Russie : la grande traversée en Transsibérien

Le Transsibérien, c’est un trajet mythique de 9 300 km à travers un pays-continent, à cheval sur l’Europe et l’Asie. À cheval aussi sur les époques, a constaté notre journaliste. Carnet de voyage.

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Le lac sacré de la Sibérie, le Baïkal. – Photo : Tristan Malavoy-Racine

Sur le petit écran incorporé au siège de devant, un Bruce Willis fatigué enchaîne les roulades et les courses-poursuites sous le feu des kalachnikovs. Le John McClane de Piège de cristal, trompe-la-mort préféré des Américains, est cette fois aux prises avec des Russes au regard de glace et à la mâchoire sévère qui le pourchassent dans les rues d’un Moscou infesté de vilains.

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Le hasard a voulu que je tombe sur ce film durant le vol qui me ramène à la maison, après trois semaines passées en Russie, justement. Trois semaines à sillonner ce pays encore synonyme de mystère et de malentendus, que la plupart des Nord-Américains connaissent essentiellement à travers la caricature qu’en a faite Hollywood, de Rocky IV à Une belle journée pour crever, l’insipide cinquième volet des aventures de McClane.

Il faut dire que cette caricature, les Russes — à commencer par leurs dirigeants — y contribuent souvent eux-mêmes. Simulacres de démocratie, politiques rétrogrades, système judiciaire à la botte du pouvoir, est-ce là l’essentiel de la Russie actuelle ? Pour en avoir le cœur net, rien de tel que de frotter le mythe à la réalité, à hauteur d’homme, à bord du moyen de transport emblématique du pays : le train.

26 mai Les aiguilles glissent peu à peu vers minuit. Je devrais tomber de sommeil après avoir visité à peu près tout ce qu’on peut voir en une journée à Moscou — Kremlin, place Rouge, bords de la Moskova, parc Gorki, galerie Tretiakov —, pourtant je ne dors pas.

Demain je monterai à bord du Transsibérien. Un vieux rêve pour lequel j’ai suspendu le cours d’une vie un peu trop remplie, de celles qui malmènent les vieux rêves. Départ à 12 h 42 de la gare de Kazan (j’ai vérifié trois fois : il y a neuf gares à Moscou !), d’où les trains partent vers l’infini sibérien. Le « Far East », comme on l’appelle ici.

Sans n’y être jamais venu, je fréquente la Russie depuis l’adolescence par l’entremise de ses auteurs et des biographies qu’Henri Troyat a consacrées à ses personnages plus grands que nature. Le temps est venu d’ajouter l’expérience à toutes ces images qu’ont semées en moi Cendrars, Kessel, Theroux et autres amoureux des mots et du rail.

27 mai Après avoir passé un moment, sur le quai, à déchiffrer mes documents de voyage — le billet de train russe est une énigme à plusieurs variables —, me voilà à bord du train 092 à destination d’Iekaterinbourg. Je partage ma cabine, vieillotte mais propre, avec trois personnes : une babouchka qui semble un peu fâchée que je ne parle pas sa langue et un couple de Néerlandais assez âgés mais à la dégaine adolescente, qui comme la plupart de leurs compatriotes connaissent l’anglais. Comme moi, Naima et Kik sont venus ici vivre un vieux rêve.

12 h 42. Le train pousse une série de plaintes métalliques, puis s’élance sur le plus long chemin de fer de la planète, pendant que s’étire sur mon visage un sourire sûrement très proche de celui que j’ai eu, petit, en déballant mon premier train électrique.

Passé les larges banlieues de la capitale (l’aire urbaine de Moscou compte 15 millions d’habitants, ce qui en fait la plus grande d’Europe), défilent bientôt, d’abord par à-coups puis avec une régularité qui en deviendra hypnotique, la campagne russe et les verts tendres de mai.

J’avale tout du regard, en glanant à l’occasion quelques mots de russe dans mon Lonely Planet — pa-jal-sta, spa-si-ba, zdrast-vouy-tye — et en faisant des exercices mentaux pour apprivoiser l’alphabet cyrillique.

