Les Français se cherchent

Le gouvernement français a lancé début novembre un grand débat sur l’identité nationale, thème cher au président, Nicolas Sarkozy. Son ministre de l’Immigration, Éric Besson, a ouvert le bal en demandant à ses 65 millions de compatriotes : « Pour vous, qu’est-ce qu’être français ? »

Photo : Christophe Ena / AP / PC

Pourquoi ce débat ?

Le républicanisme français ne reconnaît pas les différences culturelles (ses valeurs sont dites universelles : liberté, égalité, fraternité), mais ces différences sont de plus en plus criantes. Les communautés arabe, africaine et autres croissent et peinent à s’intégrer. Alors que la gauche s’inquiète surtout de leur exclusion sociale, la droite se soucie aussi de l’érosion de la tradition française. Le ministre Besson propose d’ailleurs que les jeunes Français chantent La Marseillaise au moins une fois par année.

Quelle est la démarche ?

Le gouvernement recueillera pendant trois mois les commentaires de tous ceux qui vivent en France, par l’intermédiaire du site Grand débat sur l’indentité nationale et de consultations populaires dans les 100 préfectures et 350 sous-préfectures du pays. Le ministre de l’Immigration fera la synthèse à l’occasion d’un colloque qui se tiendra le 4 février.

Qu’est-ce qui coince ?

Les socialistes refusent de participer au débat, arguant que le parti au pouvoir, l’UMP, veut agiter le sentiment anti-immigration afin de gruger des votes à l’extrême droite en prévision des élections régionales de mars. Certains alliés de la droite estiment que le débat est tout simplement inutile. Des adversaires du président y voient une manœuvre pour faire oublier les « affaires » qui l’ont récemment ébranlé, dont le tourisme sexuel auprès de jeunes garçons du ministre Frédéric Mitterrand et le népotisme à l’égard de Jean Sarkozy, son fils.