Les oubliés de la Birmanie

Afin d’y encourager la transition démocratique et d’y contrer l’influence grandissante de la Chine, Barack Obama s’est rendu en Birmanie le 19 novembre, dans le cadre du premier voyage officiel de son second mandat. Il est descendu dans un pays longtemps marqué par la dictature, où les violences ethniques menacent les fragiles avancées vers la démocratie.

Photo : Khin Maung Win/AP/PC

Conflits ethniques

La minorité musulmane des Rohingyas, « l’un des peuples les plus persécutés au monde », selon l’ONU, est la cible de la majorité bouddhiste, qui les considère comme des immigrants illégaux venus du Bangladesh voisin. Environ 90 personnes ont été tuées et 110 000 autres déplacées à la fin d’octobre dans l’État côtier d’Arakan. Les violences avaient d’abord explosé en juin, faisant autant de morts et de déplacés.

Peuple errant

Même si les 800 000 Rohingyas habitent cette région depuis des générations, la citoyenneté leur est toujours refusée par le gouvernement birman, qui ne les reconnaît pas comme l’un des 135 groupes ethniques du pays. La propriété foncière leur est interdite. Beaucoup vivent dans des camps de réfugiés. Ils ne sont pas les bienvenus non plus au Bangladesh, qui tente de les bloquer à la frontière. Plus de 200 000 Rohingyas y sont néanmoins réfugiés.