Manifs : islamistes sous haute surveillance

Les islamo-conservateurs portés au pouvoir en 2012 à la faveur des printemps arabes goûtent à leur tour à des rébellions de la rue, des millions de protestataires rejetant leur autoritarisme à caractère religieux et continuant la lutte pour une véritable démocratie arabe. Points chauds.

Photo : AP / Hassan Ammar / La Presse Canadienne
Photo : AP / Hassan Ammar / La Presse Canadienne

ÉGYPTE

Une pétition signée par 22 millions de personnes, initiative du mouvement jeunesse Tamarod (Rébellion), convainc l’armée qu’elle peut renverser le président islamo-conservateur Morsi, issu des Frères musulmans. L’armée reprend point par point les instructions rédigées par Tamarod. Le nouveau gouvernement proposera une Constitution révisée à l’occasion d’un référendum cet automne. Élections prévues en février 2014.

TUNISIE

L’assassinat du militant laïque Chokri Belaïd, en février, déclenche des manifestations qui vont jusqu’à la grève générale. Belaïd dénonçait les violations de liberté commises par le gouvernement du parti islamiste Ennahdha, élu en 2011, après la chute du dictateur Ben Ali. La rue reproche à Ennahdha sa répression violente des manifestants tout autant que le chômage et l’inflation, qui plombent l’économie du pays.

TURQUIE

Les violences policières contre des écologistes pacifiques qui protégeaient un parc du centre-ville d’Istanbul du pic des promoteurs immobiliers électrisent des foules d’opposants dans 78 des 81 provinces du pays. Au pouvoir depuis 10 ans, l’islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan — qui a assuré le succès économique du pays — est traité de dictateur. Sa volonté de limiter la consommation d’alcool suscite l’ire dans tout le pays.