Pourquoi l’EI est plus dangereux que jamais

L’internationalisation du djihad semble être désormais une stratégie clé de l’EI. Cette méthode est plus typique du terrorisme «traditionnel»: cibler l’ennemi à l’étranger pour le terroriser et susciter une réaction disproportionnée.

Photo: Geoffroy Van der Hasselt/Anadolu Agency/Getty Images
Photo: Geoffroy Van der Hasselt/Anadolu Agency/Getty Images

La France participe activement à la campagne de bombardement contre l’État islamique (EI) en Irak et en Syrie. Ébranlé depuis quelques mois, le groupe armé a modifié sa stratégie pour se concentrer sur des cibles à l’étranger.

La mainmise de l’EI sur son territoire est menacée. L’été dernier, plusieurs avancées ont considérablement affaibli le groupe militant. La progression des troupes kurdes dans le nord de la Syrie a sérieusement restreint son accès au monde extérieur. Plus récemment, les Kurdes d’Irak ont repris la ville de Sinjar, dans le Nord-Ouest irakien, siège de la minorité religieuse yézidie, systématiquement massacrée et asservie aux mains de l’EI. Pendant ce temps, une autre force d’opposition avance dans le Nord-Est syrien, et serait sur le point de reprendre Palmyre.

Ces victoires mettent l’EI sur la défensive, coupant ainsi ses voies d’approvisionnement et réduisant sa capacité de regarnir ses rangs avec de nouvelles recrues. En ligne de mire de la coalition anti-EI, les prochaines cibles sont Ramadi, tombée en mai dernier, et, plus importantes encore, Mossoul et Racca, les deux principales villes dominées par le groupe. Leur libération signifierait la fin du califat autoproclamé.

Les attaques de Paris s’inscrivent dans une tendance. Le 31 octobre, l’EI a revendiqué d’avoir abattu un avion égyptien rempli de touristes russes au retour d’un séjour à la station balnéaire de Charm el-Cheikh. Les enquêteurs croient désormais que les 224 personnes à bord ont été victimes d’une bombe. Le 12 novembre, deux kamikazes, qui auraient été envoyés par l’EI, auraient tué 43 personnes à Beyrouth. En Turquie, deux attaques revendiquées par le groupe au cours des dernières semaines ont fait des dizaines de morts. Dans les deux cas, il s’agissait d’attentats-suicides.

L’internationalisation du djihad semble être désormais une stratégie clé de l’EI. Cette méthode, similaire à celle d’al-Qaïda, est plus typique du terrorisme «traditionnel»: cibler l’ennemi à l’étranger pour le terroriser et susciter une réaction disproportionnée. Dans le cas de la France, les djihadistes ont l’histoire de leur côté. La communauté musulmane française, la plus importante d’Europe, se plaint depuis des années d’être marginalisée socialement et économiquement. En 2005, les émeutes des banlieues parisiennes, qui opposaient des Maghrébins musulmans aux forces de sécurité françaises, ont produit des dégâts semblables à ceux d’une zone de guerre. Depuis, peu de choses ont changé. Les jeunes Parisiens d’origine musulmane se plaignent toujours des préjugés bien enracinés de leurs compatriotes contre leur religion.

C’est la France qui, en Europe, a fourni le plus gros contingent de recrues étrangères à l’EI. En l’attaquant de manière aussi spectaculaire, le groupe armé espère voir le nombre de recrues augmenter, selon certains spécialistes. Une réaction des autorités françaises marquée par la peur — plus de répression contre les musulmans, par exemple, ou trop de victimes civiles à la suite d’une action excessive en Irak ou en Syrie — poussera davantage de Français dans les bras des djihadistes, préviennent-ils.

Pour l’instant, c’est la peur qui domine encore à Paris. Les habitants se terrent, tandis que le président Hollande parle de vengeance à grande échelle.

Pour l’EI, il semble que l’ennemi ait mordu à l’hameçon. Le groupe armé, en désespoir de cause, mais prêt à tout, s’en est pris violemment à la France en espérant que la réaction lui sera profitable. Et c’est la manière dont réagiront la France et la communauté internationale qui déterminera le succès du groupe armé.


La version originale de ce texte a été publiée par Maclean’s. Traduction: Jean-Benoît Nadeau.

