Le quotidien des réfugiés du climat

Partout dans le monde, des millions de gens sont forcés de quitter leur terre natale, à cause de la dégradation de leur environnement. Ils seraient entre 30 et 40 millions sur la planète, selon les sources. Soit plus que les réfugiés de guerre, de conflits ethniques et de répression politique réunis. Ce sera la plus grave crise humanitaire à laquelle le monde devra faire face au cours du siècle, prédisent des experts. Certains plaident donc pour que l’ONU élargisse sa définition de réfugié afin d’y inclure ces « réfugiés environnementaux ». D’autres s’y opposent fermement. Loin de ce débat, notre photojournaliste François Pesant s’est rendu dans le nord de l’Inde, où il a partagé le quotidien de certains de ces « sans-terre ». Ces anciens habitants du désert de Thar, au Rajasthan, une zone soumise à des sécheresses répétées et à la désertification, ont fui pour trouver une vie meilleure. Ils sont devenus réfugiés dans leur propre pays.

 

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Camp de Churan Khad. Contrairement aux réfugiés de guerre, par exemple, qui sont pris en charge par des organismes internationaux, les déplacés du climat doivent ériger eux-mêmes leurs abris. Le camp de Churan Khad est apparu il y a plus de 25 ans, après que quelques familles eurent monté leurs tentes sur un terrain vacant. Il compte maintenant près de 1 000 habitants et n’est toujours pas alimenté en eau et en électricité.

Camp de Churan Khad, Himachal Pradesh, nord de l’Inde.

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Sage-femme prodiguant des soins à un nouveau-né. À cause de problèmes financiers et de la discrimination dont elles sont victimes, beaucoup de femmes, assistées par ces sages-femmes, accouchent dans des conditions sordides.

Camp de Churan Khad.

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Tanuda et son fils. Les familles sont souvent très nombreuses. Certaines femmes mettent au monde des enfants tout au long de leur période de fertilité.

Camp de Churan Khad.

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Rohit, six ans. Le matin où cette photo a été prise, sa mère, Rita, a insisté pour qu’il aille à l’école et a refusé qu’il vienne mendier avec elle.

Près du camp de Churan Khad.

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La petite Resma. À cause de l’insalubrité des camps, les maladies de peau, les infections et les maladies respiratoires sont communes.

Camp de Churan Khad.

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Par un froid matin d’hiver – il fait environ 5 degrés Celsius -, des enfants jouent dans la boue. La plupart d’entre eux ne vont pas à l’école et commenceront à travailler ou à mendier très bientôt.

Camp de Churan Khad.

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Moment de coquetterie.

Camp de Churan Khad.

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Après une journée de travail à ramasser des déchets recyclables, Suna et Sanjeena, sept ans, vont chercher de l’eau potable au robinet public situé à 1 km de chez elles. La collecte de l’eau est la responsabilité des femmes et des fillettes.

Près du camp de Churan Khad.

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Une mendiante réchauffe son fils avec un chai chaud. L’hiver, les rues sont désertes, et les mendiants ne gagnent souvent pas assez d’argent pour payer le repas du soir.

Dharamsala.

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En changeant d’État, les écoréfugiés indiens perdent leur droit à la propriété. Ils doivent donc squatter des terrains dont ils sont souvent chassés. Près de Churan Khad, le gouvernement a construit un mur de ciment qui bloque l’accès à une partie du camp, installée entre deux bras de rivière. À la prochaine mousson, quand celle-ci sera infranchissable, près d’une centaine de familles ne pourront plus accéder à leurs tentes.

Camp de Churan Khad.

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Réparation de la route menant à Dharamsala. Certains réussissent à avoir des contrats de travail, mais ceux-ci sont toujours temporaires et les conditions, très difficiles.

Dharamsala.

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Travaux de réfection. Une famille entière travaille ici. Les femmes gagnent 30 % de moins que les hommes.

Dharamsala.

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Chantier de construction d’un terminal d’autobus. Ces travailleurs ont obtenu un contrat de plus d’un an. Quand celui-ci arrivera à terme, ils repartiront vers un nouveau chantier ou retourneront dans un camp.

Dharamsala.

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Hôtel en construction. Les migrants vivent bien souvent dans les bâtiments qu’ils construisent ou en bordure des routes qu’ils réparent.

Dharamsala.

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Chambre de travailleurs sur un chantier. Ceux-ci cuisinent à même le sol et, la nuit venue, s’entassent dans un même lit pour se réchauffer.

Dharamsala.

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Tempête de neige. Pour ces « sans-terre » qui vivent sans électricité ni chauffage, l’hiver est un moment difficile à passer.

Dharamsala.

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Jeunes recycleurs. Sani, sept ans (à l’avant) allait à l’école, mais son père alcoolique le force maintenant à faire ce travail et boit tout l’argent qu’il rapporte. Le jour où la photo a été prise, de violents orages ont forcé le garçon à se mettre à l’abri, et la cueillette n’a pas été bonne. « Mon père va me battre, me dit Sani, inquiet. Tu dois partir, sinon il va penser que j’ai joué avec toi plutôt que de travailler, et ce sera pire. » Il espère que son père est déjà soûl et que la raclée sera plus molle.

Près de Dharamsala.

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Élève de l’école Gamru. Cet établissement, fondé par un philanthrope anglais, accueille gratuitement les enfants des migrants défavorisés. Selon Meenakshi Sharma, la directrice, ces élèves réussissent mieux que les enfants de familles plus fortunées quand ils ont la chance d’étudier.

Près de Dharamsala.

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Colonie Milkplate. Ici, les « réfugiés environnementaux » vivent un peu mieux. En effet, ils ont obtenu un terrain du gouvernement à la suite de longues tractations et après que leur camp précédent, érigé sur un terrain squatté, a été à quelques reprises rasé par des bulldozers.

Colonie Milkplate, Jalandhar, Pendjab.

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Préparation du souper. Les habitants de Milkplate ont pu construire de petites maisons. Les conditions de vie demeurent certes extrêmement précaires, mais pour ces gens qui ont tout perdu, avoir un endroit où se poser représente beaucoup. Ici, la vie ressemble un peu plus… à la vie.

Colonie Milkplate.

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Enfants curieux à la fenêtre.

Colonie Milkplate.

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