Pakistan : l’Occident aux aguets

La fragile démocratie pakistanaise vit une transition historique. À la mi-mars, le gouvernement civil est parvenu à terminer son mandat sans être délogé par l’armée. Une première. Mais la campagne en vue des législatives du 11 mai se déroule sous très haute tension : les violences entre sunnites et chiites, les deux principaux courants de l’islam, atteignent un sommet. L’Occident s’inquiète.

Photo : Rizwan Tabassum/AFP/Getty Images
Photo : Rizwan Tabassum/AFP/Getty Images

Violences records

Depuis le début de l’année, plus de 200 chiites ont perdu la vie dans trois attentats. Près de 400 d’entre eux
ont été tués en 2012, un record pour cette puissance nucléaire de 182 millions d’habitants coincée entre l’Afghanistan et l’Inde. La plupart des récents attentats ont été perpétrés par le Lashkar-e-Jhangvi, allié des talibans, qui lutte pour expulser les chiites du pays.

Les États-Unis pas rassurés

De loin les principaux fournisseurs d’aide économique au Pakistan — 4,5 milliards de dollars en 2010, un record —, les États-Unis appréhendent la catastrophe : que le pays se désintègre sous les violences et que les talibans mettent la main sur l’arme nucléaire. À la veille du retrait des troupes étrangères d’Afghanistan, en 2014, Washington s’inquiète aussi des actes terroristes qui y sont commis par des Pakistanais pour déstabiliser le pays.

Imran Khan, l’idole d’un peuple à la rescousse

Photo : Mohsin Raza/Reuters
Photo : Mohsin Raza/Reuters

Le parti dirigé par la star du cricket Imran Khan, véritable Guy Lafleur du Pakistan, pourrait causer la surprise en grugeant de précieux votes à deux des vieux partis qui ont régné sur le pays depuis sa création, en 1947. Khan est populaire pour ses critiques de la corruption des élus et sa condamnation des attaques de drones menées par les Américains en sol pakistanais. Sa volonté de négocier une entente avec des groupes terroristes lui a toutefois valu le surnom de « Taliban Khan ». L’ex-président Pervez Musharraf, en exil à Dubaï depuis 2009, tentera aussi de prendre le pouvoir. Son retour au Pakistan, fin mars, a suscité la colère des talibans, qui ont juré de l’assassiner.

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