Le programme de Trump tient-il la route?

Pas du tout, répondent les économistes du Committee for a Responsible Federal Budget, une organisation indépendante établie à Washington. Son programme n’est pas seulement simple, disent-ils, mais simpliste!

Photo: Mic Smith/AP Photo
Photo: Mic Smith/AP Photo

Donald Trump se rapproche de la Maison-Blanche et, au-delà des déclarations incendiaires, il propose un programme intenable d’un point de vue économique.

D’abord, il souhaite accorder d’importantes baisses d’impôts — une «huge reduction», pour reprendre ses termes. Comme on peut le voir dans ce tableau, il veut éliminer l’impôt chez les contribuables qui gagnent moins de 25 000 dollars par année.

Trump

Ainsi, près de la moitié des Américains ne paieraient plus du tout d’impôts sur le revenu. En comparaison, 36,6 % des Québécois n’en paient pas parce qu’ils ont un revenu trop faible. 

Trump préconise aussi un taux maximum de 25 %, plutôt que le plafond actuel de 39,5 %.

En contrepartie, il propose la fin de la plupart des déductions fiscales. Le taux d’imposition des entreprises, lui, passerait de 35 % à 15 % — soit un pourcentage moindre qu’au Canada, où le taux moyen s’élève à 26,5 %.

Les États-Unis s’approcheraient des taux de pays comme les Émirats arabes unis (14,9 %), le Qatar (11,3 %) et l’Arabie saoudite (14,5 %).

Trump justifie cette baisse par sa volonté de rapatrier les 2 400 milliards de dollars que les entreprises américaines gardent dans des paradis fiscaux. Par exemple, la pharmaceutique Pfizer possède quelque 200 milliards de dollars dans des comptes aux îles Caïmans, en Irlande, à Jersey, au Luxembourg et à Singapour.

Actuellement, ce sont près de 700 milliards de revenus fiscaux qui échappent ainsi chaque année au gouvernement, selon les données compilées par l’organisation américaine Citizens for Tax Justice.

Le plan Trump tient-il la route? Pas du tout, répondent les économistes du Committee for a Responsible Federal Budget, une organisation indépendante établie à Washington. Son programme n’est pas seulement simple, disent-ils, mais simpliste!

Pour financer les baisses d’impôts sans toucher comme promis à l’aide sociale, à la santé et la défense, une administration Trump devrait réduire tout le reste du budget de 61 % à 78 %, selon les estimations des économistes.

La dette nette américaine s’élève à environ 74 % du PIB. Avec le plan Trump, elle grimperait de 115 % à 140 % du PIB en 2026.

Un facteur d’incertitude

Les partisans de Trump affirment que ces mesures stimuleraient la consommation, qui est le moteur de l’économie américaine. C’est plutôt illusoire.

Parce qu’au-delà des questions fiscales, Trump défend aussi des mesures protectionnistes qui ont le potentiel de nuire à l’économie américaine.

Il souhaite entre autres renégocier l’ALENA et imposer de nouveaux tarifs douaniers sur les importations de la Chine et du Mexique, dont une taxe de 35 % sur les voitures assemblées au sud de la frontière américaine.

Il propose également de forcer des entreprises américaines comme Apple à fabriquer leurs produits aux États-Unis. Une mesure qui provoquerait une hausse des prix de base, sans garantir un retour des manufactures sur le territoire américain.

Surtout, Trump prône l’expulsion de 11 millions d’immigrants illégaux, qui sont autant de force de travail — dans le secteur agricole et le commerce de détail, notamment — que de consommateurs.

Ce n’est pas exactement une idée glorieuse dans une économie en croissance où le taux de chômage est déjà très bas (sous les 5 %). Ce qui fait dire à de nombreux spécialistes que Trump a peut-être compris la finance, mais qu’il n’a pas saisi l’économie.

Bien sûr, libre à lui de présenter un programme sans queue ni tête. Après tout, c’est le Congrès américain qui tranche les questions budgétaires, et le président n’a pas l’autorité d’imposer une ligne de parti comme au Canada.