Vers 14 h, Naima et Kik m’invitent à les suivre au wagon-restaurant. « Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus classe, laisse tomber Kik. On dirait une cafétéria de ferry ! » Ce que ni lui ni moi ne savons encore, c’est que nous faisons ce premier segment du périple transsibérien à bord d’un train assez quelconque — je connaîtrai dans les deux semaines à venir des wagons-restaurants beaucoup plus classe ! Pour l’heure, nous mastiquons tous trois un bout de poulet, lui aussi quelconque, trop heureux cependant de filer vers l’Oural pour nous laisser démonter.

28 mai Au terme de 27 heures de houle légère, de vodkas cul sec avec mes compagnons de cabine et d’une nuit peuplée de locomotives anciennes et d’églises aux bulbes dorés, le 092 entre en gare d’Iekaterinbourg. Complètement fermée aux étrangers de 1960 à 1990, la quatrième ville du pays, fief de Boris Eltsine, a connu son essor grâce à l’industrie minière — son nom lui vient d’ailleurs d’Iekaterina, patronne russe des mines — et, plus tard, à son rôle pivot dans un large complexe militaro-industriel.

J’ai eu la main heureuse en magasinant sur Hotels.com. La chambre qu’on me propose n’est franchement pas mal, avec un petit balcon qui donne sur le parc Kharitonovskiy, hirsute mais coupé du brouhaha urbain. Surtout, je réalise que l’hôtel Voznesensky est à 300 m du site pour lequel Iekaterinbourg constitue un point focal de l’histoire russe : l’église Sur-le-Sang-Versé, érigée sur le lieu exact de la maison Ipatiev, où, en 1918, dans l’une de ces scènes d’horreur dont les révolutions ne savent pas faire l’économie, Nicolas II et sa famille ont été exécutés par les bolcheviks.

Après avoir été un musée consacré à l’athéisme durant la période soviétique, la maison a fait place à cette construction massive, où le dernier tsar et ses proches sont aujourd’hui vénérés comme des saints martyrs (en 2000, dans une décision controversée, l’Église orthodoxe a fait canoniser d’un coup l’ensemble de la famille et sa suite !). L’endroit donne le frisson pour ce qui y est arrivé, pour le cri d’enfants fusillés qu’on croirait entendre encore dans le vent, mais aussi parce que les ficelles de la récupération historico-touristico-religieuse y sont visibles partout. Autour, comme une consolation, les tulipes s’ouvrent par milliers.

30 mai Je remonte à bord du Transsibérien. Train 044 cette fois, un cran au-dessus du précédent. L’équipement est plus récent, les couchettes grincent moins et la lumière de lecture s’allume du premier coup ! Durant les 45 heures qui me séparent d’Irkoutsk, ma prochaine escale, je vais goûter vraiment au temps suspendu des longues journées de rail, qu’entrecoupent les repas sur la table trop petite pour quatre, désagrément qui se transforme en aspect positif quand chacun se met à partager avec les autres, et les visites fréquentes de la provodnitsa — la responsable et seule maîtresse du wagon après Dieu —, venue nous offrir le thé.

Mon Lonely Planet m’avait prévenu : le paysage de cette portion-là est souvent monotone. J’en profite pour avancer dans le costaud programme de lecture planifié avant le départ : Une femme aimée, le dernier Makine, qui tente de cerner la Grande Catherine, ses appétits de pouvoir et de sexe, à travers les recherches que fait sur elle un scénariste dans le Leningrad des années 1980 ; Les âmes mortes, de Gogol, inexcusable trou dans ma culture littéraire russe, dont l’action pourrait avoir eu lieu dans cette campagne qui défile à la fenêtre, encore et toujours. M’attendent ensuite Tolstoï, Soljenitsyne et autres géants, dont je suis loin d’avoir tout lu.

Et puis j’ai trouvé une ouverture sur la voie, à l’extrémité du wagon-restaurant. Le cuisinier, dont les pauses-cigarette sont pour le moins rapprochées — peut-être une forme de chant du cygne avant l’entrée en vigueur d’une très sévère loi antitabac, dans quelques heures ! —, laisse en effet une porte complètement ouverte sur l’extérieur. La grille rouillée censée prévenir les chutes, à travers laquelle un enfant passerait trop facilement, n’est certainement pas réglementaire, mais fait le bonheur du photographe amateur.

1er juin Une nouvelle passagère fait son entrée dans la cabine. Son anglais, bien qu’hésitant, suffira pour nouer la conversation. Ce pour quoi je ne me fais pas prier, ayant très peu conversé depuis mon arrivée en Russie.

