Les Chinois s’emparent du pétrole

Les États-Unis peuvent fermer le bec à ceux qui les critiquaient pour avoir envahi l’Irak, il y a six ans, dans le but premier de s’approprier son pétrole.

Irak : les Chinois s'emparent du pétrole
Photo : Nabil Al-Jurani / AP / PC

En décembre, Bagdad a clos les enchères pour les droits d’exploi­tation de 10 champs pétrolifères. Surprise : les plus gros contrats ont été accordés… aux Chinois ! CNPC, contrôlée par Pékin, produira 3,39 millions de barils par jour, contre 2,35 millions pour l’américaine Exxon Mobil et 1,8 million pour la russe Lukoil. « Cette décision n’était pas politique. Ce sont les plus bas soumissionnaires qui ont gagné », assure l’ex-ministre du Pétrole irakien Thamir Ghadhban.

Les trois entreprises ont dû accepter des conditions strictes de l’État irakien. Celui-ci reste propriétaire de la ressource et touchera le quart des profits, en plus de percevoir une taxe de 35 % sur les bénéfices. Les enjeux sont immenses : la production d’or noir de l’Irak pourrait rivaliser avec celle de l’Arabie saoudite d’ici huit ans.

Washington, qui a perdu plus de 4 370 soldats en Irak, semble désavantagé par rapport à Pékin. Mais Bagdad acquiert une certaine légitimité en se montrant indépendant des États-Unis, et les Chinois comme les Russes ont intérêt à ce que ce jeune gouvernement survive après le retrait des troupes américaines. Si tout va bien, les importantes redevances du pétrole permettront de créer, entre l’Arabie saoudite et l’Iran, un État fort allié des États-Unis. N’est-ce pas ce que désiraient les Américains dès le début du conflit ?