Les mystères du vol MH370 de Malaysia Airlines

Les questions fusent mais les réponses échappent encore aux 12 pays qui se sont mobilisés pour retrouver l’appareil.

Photo: AFP/Getty Images
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FouineurLe samedi 8 mars, un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines a disparu des écrans radars au-dessus du golfe de Thaïlande. Les 239 personnes à bord du vol MH370 entre Kuala Lumpur et Pékin se sont volatilisés du même coup. Depuis, pas un indice. Les questions fusent mais les réponses échappent encore aux 12 pays qui se sont mobilisés pour retrouver l’appareil.

Infographie © Wall Street Journal
Infographie © Wall Street Journal

Que s’est-il passé ?

Les thèses les plus folles circulent sur Internet où des passionnés n’ont pu s’empêcher de dresser un parallèle avec les événements de la télésérie Lost. Mais les passagers parmi lesquels figurent deux Canadiens, Muktesh Mukherjee et Xiaomo Bai, ont vraisemblablement connu un sort plus funeste que celui de Jack Shephard et Kate Austen. Au vu des informations disponibles jusqu’à présent, le vol MH370 mérite d’apparaître dans le palmarès des disparitions d’avions les plus étranges.

De nombreuses théories ont été lancées, comme celle d’une éventuelle fissure de l’avion, qui aurait pu provoquer une dépressurisation fatale. Un cas de fissure sur un Boeing 777 a d’ailleurs été rapporté l’an dernier, aux États-Unis, et son évocation a ravivé la thèse d’une panne technique ayant entraîné la désintégration de l’appareil. En 2002, un avion de China Airlines avait disparu des écrans radars pour cette même raison. Le scénario d’un suicide du pilote a également été évoqué, faisant écho au drame du vol Egyptair de 1999 ayant fait 217 morts. Le MH370 a-t-il pu être abattu par un missile ? La disparition soudaine semble concorder avec ce cas de figure qui s’est déjà présenté dans l’histoire : en 1983, un vol de Korean Air Lines avait été abattu par un chasseur soviétique.

La présence de deux Iraniens ayant embarqué avec de faux passeports européens avait rapidement mis les enquêteurs sur la piste terroriste. Mais il s’avère, selon Interpol, que les deux hommes tentaient plutôt de se réfugier en Europe. La CIA, au contraire de l’organisation internationale de la police, n’a pas écarté la thèse d’un acte terroriste, des revendications non confirmées laissant planer quelque doute.

Un vol fantôme

Le Wall Street Journal a jeté un pavé dans la mare en soutenant que l’avion avait pu continuer à voler pendant près de cinq heures après sa disparition. Selon les personnes chargées de l’enquête aux États-Unis, l’avion a tenté de transmettre sa position à des satellites de communication pendant ce laps de temps. Les satellites ont pu récolter des informations sur la vitesse et l’altitude du Boeing 777, qui semblaient normales, jusqu’à ce qu’un événement inconnu ne fasse cesser l’envoi de données. Une des sources citées par le journal juge qu’une personne à bord de l’appareil a très bien pu désactiver le système.

Pendant les cinq heures qui ont suivi sa disparition des écrans radars, l’avion aurait donc continué à voler sans être l’objet d’un écrasement, d’un acte de sabotage ou d’une explosion. Et après ? Aucun débris n’ayant été retrouvé, toutes les avenues sont envisagées pour évoquer le sort de l’appareil. Outre l’écrasement, ces mêmes enquêteurs se demandent si l’avion a atterri quelque part durant ce vol fantôme… ou s’il a pu être détourné « avec l’intention de s’en servir plus tard à d’autres fins ».

Les autorités malaisiennes ont rapidement démenti les informations du Wall Street Journal, affirmant que les dernières données provenant de l’avion dataient de moins de 30 minutes après le décollage. Cependant, comme l’a expliqué l’Associated Press, ce n’est pas Malaysia Airlines mais bien le constructeur Boeing qui était le destinataire des signaux envoyés, tel que le prévoit un programme satellite auquel n’a pas souscrit la compagnie aérienne.

Où chercher ?

L’océanographe David Gallo, qui a dirigé les efforts de recherche pour retrouver le vol 447 d’Air France entre Rio de Janeiro et Paris, en 2009, a utilisé une métaphore pour expliquer la complexité d’une telle entreprise.

«J’aime à penser qu’il faut commencer par trouver la botte de foin, et ensuite y chercher les morceaux de l’aiguille», a-t-il expliqué au réseau américain CBS News.

Les États-Unis ont étendu la zone de surveillance jusque dans l’océan Indien, alors que la Malaisie, qui supervise les efforts de recherche, a envoyé les forces indiennes vérifier des coordonnées précises dans la mer d’Andaman, vers laquelle l’appareil aurait été délibérément orienté, selon d’autres sources citées par Reuters.

La Chine a déployé pas moins de dix satellites pour aider aux recherches, et une zone d’écrasement suspectée a rapidement été identifiée. Mais l’inspection de cette zone n’a rien donné, pas plus que l’analyse du carburant prélevé à la surface de l’eau, non loin de l’endroit où les autorités aériennes ont perdu la trace du Boeing 777. Il faut dire que le trafic maritime est important dans ces eaux.

M. et Mme Tout-le-monde peuvent eux-mêmes participer aux recherches via Digital Globe, une société d’imagerie satellite américaine qui propose aux internautes d’analyser des images satellites et d’identifier ce qui ressemble à des débris.

Pourquoi les téléphones des passagers sonnent-ils toujours ?

Le mystère du vol MH370 a pris une tournure fantastique quand le Washington Post a révélé que les lignes téléphoniques de plusieurs passagers étaient toujours actives, selon les dires mêmes des familles. Malaysia Airlines a également eu la surprise d’entendre une sonnerie à l’autre bout du fil en tentant d’appeler des membres de l’équipage.

Plusieurs hypothèses peuvent venir expliquer ce phénomène. Par exemple, les téléphones ont pu ne pas être détruits, se trouvant peut-être sur des débris flottants près des côtes, à proximité d’une antenne-relais. Improbable, mais possible. Plus réaliste : si le téléphone sonne au lieu de mener à une messagerie vocale, c’est parce qu’en dehors d’une zone de couverture, l’appel est envoyé vers la dernière position enregistrée. La sonnerie peut alors se faire entendre en attendant que l’appel, ayant abouti à une antenne-relais, échoue à trouver le téléphone du destinataire.

Mis à part le côté insolite de la chose, une question essentielle se pose : ces téléphones peuvent-ils aider à retrouver l’avion ? La réponse est oui, par triangulation, mais encore faut-il que les téléphones soient allumés et qu’ils disposent encore de batterie…

Les commentaires sont fermés.

Les téléphones peuvent très bien sonner s’ils sont encore aux mains des pirates dans ou hors de l’avion dans un boite!!!! Mais ils ne sonneront pas longtemps s’ils les entendent. C’est exactement le genre d’information que tu ne rends pas publique si tu veux t’en servir. Est-ce encore une histoire inventée? Les journaux comme plusieurs autres médias en ont inventé pas mal et beurré épais pour vendre de la copie et cet article fais sa part…. Je dois dire que je suis pilote et j’en ai lu des vertes et des pas mûres sur les boites noire, les transpondeurs, les extra terrestres, le tout par des hurluberlus, des imaginations débridées et des Sherlok Holmes en herbes.