Prendre l’avion avec Ebola

Quel risque y a-t-il de voir le virus Ebola se frayer un chemin jusque dans un avion à destination du Québec ou du Canada ?

a0149-000288
Photo : Getty Images

En cette ère du village global, où tout un chacun peut accéder à l’ensemble du globe en un claquement de doigts et quelques heures de vol, quel risque y a-t-il de voir Ebola se pointer le bout de la particule virale dans un avion à destination du Québec ou du Canada ?

D’abord, il faut rappeler que ce virus se transmet par contact direct avec les liquides organiques (sang, sperme, excrétions, salive…). À moins, donc, d’échanger un baiser lascif ou une seringue avec un voisin de siège infecté, les risques de propagation à bord d’un avion sont quasi nuls.

À LIRE AUSSI :
Ebola : la fièvre s’étendra-t-elle au-delà de l’Afrique ? >>

Contrairement au virus de la grippe, le virus Ebola n’est en effet pas transmissible par l’air. «Je n’aurais pas peur de m’asseoir à côté de quelqu’un qui a ce virus, dans le métro, du moment qu’il ne me vomit pas dessus», a déclaré à l’AFP le professeur Peter Piot, co-découvreur d’Ebola.

Pourquoi, dès lors, des transporteurs ont-ils suspendu leurs liaisons avec le Liberia — où l’état d’urgence a été décrété, et où les écoles sont fermées —, ainsi qu’avec la Sierra Leone ? Pour éviter que des passagers infectés sortent du pays et deviennent de nouveaux foyers d’infection ailleurs en Afrique.

À cet égard, le Canada et le Québec ont peu à craindre, puisque aucun transporteur ne les relie directement à l’Afrique de l’Ouest : seule Royal Air Maroc dessert le continent noir, entre Montréal et Casablanca, à des milliers de kilomètres des lieux d’éclosion.

Les pays touchés par le virus (Guinée, Sierra Leone et Liberia) sont cependant desservis par des transporteurs présents chez nous : Air France/KLM (via Paris/Amsterdam), British Airways (via Londres) et Brussels Airlines (via Bruxelles, en partenariat avec Air Canada).

On se doute bien, cependant, que ces compagnies prennent très au sérieux la menace Ebola. C’est le cas d’Air France, qui a mis en place des mesures en Afrique de l’Ouest : vérification des symptômes des passagers et soumission à un test de température corporelle à l’aéroport, présence de «kits de protection» et de gel hydro-alcoolique sur les vols, isolement des passagers à bord en cas d’apparition de symptômes, etc.

D’après Le Monde, «l’aggravation de l’épidémie pourrait inciter les transporteurs aériens à revoir leurs mesures d’inspection des passagers […]». Dans un communiqué, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), quant à elle, dit «envisager de réviser les dispositions relatives à l’inspection et au filtrage des passagers».

Pour l’heure, l’Organisation mondiale de la santé ne suggère pas de suspendre ou d’annuler tout voyage dans les pays touchés, rapporte CNN, pas plus que ne le fait le très pointilleux ministère canadien des Affaires étrangères.

Bref, malgré la gravité de la situation et la crainte que suscite l’éventuelle apparition d’Ebola ailleurs en Afrique, les experts sont formels : les risques que ce virus se rende en Europe sont faibles, et encore plus faibles en Amérique du Nord… (Voyez la vidéo ci-dessous)

*** Mise à jour du 1er août ***

Le ministère canadien des Affaires étrangères recommande maintenant d’éviter tout voyage non essentiel en Guinée, tout en rappelant aux voyageurs de faire preuve d’une grande prudence au Liberia et en Sierra Leone.

De son côté, l’Agence de santé publique du Canada déconseille désormais tout voyage dans l’un ou l’autre de ces trois pays.

 

Les commentaires sont fermés.

Contrairement à vous cher monsieur, je ne m’assoierais pas à côté d’un passager dans un avion qui aurait ce virus. Avez-vous oublié que la sueur est un liquide corporel, au même titre que les larmes, tiens, et que les gens sont souvent extrêment nerveux, tendus et transpirent donc plus abondamment. Il suffirait alors d’une simple poignée de mains pour attraper ce virus à moins que j’ai bien mal compris son processus de transmission. Cependant, quand on voit les photos des médecins et infirmières qui soignent les malades et qui portent des costumes semblables à ceux des astronautes, j’ai de sérieuses réserves face à votre jovialité.