Président Gravel ?

À 77 ans, le Franco-Américain Mike Gravel a un grand projet : Succéder à George W. Bush !

Mike qui ? Méconnu du grand public américain, Gravel a eu son heure de gloire en devenant le premier francophone élu au Sénat américain. Il y a siégé de 1969 à 1981. Premier candidat à se lancer dans l’actuelle course à l’investiture du Parti démocrate, il met aujourd’hui le cap sur la Maison-Blanche ! « Je suis fier de mes racines, dit-il dans un bon français teinté d’anglais. Quand je serai président, mon premier voyage officiel à l’étranger sera au Québec et je prononcerai la moitié de mon discours en français. »

Né au Massachusetts de parents québécois ayant émigré au début du siècle dernier, Mike Gravel, 77 ans, a fait une pause dans sa campagne présidentielle, à la fin de l’été, pour rendre visite à des cousins en Montérégie, en compagnie de son biographe. Il a personnellement contacté L’actualité pour offrir une entrevue avec lui. « On ne sait jamais, votre article pourrait rebondir dans la campagne aux États-Unis », dit-il, attablé à la terrasse vitrée d’un hôtel sans charme de Saint-Hyacinthe, en bordure de l’autoroute 20. Grand, énergique, le visage illuminé d’un sourire éclatant qui laisse entrevoir des dents aussi blanches que ses cheveux, Mike Gravel jure de faire mentir les résultats des plus récents sondages, qui lui accordent peu d’appuis au sein de la population. Malgré ses moyens financiers limités, il participe à tous les débats organisés par le Parti démocrate et jouit du même temps de parole que les favoris de la course à l’investiture. Il profite de ces tribunes pour multiplier les formules-chocs sur la guerre en Irak (« Le pétrole est l’unique raison de notre présence là-bas »), le mariage gai (« J’y suis favorable, on a besoin de plus d’amour dans le monde ») et ses concurrents démocrates. Hillary Clinton et Barack Obama ? « Des enfants qui ne connaissent rien et veulent perpétuer l’impérialisme des États-Unis », dit ce grand-père de quatre petits-enfants.

Certaines de ses envolées oratoires ont été vues des centaines de milliers de fois dans YouTube. Il considère d’ailleurs Internet comme sa meilleure arme — il recueille de 1 000 à 2 000 dollars par jour de contributions politiques par l’intermédiaire de son site Web (www.gravel08.us). Chouchou d’une partie de la gauche américaine, encensé par l’ancien candidat à la présidence Ralph Nader, Mike Gravel a joué un rôle important, en 1971, dans l’affaire des « papiers du Pentagone » — des documents secrets liés au rôle des États-Unis au Viêt Nam —, alors qu’il était sénateur.

Souvent qualifié de loose cannon (électron libre, personnage imprévisible) par les médias, il attribue son caractère fougueux à ses origines québécoises ! « Je suis un homme passionné, très latin. Je n’ai pas peur de m’enflammer et j’admets que ça ne fait pas très yankee. » S’il trouve les premiers ministres du Québec et du Canada « trop à droite » à son goût, il réserve ses plus féroces critiques aux dirigeants actuels des États-Unis. « Le niveau de stupidité dans ce pays n’a pas de limite. On dépense davantage en armement que dans notre système d’éducation. C’est une vraie folie ! Je veux changer ça. » Mike Gravel promet à ses partisans un automne rempli de surprises. « Je ne suis pas fou, je peux gagner, vous devez avoir la foi. »

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