destiné à la grandeur. C’est à la fois fascinant et frustrant pour lui», explique Julia Sweig, une experte de la question cubaine au Conseil des relations étrangères.