L’improbable coalition britannique

En Grande-Bretagne, l’heure est à l’austérité économique. La coalition de la gauche et de la droite qui dirige le pays depuis les élections de mai dernier s’est lancée dans une transformation radicale du rôle de l’État. Première directive du premier ministre conservateur, David Cameron, et du vice-premier ministre libéral-démocrate, Nick Clegg : les ministères devront réduire leurs dépenses de 25 % d’ici cinq ans !

L’improbable coalition britannique
Photo : Lefteris Pitarakis/AP/PC

PRESQUE TOUT LE MONDE ÉCOPE…

Les mesures détaillées qui mèneront à ces réductions budgétaires seront annoncées en octobre. Par contre, on sait déjà que ce gouvernement de coali­tion – le premier en 70 ans – n’épargnera aucun ministère, sauf celui de la Santé. L’armée pourrait notamment devoir se déles­ter de quelques milliers de soldats ainsi que de chars d’assaut et autres camions blindés. Objectif : éradiquer le déficit monstre, qui équivaut à 11 % du PIB.

CHÉRIE, J’AI RÉDUIT L’ÉTAT

Au départ, peu d’idées unissaient les deux collaborateurs, qui ont mis fin à 13 ans de règne travailliste. Ils s’entendent toutefois pour réduire la taille de l’État, en confiant un maximum de responsabilités aux citoyens. Ils souhaitent entre autres donner plus d’autonomie aux écoles et mettre sur pied un programme national de bénévolat destiné aux jeunes de 16 ans, qui les encouragerait par exemple à offrir six semaines de travail à des œuvres de charité.

L’OPPOSITION S’ENTREDÉCHIRE

Pour l’instant, Cameron et Clegg peuvent procéder à des réformes en toute quiétude. L’opposition travailliste, en lambeaux après le règne impopulaire de Gor­don Brown (2007-2010), est en proie à des guerres intestines. La course au leadership a provoqué un véritable duel fratricide entre les frères Ed et David Miliband.