Les bonnes lectures de Barack

 

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« Les États-Unis n’ont pas besoin d’une plus grosse armée. Ils ont besoin d’une plus petite politique étrangère. » Les lecteurs de L’actualité ont pu lire, dans un numéro du printemps, ce verdict fracassant d’Andrew Bacevich, colonel à la retraite et professeur d’histoire et de politique internationale à l’Université de Boston.

La politique étrangère américaine du dernier demi-siècle aurait-elle pu être « plus petite » ? Pouvait-on prévoir la catastrophe du Viêt Nam, ses conséquences au Cambodge, 50 000 ogives nucléaires, la volonté d’imposer une pax americana sur toute la planète, avec la guerre du Golfe, celle contre l’Irak, le sabotage de l’ONU, etc.? La Maison-Blanche et le Capitole avaient-ils été mis en garde ?

Lisons ce passage que Reinhold Niebuhr, philosophe, éthicien, théologien et pasteur, a écrit dès 1952 dans The Irony of American History :

« Nous serons peut-être tentés d’apporter une conclusion tragique à l’histoire moderne dans une dernière et puissante tentative pour en surmonter les difficultés et les frustrations. Le terme employé en politique pour décrire ce genre d’entreprise est « guerre préventive ». Ce n’est pas une tentation dans l’immédiat, mais ce pourrait l’être dans une décennie ou deux. Une démocratie ne peut évidemment se lancer directement dans une guerre préventive, mais un leadership militaire peut aggraver une crise au point que la guerre est inévitable. »

Mais il y a de l’espoir : « Niebuhr est un de mes philosophes préférés », a déclaré Barack Obama.