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On ne vaincra les islamo-fascistes que par une action concertée des pays de l’ONU et cela passe par un accord avec la Russie de monsieur Poutine, de même qu’un arrangement politique avec Bachar El-Assad. Viendra ensuite le moment de confier la tâche principale à l’infanterie (boots on the ground ! ), parce que l’on ne peut pas gagner une guerre avec l’aviation seule. On ne peut quand même pas s’étourdir de beaux hymnes à la liberté, la fraternité, la solidarité en se contentant de se battre « jusqu’au dernier Kurde » ! Mais voudra-t-on participer à l’effort, alors que la venue potentielle de deux ou trois réfugiés syriens « méchants » nous font grimper aux rideaux ?

Un conflit comme celui-ci a des racines profondes et peu de gens à l’extérieur du Moyen-Orient peuvent en comprendre les ramifications. Il n’y a probablement pas de solution à court ou moyen terme, comme le conflit entre les Palestiniens et Israël – ce sont des conflits plutôt insolubles (en anglais on dit « intractable ») et qu’au mieux on peut gérer pour éviter les morts. Les frappes aériennes peuvent être utiles mais elles sont plus de la nature de la mouche du coche et mettent des bâtons dans les roues de Daesh mais n’ont aucune efficacité en matière de règlement du conflit.

La réaction de la France est très certainement celle à laquelle s’attendait Daesh et ces attaques ont réussi à semer la terreur dans un pays démocratique. La prochaine étape est de démontrer que cette démocratie n’en est pas une et peut facilement tomber dans les excès qu’eux-mêmes font. La réaction canadienne est moins en ligne avec ce qu’attendait Daesh mais il y a des courants assez forts qui visent à retarder voire empêcher l’arrivée de réfugiés syriens au pays, ce qui fait bien l’affaire des « terroristes ». C’est une réaction instinctive qui ne repose que sur les sentiments de peur d’une part et, d’autre part, de vengeance du genre oeil pour oeil, dent pour dent. La réalité c’est qu’un « terroriste » n’a aucun intérêt à passer parmi les réfugiés – c’est un processus trop long, inefficace et dangereux – ils n’ont qu’à se procurer un faux passeport, de faux papiers et s’acheter un billet d’avion, ce que Daesh a des moyens immenses pour le faire. Espérons que le gouvernement canadien va garder le cap et la tête froide et agir d’une manière responsable et non hystérique.

à: Goodale, McCallum, Sajjan

copie: Trudeau, Leslie

copie cachée: bien d’autres

L’immigration et la vieille régurgitation libéral

Eh bien, les membres «honorable»,

Il n’a pas été deux semaines et déjà les anciens libéraux de l’ère Chrétien re-surfaçage de tromperie et des signes d’incompétence.

M. Trudeau est au dessus de sa tête, fait des déclarations boiteuses et au lieu d’obtenir des conseils compétents, vous deux vétérans continuent de dire de la merde au Canadiens… le dépistage massif des réfugiés? … une fois qu’ils sont ici dans ce pays ?? Soyez honnête, une fois qu’ils sont ici, ils ne seront pas retournés. Avouons-le, aucune administration de sécurité peut être faite sur ces réfugiés, pas avant Décembre, jamais. En outre, il est très probable que si des migrants économiques non qualifiés sont reçus, ils vont principalement amplifier le problème des gangs à travers le Canada.

Pour aggraver les choses, vos vieilles habitudes ont déjà déteint sur le nouveau ministre Sijja qui dit que l’Etat islamique ne constitue pas une menace? Comment irresponsable et un affront pour les Canadiens de dire de telles choses!

M. Trudeau n’a pas eu grand-chose d’intelligent à dire sur la situation de Paris … en fait, assez vague. Pas étonnant, il a tout un dilemme soit avec le maintien de son affinité pour l’islam ou de voir la réalité et de devenir un meilleur leader que le monde occidental a besoin.

Nous avons un premier ministre qui est têtu (et naïf) à propos de l’Islam. Il doit cesser cette folie. Le Canada possède suffisamment d’experts compétents, y compris des élites musulmans pour l’informer correctement et il doit commencer à écouter. Sinon les trois d’entre vous seront les architectes de ce que Trudeau décide si ce pays devait devenir islamiste d’autant plus que les radicaux sont déjà à l’œuvre ici. Si les islamistes sont forts, c’est parce que nous sommes faibles. Il n’y a pas besoin de nourrir l’alligator en apportant plus de musulmans à cette époque. Quel véritable acte humanitaire si les chrétiens seraient priorisés avant qu’ils ne disparaissent tous aux mains des musulmans!

Qu’est-ce qui se passe avec des leaders soi-disant intelligents qui ne comprennent pas ce que les Canadiens ordinaires savent déjà?

S’il vous plaît, est-il trop tard pour que vous commencer à gouverner honorablement et d’enfin faire de fiers Canadiens?