L’Inde sort de l’ombre

Enfants défigurés qui mendient, bidonvilles surpeuplés, chaleur suffocante, odeur persistante d’égouts, vaches sacrées qui mangent dans les ordures sur le trottoir… Six ans après un premier séjour là-bas, me voici de nouveau en Inde. Et c’est le même vertige.

L’Inde sort de l'ombre
Bombay (photo : iStock)

Aux côtés de la misère, la richesse est ostentatoire. Presque insolente. Dans une ville comme Bangalore, elle pousse par lots. Des coquettes maisons aux toits d’ardoises jusqu’aux concessionnaires BMW et Mercedes-Benz, des tours d’habitation grand luxe jusqu’aux cafés-terrasses où le salaire quotidien d’un ouvrier ne suffit pas à payer un cappuccino.

À l’origine de cette opulence : une croissance éco­nomique redoutable, une main-d’œuvre bon marché et la présence de multinationales, qui font pleuvoir les emplois avec l’ardeur d’un orage de mousson.

General Electric, Bosch, Yahoo!, Dell, CGI, Intel, CAE, Ericsson, Siemens… Dans la « Garden City », comme on surnomme Bangalore, elles sont plus de 120 à profiter du savoir-faire indien. D’autres villes ont aussi leur place parmi les privilégiées qui accueillent les grandes sociétés étrangères : les mégapoles de Bombay et de Delhi, bien sûr, mais aussi Hyderabad, Noida, Pune, Madras et même Calcutta, mieux connue pour le travail de mère Teresa auprès des lépreux que pour ses centres d’excellence en génie.

Les richissimes hommes d’affaires indiens changent aussi la donne. Ils sont passés en mode acquisition. Leur marché ? La planète ! Voraces, ils ont mis la main sur des géants miniers, des sociétés biopharmaceutiques, des constructeurs automo­biles, des chaînes hôtelières, des centres d’appels… « Le 21e siècle sera le siècle de l’Inde », lance Mario Ste-Marie, délégué commercial principal du Canada en Inde. À voir le dyna­misme des Indiens, il pourrait bien avoir raison.

 

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