Madame la présidente ?

Même si les sondages sont encourageants, le chemin de Hillary Clinton vers la Maison-Blanche est encore semé d’embûches.

Hillary Clinton admet qu'elle n'est pas une politicienne «naturelle». Mais le côté débraillé et échevelé d'un Bernie Sanders aurait été, chez une femme, l'objet de moqueries et de railleries. (Photo: AP/Frank Franklin II/La Presse Canadienne)
Hillary Clinton admet qu’elle n’est pas une politicienne «naturelle». Mais le côté débraillé et échevelé d’un Bernie Sanders aurait été, chez une femme, l’objet de moqueries et de railleries. (Photo: AP/Frank Franklin II/La Presse Canadienne)

Si Donald Trump affronte Hillary Clinton lors de la présidentielle, non seulement elle sera élue, mais la présidente aura plus de marge de manœuvre politique que Barack Obama n’en a jamais eu pendant huit ans à la Maison-Blanche, estiment des sondeurs. Étonnante prédiction que celle-ci.

Comment la plus pragmatique des pragmatiques, trop centriste pour les jeunes de son parti (nombreux à lui préférer le socialiste Bernie Sanders), perçue comme trop peu charismatique et mauvaise oratrice même par ses troupes, réussirait-elle cela ?

Selon des analystes, des républicains modérés se pinceront le nez et voteront démocrate si Trump est le candidat de leur parti. Ils le jugent trop impétueux, trop imprévisible, trop dangereux pour la fonction. Les conséquences de leur désamour dépasseront la Maison-Blanche. Les républicains perdront non seulement leur majorité au Sénat, mais aussi celle, de 30 sièges, qu’ils ont au Congrès. Car les électeurs puniront également les candidats républicains de ces institutions.

Alors que le président Obama a constamment vu ses projets stoppés par un Congrès dominé par les républicains, Hillary Clinton aurait les mains libres. Curieux rebond de l’histoire.


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Une élection américaine à surveiller


Secrétaire d’État sous Obama pendant quatre ans, sénatrice de l’État de New York pendant deux mandats, première dame du pays pendant huit ans, centriste déterminée, Hillary Clinton, 68 ans, pourrait bien être la valeur la plus sûre dans un monde secoué par des turbulences économiques, migratoires, climatiques.

De tous les candidats, Hillary Clinton est la personne qui maîtrise le mieux les dossiers. Elle travaille au cœur des instances politiques de son pays depuis quatre décennies. Pendant ce temps, Donald Trump, 69 ans, faisait fortune — et parfois faillite — dans les casinos, les téléréalités, les hôtels. Reste à voir si Trump pourra, une fois candidat, changer de ton et se donner une image «présidentiable», comme il semble vouloir le faire depuis la fin avril — sans grand succès.

Du côté démocrate, Hillary Clinton ne semble susciter l’enthousiasme que chez les Blancs âgés et les hispanophones. Même les femmes de moins de 35 ans préfèrent le septuagénaire Sanders à la possibilité, pourtant histo­ri­que, d’élire la première femme pré­sidente.

Clinton n’a pas les envolées lyriques d’un Obama promettant «un monde meilleur». Ses troupes lui reprochent par ailleurs d’être une «destructrice d’emplois aux États-Unis», car elle soutient les accords de libre-échange. (Une bonne raison pour les Canadiens de l’aimer, ces accords ayant été bons pour leur économie !)

La question de savoir si elle a mis en danger des secrets d’État en utilisant un serveur privé pour échanger des courriels, alors qu’elle était secré­taire d’État, plombe toujours sa candidature, même si d’autres l’ont fait avant elle. Plus largement, les élec­teurs lui reprochent sa proximité avec l’«establishment».

Au cours de sa longue carrière, Hillary Clinton a régulièrement dû composer avec cet establishment pour atteindre ses objectifs politiques. Ses défenseurs estiment que c’est une force. Mais les donations de pays étrangers à la fondation Clinton et le fait que la secrétaire d’État aurait rendu des décisions favorables à ces pays continuent de han­ter sa campagne.

Donald Trump est applaudi quand il dit que «si Clinton n’était pas une femme, personne ne voterait pour elle», faisant fi de ses 40 années de service en politique. Décidément, le chemin de Mme Clinton vers la Maison-Blanche est encore semé d’embûches.

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Il est peu probable selon moi que l’élection de madame Clinton — si elle devait avoir lieu — qu’elle ressemble à un couronnement. Ce n’est pas dans la tradition nord-américaine (exception faite de George Washington). En démocratie, est-ce bien nécessaire ?

Comme vous l’avez fort bien dit, madame Clinton occupe le centre. Lorsqu’elle pourrait effectivement bénéficier du soutien du Congrès, ce qui serait finalement bénéfique à l’action gouvernementale. C’est pour cette raison que ce n’est pas seule l’élection présidentielle qui est à surveiller.

D’autre part, comme plus de la moitié des obligations des chefs d’États sont d’ordre diplomatique, c’est en particulier une réalité des États-Unis ; il me semble que madame Clinton est somme toute sensiblement, un peu plus expérimentée que son futur adversaire en ce domaine ; lequel n’apparait pas jusqu’à présent un expert en l’art et l’usage, pour manier dans la nuance les subtilités du langage.

Plaire à certaines franges de l’électorat est sans doute excellent. Quand dans la cour des grands, face aux dignitaires du monde, trop de facilité langagière peut mettre à mal l’image d’une Amérique qui gagne encore et qui se réinvente en même temps. Sans compter que la puissance financière des USA a besoin d’une ambiance feutrée pour pouvoir continuer d’opérer, tout en évitant le tumulte et les remous inutiles. Personne au fond n’a vraiment envie d’un « krach » boursier en 2016 ou 2017, à un moment où les recettes économiques conventionnelles ne suffisent plus pour relancer un peu partout l’emploi et l’investissement.

Il est vrai qu’au fil du temps, on finit par s’habituer à cette rhétorique « trumpéenne », que par certains aspects, peut paraître plutôt humaine voire encore attachante. Pourtant… que fera Donald Trump en campagne sans le soutien des riffs de guitare endiablés de Keith Richard pour dynamiser son aura lors de ses apparitions publiques ? Puisque les Rolling Stones ne veulent plus que leur musique soit associée au candidat.

Si bien que je conjecture que finalement, c’est le show-biz qui devrait avoir le dernier mot, décidément : « The devil has no sympathy ! »

Prédiction: elle va être élue présidente et bien sûr les républicains d’ extrême droite vont essayer de lui faire un procès sur les communications d’ e-mail provenant de son ordi personnel pour entacher sa victoire !!! Mais que font les républicains pendant ce temps-là ? Ils ne sont même pas capables de s ‘ entendre entre eux et travailler ensemble pour le bienfait de leur population !!! Quand tu as comme candidat à la présidence des USA un Donald Trump qui a réussi sans grande difficulté à battre ses adversaires ; c’ est que probablement il y avait une faiblesse flagrante au niveau du leadership des candidats républicains !!!

Les magouilles de Clinton remontent aux années ’70,alors qu’elle était une avocate véreuse. Le scandale des emails non-protégés est simplement le dernier en lice.