Pas d’Obamanie en Russie

 

Aux dernières élections américaines, les Russes ont moins célébré la victoire de Barack Obama… que la défaite de John McCain. Celui-ci, qui avait suggéré qu’on expulse la Russie du G8 après l’invasion de la Géorgie, en août, n’avait pas la cote. Alors que les chefs d’État de la planète saluaient le nouveau président, le Russe Dmitri Medvedev lui réservait un accueil glacial. Il a annoncé le déploiement de missiles à courte portée près de la frontière polonaise pour contrer le projet américain de bouclier antimissile dans la région. Si sa population était tout acquise à Obama, il ne se serait pas permis une telle bravade.

Le président des États-Unis aura besoin de la Russie dans les mois à venir, et celle-ci ne lui fera pas de cadeau. Seul Moscou, qui fournit à l’Iran matériel et aide technique pour son programme nucléaire, peut dissuader ce pays de mettre au point la bombe. Et l’OTAN aimerait approvisionner ses troupes en Afghanistan en passant par la Russie, les routes pakistanaises étant de moins en moins sûres. Vladimir Poutine, qui reste le véritable maître du pays, a beau jeu.
Bien que l’élection d’Obama ait fait rêver la jeunesse branchée de Moscou et de Saint-Pétersbourg, la dure réalité a vite repris le dessus. En décembre, Stanley Robinson, étudiant afro-américain participant à un échange linguistique à Volgograd, a été attaqué au couteau, à la sortie d’un gymnase, par de jeunes néonazis.