Révolution française à New York

Le programme bilingue français-anglais est en plein essor dans les écoles publiques new-yorkaises.

Photo : Sébastien Barré / CC BY-NC-SA 2.0
Photo : Sébastien Barré / CC BY-NC-SA 2.0

« J’appelle ça la révolution bilingue française. »

« Ça », c’est le programme bilingue français-anglais, en plein essor actuellement dans les écoles publiques new-yorkaises, de l’aveu même de Fabrice Jaumont, attaché éducatif à l’ambassade de France aux États-Unis.

Le français part pourtant de loin au pays de l’oncle Sam. Dans les rues de New York, la langue de Molière se fait discrète — le nombre croissant d’immigrés latinos et asiatiques faisant plutôt pencher la balance des langues étrangères vers l’espagnol et le chinois.

« L’idée d’apprendre le français, pour certains, peut paraître pittoresque, voire même anachronique », va jusqu’à écrire Kirk Semple dans le New York Times.

Et pourtant… Huit écoles publiques — bientôt 10 — offrent ce programme dont bénéficient environ 1 000 étudiants, qui suivent la moitié de leurs cours en français et l’autre moitié en anglais. Ce succès, New York le doit en grande partie au… gouvernement français –  notamment les ministères des Affaires Étrangères et de l’Éducation, ainsi que l’Assemblée nationale et le Sénat – qui a donné de l’argent et des bourses, en plus de payer pour la formation des enseignants et pour les livres de cours.

Le gouvernement français intensifie désormais son engagement en menant une campagne de collecte de fonds destinée à accélérer la croissance du programme. Son but est d’amasser 2,8 millions de dollars en cinq ans. Selon les données du recensement, 84 400 New-Yorkais âgés de 4 ans ou plus – soit environ 1,1 % de la population de la ville – parlent principalement français à la maison.

« La campagne semble avoir une importance existentielle pour la France, qui a jadis contrôlé un vaste empire dans le monde entier. L’identité du pays est inexorablement liée au français, et les fonctionnaires ont suggéré qu’en faisant la promotion de l’enseignement de cette langue dans le monde – y compris en prenant un rôle prépondérant et inhabituel dans une initiative d’éducation publique en dehors de ses frontières –, ils contribuaient non seulement à l’enrichissement des enfants, mais également au renforcement et au développement des liens économiques, politiques et culturels avec les autres pays », écrit Semple.

La directrice d’une école de l’Upper West Side, à Manhattan, a confié recevoir chaque année des centaines de candidatures pour sa classe de maternelle en français et en anglais, qui a ouvert en 2008. Pour répondre à la demande, elle a dû ouvrir une autre classe. La plupart des candidatures, dit-elle, vient de personnes pour qui le français n’est pas la langue maternelle.

Dans certains quartiers de Brooklyn, les cafés et les restaurants français ont fait leur apparition, les drapeaux tricolores ont envahi les devantures des magasins, la pétanque s’est faite un nom et le 14 juillet est fêté dans les rues. On parle même de Petite France, ou de Petit Paris.

 

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