Les tribulations d’une vache kényane

Mieux vaut être riche et en bonne santé. Surtout quand on est une vache au Kenya.

Photo : Khalil Senosi / AP / PC

La sécheresse inouïe qui touche ce pays depuis le début de l’année a anéanti les pâturages. Des éleveurs rivalisent d’originalité pour permettre au bétail de survivre. Les plus fortunés louent des terrains dans les parcs nationaux afin d’y faire paître leurs vaches, bien que cela soit illégal… L’un d’eux a même embarqué ses bêtes sur un bateau à destination de l’île de Zanzibar, dans l’océan Indien, où l’herbe est plus verte que sur le continent.

Mais pour les petits éleveurs, la situation est catastrophique. Nombre d’entre eux ont quitté le Kenya à destination de deux pays voisins, l’Éthiopie et la Somalie, avec des dizaines de milliers de têtes de bétail. Les plus désespérés font gravir le mont Kenya (5 200 m) aux bovidés et à leur famille, dans l’espoir de trouver des pâturages encore verdoyants. Comme il y fait plus froid, ses coteaux sont moins touchés par la sécheresse. Sauf que les vaches, comme les enfants mal habillés, font des pneumonies, selon la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation).

Une ONG kényane, Rehabilitation of Arid Environment, a proposé une solution inusitée. Elle a trouvé une façon d’inciter les vaches à brouter les… cac­tus ! D’après cette ONG, qui a bénéficié du soutien du Centre de recherches pour le développement international (société d’État canadienne), il suffit de brûler leurs épines. La vraie difficulté consiste à amener une première vache à manger du cactus. Lorsque le troupeau constate que ce plat est comestible, il passe à table.

 

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