Mais il faut plutôt voir dans ses propositions une manœuvre électorale.

Trump s’adresse aux Américains des classes pauvre et moyenne qui n’ont pas retrouvé leurs moyens d’avant la crise. Il promet de soulager leur portefeuille tout en maintenant plusieurs programmes, et se présente comme l’anti-élite.

Pour les milieux financiers, cependant, Trump représente surtout un facteur d’incertitude économique.

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“Les partisans de Trump affirment que ces mesures stimuleraient la consommation, qui est le moteur de l’économie américaine. C’est plutôt illusoire.” Je dirais que c’est plutôt hallucinatoire !

Trump veut se venger contre l’establishment parce que les banques et autres du secteur financier ne sont pas venus le sortir de ses mirages appelés casinos il y a 20 ans et fut reconnu comme étant la plus grande faillite lors de l’événement.

Pour ce qui est des mesures qui stimuleraient la consommation, elle ne ferait qu’enrichir les entreprises qui produisent hors du pays et ne serait qu’un autre mirage pour des citoyens qui s’endettent de façon vertigineuse depuis presque trois décennies.

Trump pense obliger les entreprises à revenir aux États-Unis, il n’est pas nécessaire de faire de commentaire sur son troisième mirage. Il croit que la réouverture d’une entente telle que l’ALENA s’effectuera sur le coin d’une table et selon ses volontés, hum !

Son administration tel que décrite dans votre article plongerait rapidement les États-Unis dans un crash boursier qui de toutes façons se présente de plus en plus rapidement. C’est en fait donner la dernière poussée dans le dos d’une personne qui est sur le bord d’un précipice.

Il me fait penser à Reagan avec ses nombreux mirages de l’époque qui se tourna contre les citoyens et appliqua une doctrine de déréglementation tout azimut dont on connaît les répercussions aujourd’hui dont celui de la débâcle de 2008.

C’est Reagan qui permit aux banques de devenir des institutions financières tout azimut comprenant les assurances, les courtiers en bourse, l’administration de patrimoines etc et fit une première débâcle avec la disparition du tiers des Savings and Loans (credit unions) et fit avaler le reste par les grandes banques entre 85 et 96 qui fit perdre plus de 400$ milliards au épargnants et coûta 160$ milliards (en dollars de 96) pour administrer cette débâcle.

Si cette “muppet” prend le pouvoir aux USA en novembre 2016, l’Amérique du nord ne s’en sortira pas facilement, si elle s’en sort. Un “shift” du pouvoir économique pourrait s’établir en faveur de l’Union Européenne et des pays Asiatiques.

Les répercussions sociales sur notre continent serraient sans aucun doute la monté d’une population dont la majorité vivent en dessous du seuil de la pauvreté et des jeunes de moins de 30 ans qui n’ont pas d’emploi autre que d’aller se faire tuer dans des guerres inutiles, s’il y en ait dans le futur, puisque selon le discours de Trump, la défense nationale ne jouera plus à la police outre frontière.

Il est donc à prévoir qu’un grand nombre de soldats perdent leurs emplois tel que c’est le cas depuis 4 ans. En ajoutant les groupes radicaux qui s’engageraient dans une guerre de la richesse, mettant à feu et à sang tous ceux qui en ont plus que les autres, dresse un portrait plutôt sombre.

Mais son discours “populiste” raciste à la sauce Le Pen, plaît aux américains qui pourtant ne veulent pas travailler dans les champs. Alors que ce sont les Mexicains qui le font et que Trump veut en déporter 11 millions, les affaires pour les pays de l’Amérique du sud seront excellentes.

Finalement, si Trump pense qu’il pourra rapatrier les 2,400$ milliards des paradis fiscaux, il croit peut être que toute la planète se mettra à genoux pour les lui remettre.

Le « plan » de Justin ne tient pas plus la route et les journalistes ne se sont pas acharnés sur lui, au contraire….