L’ennemi de mon ennemi est mon ami

 

Photo : Hasan Sarbakhshian / AP / PC
Photo : Hasan Sarbakhshian / AP / PC

Fragilisé par la crise qui l’a secoué après l’élection présidentielle de juin, le régime iranien pourrait fort bien se durcir et montrer les dents, histoire de réaffirmer son emprise sur son peuple, mais aussi sur ses voisins.

Si sombre que soit ce scénario, il pourrait toutefois être la clé d’une sempiternelle impasse au Moyen-Orient : le conflit israélo-arabe.

C’est du moins la thèse avancée par le journaliste Jeffrey Goldberg, du magazine américain Atlantic Monthly, qui entrevoit la naissance d’une alliance entre juifs et sunnites pour contrer l’Iran. Derrière ce pronostic, il y a le constat que les sunnites du Moyen-Orient craignent désormais davantage l’Iran chiite que l’Israël juif. En clair : les juifs sont dangereux, mais les chiites le sont encore plus. Car il faut le rappeler, depuis les débuts de l’islam, sunnites et chiites sont à couteaux tirés. Et c’est l’Iran qui est le pays phare des chiites, lesquels ne représentent que 15 % du 1,4 milliard de musulmans de la planète – le reste étant essentiellement des sunnites. 

Tout comme les pays sunnites, Israël entretient un rapport pour le moins tumultueux avec le régime de Téhéran, qui promet depuis des années de rayer cet État de la carte. Après des décennies de tensions et d’affrontements, juifs d’Israël et sunnites de Palestine, d’Égypte, de Jordanie, d’Arabie saoudite et même du Maroc auraient donc maintenant un ennemi commun : l’Iran chiite.

Si on suit le vieil adage « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », le régime des ayatollahs pourrait alors devenir, non sans une ironie certaine, le sauveur du Moyen-Orient.