Les nouveaux maîtres de Washington

Chacun des experts choisis par Barack Obama pour diriger son administration pourrait avoir plus d’influence sur la vie des Canadiens que n’importe quel ministre à Ottawa. Aussi bien faire connaissance dès maintenant.

LA BANDE DE CHICAGO

Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison-Blanche

Traits distinctifs : 49 ans, juif pratiquant, ami proche d’Obama, de Chicago.

Rôle : Diriger l’équipe de la Maison-Blanche, conseiller le président, organiser son emploi du temps.

Celui qui sera le bras droit d’Obama est un personnage haut en couleur. Formé en danse classique, il s’est révélé champion des campagnes de financement des démocrates, a conseillé le président Clinton et fait fortune comme banquier à Wall Street sans avoir étudié en finances. Direct, utilisant souvent un langage grossier, il est reconnu pour être impitoyable envers ses adversaires politiques. On le surnomme « Rahmbo ». Obama l’a choisi en rai son de sa loyauté, de sa redoutable efficacité et de sa connaissance des coulisses du Congrès — il a siégé à la Chambre des représentants de 2002 à 2008.

Photo: Pablo Martinez Monsivais / PC / AP


David Axelrod, conseiller du président

Traits distinctifs : 53 ans, confident d’Obama et ami proche de Rahm Emanuel, de Chicago.

Rôle : Établir des stratégies politiques et médiatiques pour le président.

Barack Obama ne serait pas le personnage que l’on connaît sans David Axelrod. Ce consultant en politique a fait élire, aux États-Unis, une bonne dizaine de maires, de gouverneurs et de sénateurs démocrates… ainsi qu’un président. Stratège en chef de la campagne d’Obama, il a imposé le thème du changement et un slogan qui est déjà passé à l’histoire : « Yes, we can ». Il formera, avec le président Obama et Rahm Emanuel, le triumvirat de la Maison-Blanche.

Photo: Charles Dharapak / PC / AP

L’ESPOIR DES VERTS –>

L’ESPOIR DES VERTS

Steven Chu, secrétaire à l’Énergie

Traits distinctifs : 60 ans, Sino-Américain, Prix Nobel de physique en 1997, de la Californie.

Rôle : Orienter les fonds publics vers l’exploitation de nouvelles sources d’énergie et moderniser le réseau élec trique des États-Unis.

Obama a promis de lancer de grands projets d’infrastructures pour exploiter le vent et le soleil. Et il a nommé un scientifique pour gérer le programme. À titre de directeur d’un important laboratoire à l’Université de Californie à Berkeley, Chu a financé de nombreuses recherches sur les biocarburants et l’énergie solaire. Les attentes quant à son travail sont énormes : les États-Unis devront bientôt devenir des leaders en matière d’énergies propres, sous peine de voir leur influence dans le monde s’éroder.

Photo: Jose Luis Magana / PC / AP

LES SAUVETEURS DE L’ÉCONOMIE –>

LES SAUVETEURS DE L’ÉCONOMIE

Timothy Geithner, secrétaire au Trésor

Traits distinctifs : 47 ans, parle le mandarin et le japonais, de New York.

Rôle : Ministre des Finances. Il devra gérer le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars et tout faire pour remettre l’économie sur pied.

Obama l’a nommé en raison de son expérience. Président de la Réserve fédérale de New York, Geithner a pris part à toutes les décisions cruciales des derniers mois (plan de 700 milliards, sauvetage de Bear Stearns et d’AIG, refus de renflouer Lehman Brothers). Dans l’administration Clinton, où il était fonctionnaire, Geithner s’est fait la main en gérant une série de crises financières régionales. Avec d’autres experts, il a concocté des plans d’aide pour le Mexique, l’Indonésie, la Corée du Sud, le Brésil et la Thaïlande.

Photo: Charles Dharapak / PC / AP


Paul Volcker, conseiller économique en chef à la Maison-Blanche

Traits distinctifs : 81 ans, ancien banquier central des États-Unis, de New York.

Rôle : Diriger un comité-conseil formé de leaders de différentes industries et chargé de trouver des solutions à la crise économique.

Volcker a fait ses preuves. À titre de président de la Réserve fédérale américaine, de 1979 à 1987, ce géant de 6 pi 7 po (2 m) a extirpé les États-Unis du marécage de la stagflation en poussant les taux d’intérêt au-delà de 10 %. Un remède de cheval : efficace — l’inflation est passée d’un insoutenable taux de 13,5 % en 1980 à 3,2 % trois ans plus tard —, mais douloureux — le pays a été plongé dans une récession. Volcker pourrait pousser le président à prendre d’autres décisions du genre, c’est-à-dire à amputer un membre pour sauver le reste du corps.

Photo: Mark Lennihan / PC / AP

CELLE QUI TEND LA MAIN ET CELUI QUI TIENT LE FUSIL –>

CELLE QUI TEND LA MAIN ET CELUI QUI TIENT LE FUSIL

Hillary Clinton, secrétaire d’État

Traits distinctifs : 61 ans, grande rivale d’Obama pour la candidature à la présidence, ex-sénatrice de l’État de New York, pro-Israël.

Rôle : Chef de la diplomatie. Elle conseillera le président sur les affaires étrangères et négociera, en son nom, avec les chefs d’État étrangers.

Obama l’a-t-il attirée dans son entourage pour éviter qu’elle ne prépare un retour en force à la campagne électorale de 2012 ? Quoi qu’il en soit, difficile de mettre en doute ses compétences pour ce poste. En tant que première dame des États-Unis, de 1993 à 2001, elle a visité plus de 80 pays et rencontré nombre de chefs d’État. La grande question : fera-t-elle partie du cercle rapproché d’Obama ? Si ce n’est pas le cas, sa crédibilité dans les négociations avec les leaders étrangers en souffrira — parlez-en à Colin Powell, progressivement mis à l’écart avant l’invasion de l’Irak.

Photo: Gerald Herbert / PC / AP


Robert Gates, secrétaire à la Défense

Traits distinctifs : 65 ans, en poste depuis 2006 (il a succédé à Donald Rumsfeld).

Rôle : Grand patron du Pentagone. Il conseillera le président (qui est également commandant en chef des forces armées) sur les questions militaires.

Deux gros dossiers chers à Obama monopolisent déjà son attention : le retrait des troupes de l’Irak et la guerre en Afghanistan. Nommé par Bush, Gates a été reconduit à son poste, un fait rare. Ayant servi sous huit présidents comme haut gradé de la CIA et du Pentagone, l’homme a le respect des démocrates du Congrès comme des républicains. Il vient d’annoncer l’envoi de 20 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, ce qui portera le nombre total d’Américains à 58 000. Gates s’est plaint que les alliés de l’OTAN — dont le Canada, qui a 2 500 soldats sur place — ne contribuaient pas assez à l’effort de guerre.

Photo: Scott Olson / PC / AP

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