Le négationnisme à la japonaise

20 000 femmes violées au cours du massacre de Nankin ? « Ça n’a jamais existé. »

Photo © Keystone-France / Gamma-Keystone via Getty Images
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Le 13 décembre 1937, à des dizaines de milliers de kilomètres des camps de concentration mis en place par les nazis, le Japon s’apprêtait à rivaliser d’atrocité. Poussé par la politique expansionniste nippone, l’armée entrait dans Nankin, la capitale de la Chine nationaliste. S’en est suivi un véritable massacre.

« Femmes enceintes éventrées, nouveau-nés transpercés sur des baïonnettes, prisonniers décapités lors de concours au sabre, la vie d’un Chinois n’a aucune valeur pour ces hommes dont le bourrage de crâne des centres d’éducation militaire prend rapidement forme sur le théâtre de Nankin », raconte Le Point.

Plus de 300 000 morts ont été évoqués du côté chinois. Les historiens ont été plus prudents, l’Américain Jonathan Spence avançant le chiffre de 42 000 décès et de 20 000 femmes violées – souvent en groupe –, dont beaucoup sont mortes par la suite.

Un épisode particulièrement sordide de cette guerre qui est revenu dans l’actualité au pays du Soleil-Levant au début du mois quand Naoki Hyakuta, un haut dirigeant du réseau public de radiotélévision NHK, a nié ce qu’on appelle le « Viol de Nankin ».

« Des pays n’ont pas prêté attention à la propagande du dirigeant nationaliste chinois Chiang Kai-shek… sur les massacres qui auraient été commis à Nankin par le Japon. Vous savez pourquoi ? Parce que ça n’a jamais existé. »

Naoki Hyakuta a tenu ces propos alors qu’il était venu apporter son soutien à la candidature d’un homme politique d’extrême droite au poste de gouverneur de la métropole.

« Je suis au courant de ces déclarations, mais il me semble que cela ne viole pas le règlement intérieur de la NHK. Le gouvernement n’a pas à se prononcer », a simplement répondu Yoshihide Suga, le secrétaire général du gouvernement.

En Chine, ces propos ont été pris nettement plus au sérieux, puisque Hong Lei, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a qualifié l’intervention de Naoki Hyakuta de « défi imprudent à la justice internationale et à la conscience humaine ».

Le Monde note qu’au jour anniversaire de la capitulation du Japon impérial, le 15 août dernier, le premier ministre japonais Shinzo Abe a rompu la tradition en n’exprimant aucun regret envers l’Asie pour les souffrances infligées par son pays, et ce, en présence de l’empereur Akihito.

https://www.youtube.com/watch?v=tqdAOOM3X6s

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