Le yéti n’est plus

Au Bhoutan, une véritable légende est en train de disparaître en même temps que les récits de rencontres fortuites. La cause? La technologie.

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Le yéti est mort, tué par la modernité.

FouineurC’est le constat dressé par Candida Beveridge, du service Monde de la BBC, après avoir arpenté des villages du Bhoutan comme Chendebji. Aujourd’hui desservis par une centrale hydroélectrique, ses habitants n’ont plus besoin de déambuler dans les environs pour chercher du bois afin d’allumer leurs poêles. Il ne leur est également plus nécessaire d’aller marcher dans les hauts pâturages pour faire paître les yaks et les chèvres.

Autant d’occasions envolées d’apercevoir des traces du yéti himalayen.

Ainsi, dans ce petit pays d’Asie enclavé entre l’Inde et la Chine, une véritable légende est en train de disparaître en même temps que les récits de rencontres fortuites.

Soixante ans après l’une d’entre elles, la septuagénaire Pem Dorji reste habitée par la crainte qui l’a envahie lorsqu’elle a découvert les empreintes du yéti, en ramassant des feuilles sèches pour le bétail.

«Cela s’est produit peu de temps après une importante chute de neige, qui a duré près de neuf nuits. Le yéti a dû descendre pour échapper à la neige. J’ai seulement vu les empreintes qu’il avait laissées derrière lui», a-t-elle raconté, devant des enfants attentifs rassemblés autour d’un poêle.

À Chendebji, lorsque la nuit tombe, il est une tradition de partager des histoires à propos du Migoi, comme il y est appelé. Mais l’électricité permet aujourd’hui aux villageois de confectionner des châles et des tapis destinés à la vente jusque tard dans la soirée. Et celle-ci n’est désormais plus définie par le coucher du soleil.

Comme le raconte Candida Beveridge dans son reportage, le yeti a influencé le mode de vie des Bhoutanais de bien des manières.

Dans le livre Bhutanese Tales of the Yeti, l’écrivaine Kunzang Choden a notamment expliqué que les petites portes d’entrée des maisons traditionnelles sont en fait conçues pour se protéger du yéti, qui, selon la croyance populaire, serait incapable de se cambrer.

À bien des égards, dit la journaliste, la vie de ces villageois a changé pour le mieux. Mais il n’y a plus de nouvelles histoires à raconter aux enfants. Malgré tout, personne ne doute de l’existence du yéti.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la BBC : «Why don’t people see the yeti any more?»

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La côte ouest de l’Amérique du Nord connaît aussi son yéti – il s’appelle le sasquatch ou bigfoot. Plusieurs membres des Premières Nations l’ont vu ces dernières années, en particulier près du fleuve Nass, traversant une route forestière entre chien et loup ou encore plus au sud dans les monts Cascades de la Chaîne côtière. Légende? Probablement mais il faut constater que les endroits où on le voit sont généralement dans les montagnes où il y a souvent des forêts assez impénétrables… L’homme ne sait pas tout de sa planète et le mystère demeure, heureusement!