Londres sur deux roues

Même si le vélo gagne en popularité à Londres, circuler à deux roues dans les rues étroites de la capitale britannique n’est pas a piece of cake, comme l’a expérimenté notre collaborateur.

Londres sur deux roues
Photo: Vincent Fortier

Je chevauche mon Barclays bike, le Bixi londonien, en m’imaginant que je monterai un jour sur un podium olympique, comme le cycliste britannique Bradley Wiggins, septuple médaillé olympique et récent vainqueur du Tour de France

Au même moment, un autobus rouge à deux étages me frôle et me ramène rapidement à la réalité. Même si le vélo gagne en popularité à Londres, circuler à deux roues dans les rues étroites de la capitale n’est pas a piece of cake !

Chaque matin, David Leonard prend sa bicyclette pour se rendre au travail. Un parcours de 25 minutes – plus rapide que le Tube, le métro londonien, où il faut changer de lignes plusieurs fois – qui le mène de l’Est de Londres au centre de la ville. « Mon employeur fournit un stationnement à vélo sécuritaire et des douches », dit-il. Il remarque d’ailleurs que les cyclistes sont de plus en plus nombreux sur les routes de sa ville.

« En 2005, après l’attentat terroriste dans le métro [qui a fait 52 morts], beaucoup de Londoniens ont fait le saut, explique M. Leonard, directeur de rédaction pour un site web. Aujourd’hui, la bicyclette est presque devenue un accessoire de mode avant un moyen de transport ! »

Au cours des dernières années, la Ville a fait plusieurs efforts pour améliorer son réseau cyclable, plutôt déficient. De nombreuses pistes ont été ajoutées, dont les super highways : des bandes bleues peinturées sur quelques rues, plus larges que les pistes traditionnelles et sur lesquelles les cyclistes peuvent rouler en retrait des véhicules motorisés.

Le service de vélo en libre-service, identique au Bixi, est également fort populaire. Depuis son implantation, en juillet 2010, 15 millions de déplacements ont été effectués sur les Barclays bikes, que les Londoniens ont surnommé Boris bikes en l’honneur du maire Boris Johnson, à l’origine du projet. On compte aujourd’hui 8 000 vélos – tous fabriqués au Québec – et 570 stations. À Montréal, la flotte de Bixi compte 5 120 vélos.

Matthew Chalmers utilise son vélo tous les jours. S’il applaudit ces investissements publics, il souligne que le maire Johnson, l’ami des cyclistes, a encore fort à faire. « La culture du vélo n’est pas encore très ancrée dans les mœurs, dit-il. Il faut ajouter des super highways, sécuriser plusieurs intersections et retirer les véhicules lourds de certaines routes ».

Selon la London Cycling Campain, un organisme qui milite pour de meilleures infrastructures cyclistes à Londres, de nombreux citadins hésitent encore à manier le guidon à cause du caractère dangereux des routes.

Pendant les Jeux olympiques, le comité organisateur a demandé aux Londoniens de laisser la voiture à la maison et de favoriser les transports alternatifs, incluant le vélo. Mais l’initiative a été assombrie dès la première semaine des compétitions, alors qu’un cycliste de 30 ans est mort après avoir été happé par un autobus officiel de Londres 2012, non loin du Parc olympique.

Certains se demandent d’ailleurs si les cyclistes devraient emprunter la route olympique sur laquelle circulent de nombreux autobus à deux étages transportant bénévoles et journalistes. C’est une question que soulève Andrew Holland, un amateur de vélo qui enfourche sa bécane au moins quatre fois par semaine. « J’ai été renversé deux fois depuis le début de la saison, raconte le jeune homme de 30 ans. C’est un art de faire du vélo ici. Les cyclistes – surtout les novices – et les automobilistes doivent en être conscients. »

 

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