Les effets inattendus de l’ouragan Matthew sur le Zika

Les pluies diluviennes auraient emporté les moustiques porteurs du virus Zika. Et même les larves!

Des palmiers résistent tant bien que mal aux assauts de l'ouragan Matthew, le 7 octobre 2016, à Ormond Beach, en Floride. (Photo: Drew Angerer/Getty Images)
Des palmiers résistent tant bien que mal aux assauts de l’ouragan Matthew, le 7 octobre 2016, à Ormond Beach, en Floride. (Photo: Drew Angerer/Getty Images)

À quelque chose malheur est bon, dit-on. En dépit des ravages dévastateurs laissés par son passage en Haïti et ailleurs dans la zone caraïbe, l’ouragan Matthew pourrait bien avoir eu certains effets bénéfiques, du moins aux États-Unis.

Ainsi, les moustiques porteurs du virus Zika – les tristement célèbres Aedes aegypti – ont été emportés par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la côte est floridienne, la semaine dernière, rapporte CNN.

En fait, une bonne partie des populations de moustiques de cette région, toutes espèces confondues, l’ont été du même souffle. Or, la prochaine génération de moustiques à voir le jour en Floride ne sera pas du genre à transmettre un virus et à poser un problème de santé publique, expliquent les experts consultés par CNN. Ce qui laisse donc présager un répit dans la transmission du Zika, recensé jusqu’ici chez plus d’un millier de Floridiens – dont 155 par contaminaton locale. Mieux : puisque les fortes pluies et les inondations évacuent aussi les larves de moustiques de leurs sites de reproduction, les petites bestioles nuisibles ne risquent pas de proliférer avant un certain temps. A fortiori en cette période automnale, où leur population se trouve déjà naturellement sur le déclin.


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Cela dit, lorsque les moustiques porteurs de virus referont surface, les personnes déjà infectées deviendront des cibles potentielles, ce qui pourrait redémarrer le cycle de propagation du Zika. Il en est allé ainsi avec le virus du Nil, en Louisiane,  après l’ouragan Katrina, en 2015.

En attendant, on vient d’identifier un deuxième foyer « autochtone » de Zika en Floride, dans le nord-est de Miami. Après le quartier de Wynwood, à Miami Beach, cette zone pourrait donc elle aussi voir se multiplier les cas de transmission du virus d’une personne à l’autre.

Ailleurs dans le monde, le virus continue par ailleurs de se propager – on dénombre pas moins de 73 pays touchés –, notamment en Asie, où il prend de l’ampleur.

Au Canada, 328 cas reliés à des voyages à l’étranger et 2 cas contractés par transmission sexuelle avaient été recensés, en date du 6 octobre dernier.

Rappelons que le Zika présente essentiellement une menace pour les femmes enceintes, le virus pouvant entraîner chez l’enfant des malformations congénitales comme la microcéphalie.

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