Elena, la fin vingtaine, rentre chez elle, à Irkoutsk, après avoir passé plusieurs jours à Krasnoïarsk, où elle a travaillé à l’établissement d’une nouvelle succursale de l’entreprise Hertz, qui l’emploie. En apprenant que je me rends moi aussi à Irkoutsk, elle me parle longuement de la ville, des trucs à voir et des coins à éviter. Puis je la questionne sur ce que c’est que de vivre en Russie, pour les jeunes, de nos jours. « Rien n’est parfait ici, me dit-elle. On a souvent l’impression que ce pays ne va nulle part, que ceux qui nous gouvernent se soucient peu des gens ordinaires. Mais je suis amoureuse de la Sibérie. Je ne pourrai jamais m’en éloigner très longtemps. Mon copain et moi adorons le camping et le plein air, c’est l’endroit rêvé pour nous ! »

Elena, qui m’invite bientôt à l’appeler Lena — « ça veut dire que nous sommes amis… » —, m’offre de me faire découvrir le coin avec Alexey, son copain. À l’arrivée, après les adieux à la provodnitsa — un peu jalouse, je crois, que quelqu’un d’autre m’ait « pris en charge » —, Lena me conduit à mon hôtel et me fixe rendez-vous pour le lendemain.

D’ici là, je me balade un peu dans le quartier historique. Coïncidence à peine croyable, j’arrive ici le jour du 350e anniversaire de la ville. Feux d’artifice, haleines fortes d’alcools forts, jeunes qui chantent bras dessus, bras dessous… Ça fête ferme dans cette agglomération de la taille de Québec environ, qu’on surnomme le « Paris de Sibérie » en raison de ses nombreux bâtiments inspirés des capitales européennes, héritage des décembristes, ces aristocrates contraints de s’exiler ici, en 1825, pour avoir osé suggérer à Nicolas Ier l’adoption d’une Constitution.

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Tristan Malavoy-Racine lors d’un bref arrêt à la gare de Nijneoudinsk.

2 juin Lena et Alexey passent me prendre à l’heure prévue. Au programme : promenade dans les vieux quartiers, arrêt à la très belle cathédrale de l’Épiphanie, avec ses dômes et ses tours colorées, petite croisière sur l’Angara, le tout sous l’œil minéral de Lénine, dont j’ai presque l’impression qu’il suit mon parcours tant sa statue est partout… Journée superbe, n’en déplaise à l’indéboulonnable, que nous achevons dans un pub animé où nous trinquons à l’amitié entre les peuples en général et à la nôtre en particulier.

Mes amis appartiennent à la jeunesse aisée de la ville. Deux professionnels qui triment dur et savent prendre du bon temps, des gens franchement attentifs, ouverts aux autres, à cent lieues de ces jeunes friqués gainés de cuir et arrogants que l’on croise, il faut le dire, fréquemment dans ce pays.

3 juin Tôt en matinée, je pars en solo en direction de Listvianka, une petite ville à une heure d’autocar, au bord du lac sacré de la Sibérie : le démesuré Baïkal. La plus grande réserve d’eau douce du monde, qui pourrait contenir nos cinq Grands Lacs.

J’ai pensé un moment réserver une place à bord du Circumbaïkal, ce train lent qui longe le lac sur une centaine de kilomètres. Mais le train, ça va, j’en ai ma dose ! J’opte plutôt pour une croisière sur les eaux extraordinairement limpides, qui vont toucher l’horizon. Je me faufile dans un petit groupe de touristes et suis accueilli sur le pont par une guide pimpante, qui alterne entre le russe et un excellent anglais, et qui surtout est passionnée des légendes associées au Baïkal. Ses divinités, ses démons, le monstre qui s’y cache, évidemment. Et cette croyance selon laquelle celle ou celui qui s’y baigne rajeunit de 10 années…

Tentant, mais l’eau est glaciale aujourd’hui. Je me contenterai de faire rajeunir mes orteils !

4-7 juin Plus que quelques heures avant de quitter Irkoutsk. Lena et Alexey m’emmènent faire un barbecue un peu à l’extérieur de la ville, au bord de la rivière Irkout. Festin de grillades arrosé de kvas, boisson locale à base de pain noir et d’herbes, qu’accompagnent des discussions une fois encore très ouvertes sur le pays, sur Poutine — « qui heureusement est très loin d’ici, on arrive à l’oublier ! » —, sur les Pussy Riot et leur invraisemblable incarcération.

