L’influence des États-Unis sur la culture en Islande

 

Les Islandais mangent de moins en moins de morue et de mouton. De plus en plus de pizza — mais de la pizza pepperoni-banane-piment chili ou quatre fromages accompagnée d’un ramequin de confiture de framboises ! — et de bouffe-minute. Leur tour de taille, d’ailleurs, commence à s’en ressentir… Ils affectionnent les grosses bagnoles et consomment avec enthousiasme la mode, la littérature et la musique made in USA. « Nous sommes en voie de devenir le premier État américain d’Europe », soupire le romancier Thórarinn Eldjárn.

Au début des années 1940, en pleine Deuxième Guerre mondiale, le Danemark, qui régnait encore officiellement sur l’Islande, a été occupé par les Allemands. Craignant de voir l’île, stratégiquement située dans l’Atlantique Nord, tomber aux mains des nazis, les Britanniques y ont débarqué pour la protéger. Ils ont été rapidement remplacés par les Américains… qui sont restés. En 1951, la base « temporaire » de Keflavík, à une soixantaine de kilomètres de Reykjavík, abritait plus de 50 000 soldats américains ! Une invasion culturelle majeure pour un pays qui, à l’époque, comptait à peine 150 000 habitants. Les boys ont amené avec eux leur langue, leurs émissions de télé, leur culture. Et leur fric, qui a finalement eu raison de la réticence des insulaires. Quelques années ont suffi pour que les Islandais se rendent compte que la présence militaire américaine leur avait permis d’augmenter de plus de 10 % leurs exportations. Les répercussions sur l’économie du pays ont été considérables.

Aujourd’hui, les soldats ont plié bagage. En oubliant toutefois de remballer leur culture. Dans les restaurants, les boutiques, mais aussi à la piscine et au dépanneur du village, tout le monde, absolument tout le monde, comprend l’anglais. Et le parle avec une remarquable fluidité.

Quand les enfants prennent leur premier cours d’anglais, à 10 ans, ils le parlent déjà. Ils l’ont appris grâce à Lost (Perdus) ou à Oprah Winfrey : la télé islandaise est essentiellement américaine. Pas même doublée, seulement sous-titrée. Ce qui, affirment les spécialistes, est la meilleure façon d’apprendre une langue étrangère !

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