Quelle mouche a piqué l’Afrique?

Et si la mouche tsé-tsé était en partie la cause du sous-développement de l’Afrique subsaharienne ? C’est ce qu’avance une chercheuse.

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Photo : M. Dohrn/Science Photo Library

Et si la mouche tsé-tsé était en partie la cause du sous-développement de l’Afrique subsaharienne ? C’est ce qu’avance Marcella Alsan, de l’Université Stanford, en Californie.

Selon elle, l’insecte vecteur de la maladie du sommeil a nui à cette région du monde en décimant le bétail utilisé pour labourer les champs. Du coup, l’agriculture est devenue plus ardue à pratiquer, les fermiers étant privés à la fois de « machinerie animale » et de fumier pour engraisser leurs terres.

Afin de survivre et de se partager les ressources disponibles, ils ont dû se disséminer, ce qui a rendu nombre de pays moins densément peuplés, donc plus difficiles à gouverner et à développer.

Cette théorie doit être tempérée, estiment ses détracteurs. « L’auteure souligne la “densité historiquement basse de la population africaine”, mais elle ne tient pas compte de la saignée démographique qu’a représentée, pendant 500 ans, la traite négrière, dit Bonnie Campbell, professeure d’économie politique à l’UQAM. Elle occulte aussi le pillage des ressources naturelles par les puissances étrangères, de l’époque coloniale jusqu’à nos jours. »

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Ben ividament! On sait tous que c’est la faute des occidentaux et des méchants hommes blancs!

« Cette théorie doit être tempérée, estiment ses détracteurs. « L’auteure souligne la “densité historiquement basse de la population africaine”, mais elle ne tient pas compte de la saignée démographique qu’a représentée, pendant 500 ans, la traite négrière, dit Bonnie Campbell, professeure d’économie politique à l’UQAM. Elle occulte aussi le pillage des ressources naturelles par les puissances étrangères, de l’époque coloniale jusqu’à nos jours. »

PS Je sais que ça ne fera pas que Mme Campbell remette en question sa rectitude politique mais on peut noter que l’Europe a été quasi-dépeuplée par la peste bubonique. Elle perdit de 30 et 50 % de sa population en cinq ans (entre 1347 et 1352), pour environ vingt-cinq millions de victimes, ce qui n’a pas empêché la Renaissance peu après (14e siècle).