Peu après, c’est le temps des adieux sur le quai no 3 de la gare d’Irkoutsk. Mes guides impromptus ont les larmes aux yeux, font monter les miennes. Ils m’offrent un joli livre de photos du Baïkal et me poussent dans le Rossiya, qui s’apprête à partir.

Le Rossiya, le 002, fleuron des trains russes. J’ai la chance d’y faire le dernier segment de ma traversée, le plus long : 69 heures. Les chiffres sur les petits panneaux, le long de la voie, commencent à donner le tournis : 7 283 km, 8 124 km… Je me donne du courage en abusant de crêpes fourrées au caviar, 200 roubles pour trois au (très classe cette fois) wagon-restaurant, tout en suivant les variations d’un paysage ici plus changeant, souvent grandiose, parfois noirci par les feux de forêt.

Pendant ce temps, j’avance dans une sélection de musique russe personnalisée que m’a préparée une amie : 22 heures de Stravinski, Chostakovitch, Gretchaninov et compagnie. Le train parfois s’envole sur les envolées tristes et belles de leurs partitions.

Littérature, musique à plein volume, steppes en boucle à la fenêtre… Chacun a sa définition du bonheur, je sais toucher à la mienne.

7 juin Vladivostok. Les confins de l’empire. Je sors du Rossiya — pourtant confortable — fourbu comme un vieillard, mais ivre de ces 9 288 km avalés depuis deux semaines.

Je ne peux m’empêcher de trouver le bout du monde un peu décevant. « Tout y était gris, sale, terne. Les collines, les coolies chinois, la foule misérable du port que menaçaient les tourelles des cuirassés japonais, garants de l’ordre dans la ville sibérienne… C’était donc cela Vladivostok, le Seigneur de l’Orient, qui avait fait rêver Yossienka sur les bancs de l’école, à Orenbourg ! » Presque 100 ans après Joseph Kessel, dont l’arrivée en 1919 est décrite ici par son biographe Yves Courrière, la ville m’inspire un peu la même chose.

Le gris devient gris foncé quand je me rends compte que j’ai, cette fois, eu la main moins heureuse en magasinant sur Hotels.com. Ma chambre de l’hôtel Vladivostok est une symphonie de brun et d’auréoles douteuses que tempère, il faut dire, une vue superbe sur le golfe de l’Amour. Mon regard s’y évade pendant que, d’une oreille distraite, j’écoute les nouvelles où il n’est question que de Lioudmila Poutine et de son président de mari, lesquels viennent de confirmer que leur amour à eux n’aura pas duré toujours.

8-9 juin Lente exploration de cette ville entre deux eaux, entre deux âges, dont Nikita Khrouchtchev rêvait de faire la San Francisco de Russie. Un vœu en partie exaucé, surtout depuis l’inauguration en juillet 2012, à l’occasion du Sommet de l’APEC, d’un impressionnant pont à haubans reliant la ville à l’île Rousski, en face. Pour le reste, avec ses infrastructures militaires, ses arrogantes frégates amarrées au port, Vladivostok a des airs nettement plus martiaux que sa jumelle californienne — j’y visite entre autres le S-56, légendaire submersible de la marine soviétique aujourd’hui transformé en musée.

Kessel avait raison, il y a ici un peu trop de canons au kilomètre carré, mais aussi un rapport franc avec la mer, qui me plaît. Tous les bouts du monde se ressemblent, j’imagine : un mélange de vertige et de déception. Cette fois, malgré le gris, le vertige l’emportera. Il faut dire que je me sens de mieux en mieux parmi ce peuple toujours en mouvement, étourdi par les vents forts de l’histoire, mais dont les gens, sauf exception, ne demandent au fond qu’à s’ouvrir au monde.

Je resterais bien amarré au port de Vladivostok, moi aussi, mais le moment du départ arrive à grands pas.

11 juin Me voilà de retour à Montréal après quelque 24 heures de vol, avec correspondance à Pékin puis à Chicago. Heures blanches, durant lesquelles se sont déposées en moi les images des dernières semaines. Occasion de mesurer à quel point mes préjugés se sont émoussés, à quel point s’est effrité le tableau déformé qu’on nous tend souvent de la Russie et que vient de me rappeler Bruce Willis survivant sans conviction à ses mésaventures moscovites.

