Le nouveau visage de l’anticapitalisme

La crise remet à la mode les idées de gauche. En France, elles ont trouvé un porte-parole fort efficace : Olivier Besancenot, un facteur de 34 ans, chef du Nouveau Parti anticapitaliste, fondé en février 2009 sur les restes de la Ligue communiste révolutionnaire.

Avec une pédagogie désarmante et un sourire de gendre idéal, Besancenot en montre aux caciques du Parti socialiste. Les formations de droite hésitent entre craindre un agitateur ou féliciter un allié capable de diviser le vote de gauche.

Inconnu en 2002, Besancenot s’était porté candidat à l’élection présidentielle à la tête d’un parti trotskiste. Il avait récolté un pourcentage respectable de 4,25 % des voix. Il s’engage maintenant dans la campagne pour les élections européennes de juin. Le programme de son parti appelle à « rompre avec le capitalisme, pour ouvrir la voie à une société inédite, démocratique et égalitaire, féministe et écologiste ».

Les Français ne sont pas prêts à voter pour lui, mais ils le désignent tout de même comme la personnalité d’opposition qu’ils apprécient le plus, selon un récent sondage. Ses détracteurs lui repro chent de se joindre aux mouvements sociaux seulement lorsqu’il est sûr de la présence des caméras de télévision. Il est un invité régulier des émissions de variétés, et son passage très remarqué cet hiver sur le plateau de Michel Drucker soulève la question : la révolution sera-t-elle télévisée ?