Les bombes à retardement

Le travail du Parti communiste chinois est celui d’un artificier : il doit constamment désamorcer des bombes à retardement. Chacune de ces bombes, si elle éclatait, pourrait menacer la survie du régime.

Les victimes de la pollution

Le smog des grandes villes oppresse les personnes âgées et les asthmatiques et cause 350 000 morts prématurées chaque année. Mais le plus grand danger vient des campagnes. Les déchets toxiques déversés dans les rivières tuent les poissons, empoisonnent les fruits et les légumes et rendent malades des millions de paysans. Par ailleurs, la peinture au plomb qui contamine certains jouets fabriqués en Chine est appliquée par de jeunes paysans qui, la plupart du temps, ne portent pas de masque. « Dans quelques années, des millions d’ouvriers se retrouveront avec un cancer et personne ne voudra payer pour eux », dit le dissident chinois Han Dongfang.

Les séropositifs

En 2020, la Chine comptera entre 10 et 20 millions de séropositifs. Si rien n’est fait pour eux, le régime sera aux prises avec une masse de malades n’ayant plus rien à perdre.

Les hommes en trop

La politique de l’enfant unique a causé un important déséquilibre des sexes. La préférence pour les garçons fait que beaucoup de femmes interrompent leur grossesse lorsque le fœtus est féminin. Dans 15 ans, de 30 à 40 millions de jeunes hommes seront incapables de trouver une épouse. Le régime pourrait faire les frais de leur frustration.

Les étudiants floués

Dans les campagnes, pour payer les études universitaires d’un jeune prometteur, parents, oncles et amis se cotisent. On calcule que le diplômé pourra trouver un bon emploi dans l’une des métropoles côtières et envoyer de l’argent au village. Mais faute de place dans les universités, beaucoup de ces étudiants entrent dans les nouveaux collèges semi-privés, dont les diplômes ne sont pas toujours reconnus par les employeurs. Des dizaines de milliers de diplômés se retrouvent sans travail et leur famille est ruinée.

Les boursicoteurs

Plus de 30 millions de Chinois jouent en Bourse. Ce qui revient à jouer au casino, puisque les entreprises chinoises n’ouvrent pas leurs livres aux petits épargnants. On investit donc dans les actions qui montent et, pour l’instant, on gagne gros : l’indice composite de Shanghai a bondi de 130 % en 2006 et de 97 % en 2007. Mais un krach pourrait semer la panique dans la classe moyenne.

Les soldats démobilisés

L’Armée populaire de libération, forte de 2,3 millions d’hommes, poursuit une cure d’amaigrissement. Et son incapacité de trouver des emplois aux soldats démobilisés cause des maux de tête au Parti communiste. De plus en plus d’anciens militaires prennent la tête de groupes d’émeutiers dans les campagnes.