Mettre les Africains aux commandes de leur avenir

Il fait entrer les nouvelles technologies au Gabon, au Bénin et au Sénégal.


 

Pour briser le cycle pernicieux de l’ignorance, Tony Simard a accompli quelque chose d’impensable dans le domaine de la coopération internationale: former des Africains illettrés à l’utilisation de la radio, de la télévision et d’Internet. « Tout mon engagement en Afrique vise à rétablir un accès égalitaire au savoir entre les pays du Nord et du Sud, dit-il. Si les peuples n’ont pas accès à l’éducation, ils ne pourront pas disposer d’eux-mêmes. »

Cet homme de 52 ans a passé le plus clair de sa vie adulte sur ce continent, qui lui a donné une femme, deux beaux enfants et une raison d’exister. Au Gabon, où il a vécu 18 ans, Tony Simard a mis sur pied le premier centre multimédia du pays. Le tout a commencé de façon banale, en 1998, lorsqu’il a obtenu une connexion Internet à son bureau de Libreville, où il était conseiller technique principal de l’Unesco. « Il y avait tellement de gens qui venaient à mon bureau et qui voulaient une adresse de courriel que j’ai dû créer un cybercafé », dit-il. Tony Simard a aussi lancé la première radio éducative destinée aux jeunes dans ce pays de 1,2 million d’habitants. Enfin, sous l’égide de l’Unesco, il a créé Alphatique, premier logiciel d’alphabétisation multimédia en Afrique.

Installé au Bénin de 2001 à 2004, il a poussé le concept encore plus loin en fondant le Centre multimédia des jeunes et adolescents, à Cotonou. Plus de 300 Béninois y ont fait l’apprentissage de la radio, de la télévision et d’Internet. « La vitesse avec laquelle les jeunes assimilent les nouvelles technologies est incroyable. J’en ai vu apprendre le cadrage, l’infographie, l’animation radio et télé en moins d’un an! »

De retour au Québec depuis deux ans, Tony Simard prépare sa nouvelle offensive en Afrique… à distance. Avec deux collègues, il a fondé e-ducaterre, entreprise multinationale qui fonctionne par franchisage. De son bureau de Montréal, Tony Simard conseille les collectivités locales et les ONG du Gabon, du Bénin et du Sénégal dans l’élaboration de projets d’éducation populaire à réaliser au moyen des nouvelles technologies.

Mais pas question de faire le travail à la place des Africains! Ils seront encouragés à « devenir leurs propres patrons ». Ce sont eux qui appliqueront les programmes mis en place en partenariat avec l’équipe d’e-ducaterre, grâce à des échanges constants par Internet. Les Africains « veulent le développement, et ils le veulent maintenant », dit Tony Simard. Son rôle consiste à les mettre aux commandes de leur avenir.

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