Pourquoi n’y a-t-il pas de mosquées à Sotchi ?

La ville des Jeux olympiques d’hiver compte quelque 20 000 musulmans parmi ses habitants, mais aucune mosquée.

Photo: Yan Sizov/Kommersant Photo via Getty Images
Photo: Yan Sizov/Kommersant Photo via Getty Images

Un nouvel aéroport, 320 kilomètres de route, 55 ponts, 12 tunnels, 13 gares intermodales, 9 hôtels et 5 écoles : pas pour rien que le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié Sotchi de «plus grand chantier de construction sur la planète».

Mais comme le souligne le magazine américain Mother Jones, parmi ces travaux pharaoniques — qui ont coûté plus de 256 millions $ aux contribuables russes —, une seule installation n’a toujours pas été érigée : une mosquée. Pourtant, près de 20 000 musulmans habitent la ville hôte des JO, ce qui représente environ 5 % de la population.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. La communauté musulmane de Sotchi revendique un lieu de prières depuis 1996, en vain. Dix ans après la chute de l’Union soviétique, les fidèles pratiquaient toujours leur religion dans des sous-sols exigus.

Pourquoi ce manque d’accommodement, alors que l’islam fait partie des religions traditionnelles du territoire russe, majoritairement implanté dans le Caucase du Nord ? L’explication remonte en partie aux purges tsaristes du 19e siècle, qui ont décimé et déporté des centaines de milliers de Circassiens musulmans.

En 2009, l’ancien président russe, Dmitry Medvedev, disait soutenir le projet de construction d’une mosquée à Sotchi. Mais depuis, les discussions entre la communauté musulmane et les dirigeants de la ville ont achoppé. Pour l’heure, la seule mosquée qu’ils peuvent fréquenter est située dans le petit village de Tkhagapsh, à deux heures et demie de route.

Si les fidèles de la station balnéaire bordant la mer Noire sont laissés pour compte, les athlètes des Jeux d’hiver, eux, n’auront aucune difficulté à trouver un lieu de prière.

«Trois centres interconfessionnels représenteront cinq religions: le christianisme, le judaïsme, l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme. Nous ouvrons cinq salles de prière aménagées pour chacune des religions et deux zones dotées d’une infrastructure appropriée pour les visiteurs», a indiqué Vitali Savilov, un responsable du comité d’organisation de Sotchi 2014, lors d’une réunion du Conseil interreligieux de Russie.

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Bonsoir,
Il n’y a que 5% de musulmans, donc une infime minorité. Il faut par ailleurs tenir compte démocratiquement de l’avis de la population qui n’est pas favorable en très grande majorité à l’ouverture d’une mosquée. Par ailleurs, l’on peut remarquer qu’il n’est pas obligatoire pour les musulmans de se réunir pour prier, la prière est aussi valable si l’on prie seul chez soi. Enfin, la construction d’édifices religieux n’a pas à être mise à la charge de l’Etat, c’est-à-dire des contribuables déjà trop imposés.