Paradoxalement, il y a les incompréhensions qui demeurent et se creusent. Aujourd’hui, on parle jusqu’au Québec de cette loi votée par la Douma qui interdit toute « propagande sur les relations sexuelles non traditionnelles ». Je ressens de nouveau, mais pour d’autres raisons, l’impression ressentie mille fois durant ces longues journées à serpenter dans le paysage sibérien, constellé de cabanes où tant de Russes vivent de trois fois rien, parfois sans eau courante : ce pays est à cheval sur deux siècles. Le XXIe et le XIXe.

* * *

Le Transsibérien, «merveille des temps modernes»

Avoir un empire, c’est bien ; pouvoir le traverser d’un bout à l’autre, c’est mieux. Dès 1857, des esprits visionnaires imaginent une voie ferrée reliant la Russie européenne au Pacifique. À commencer par le comte Mouraviev-Amourski, gouverneur général de Sibérie orientale, auquel on attribue souvent la paternité du Transsibérien.

Il faudra pourtant attendre 1891 pour que l’entreprise s’appuie sur une volonté politique ferme. Alexandre III annonce en mars le début des travaux et accorde les faramineux crédits nécessaires. Le tsar voit dans le réseau projeté une future « merveille des temps modernes ».

L’histoire du chantier, articulé sur le tiers du globe, allait être émaillée de drames humains (les ouvriers morts à la tâche se chiffrent en milliers) et d’extraordinaires défis techniques, dans la région du Baïkal par exemple, où le train allait pendant un temps franchir l’immense lac à bord d’un traversier brise-glace.

En 1916, tous les tronçons sont en place. Le pays, sur lequel règne désormais Nicolas II, a une colonne vertébrale : plus de 9 000 km de rails reliant quelque 990 gares, pour un voyage qui dure trois semaines (contre une aujourd’hui). Un mythe est né.

Avant le départ

Le Transsibérien, ça ne s’improvise pas. Autant le trajet ne pose pas grand problème de logistique ou de sécurité, autant il doit être planifié au détail près. Premier conseil : se préparer au moins trois ou quatre mois à l’avance.

L’obtention du visa russe, déjà, n’est pas une mince affaire. Mieux vaut être épaulé par une agence qui a fait ses preuves. Un tuyau : Espace Est-Ouest propose des voyages guidés « tout compris » autant que des formules « billets secs », en style libre (espace-est-ouest.com).

Le train comporte trois classes. Coup de cœur pour la deuxième, dont les cabines à quatre représentent un bel équilibre entre confort et occasions de rencontres. À noter : moins le numéro du train est élevé, meilleur est celui-ci. Le Rossiya, fierté du réseau, porte d’ailleurs le chiffre 001 quand il roule vers l’ouest et 002 quand il roule vers l’est.

En voiture !

Attention, les horloges de toutes les gares de Russie indiquent l’heure de Moscou, ce qui implique une constante gymnastique, le Transsibérien traversant sept fuseaux horaires de la capitale à Vladivostok !

Une fois à bord, il faudra soigner son rapport avec la provodnitsa, la responsable du wagon, qui y exerce un pouvoir absolu. À côté de son bureau, l’incontournable samovar, grâce auquel les voyageurs se préparent à volonté du thé, des soupes et autres aliments déshydratés, en complément du poisson fumé acheté sur les quais.

Une dernière chose : pour goûter vraiment ce périple, mieux vaut le découper en segments. Le voyage en train a son charme, mais au bout de quelques dizaines d’heures les fourmis s’installent dans les jambes ! Et puis traverser ce pays, c’est aussi flâner dans Perm, Novossibirsk, Irkoutsk, Khabarovsk et autres escales en plein cœur de la réalité russe.

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Intéressant. Je suis surpris qu’on puisse arrêter si facilement en Sibérie. Je l’avais fait il y a 20 ans: c’était impossible. Le train s’arrêtait 15 minutes. On prenait une marche rapide à coté du train et on repartait.
A l’époque les Russes attendaient l’arrivée du train qui venait de Chine chargé de vêtements que les Mongols vendaient par la fenêtre en moins de deux.