Sotchi, ville… fantôme ?

Trois mois (et quelque 50 milliards de dollars…) plus tard, Sotchi, en Russie, ressemble davantage à une bourgade abandonnée qu’à une ville qui a accueilli avec frénésie les Jeux olympiques les plus coûteux de l’histoire.

Quelques semaines après la fin des compétitions de patinage artistique et de slopestyle, force est de constater que Sotchi, cette petite station balnéaire de la mer Noire qui a accueilli les meilleurs athlètes des sports d’hiver, vit un petit coup de blues post-Jeux.

C’est, à tout le moins, l’impression que laisse le photoreportage «Photos Of Sochi Looking Like A Ghost City One Month After The Olympics» trouvé sur le site de Business Insider.

Originalement publiés sur le blogue (en russe) du photographe Alexander Valov, ces clichés montrent, entre autres désolations, des terrains négligés derrière des bâtiments à la peinture à peine sèche…

Crédit photo : Alexander Valov/BlogSochi

… un village olympique aujourd’hui désert…

where-the-athletes-once-stayed
Crédit photo : Alexander Valov/BlogSochi

… une promenade toute neuve boudée par les résidants et les touristes…

the-boardwalk

 … et un traitement des déchets pour le moins déficient dans certains secteurs de la ville.

trash-piles-up-in-a-drainage-tunnel
Crédit photo : Alexander Valov/BlogSochi

Aucun doute, le fardeau de ces XXIIes Jeux olympiques d’hiver reste bien lourd, analysent experts et journalistes. Un budget initial projeté à 13 milliards de dollars, mais «révisé» à quelque 55 milliards de dollars — ce qui en font les Jeux olympiques les plus coûteux de l’histoire après Pékin, en 2008 (39 milliards). Des réserves naturelles, des marais et des colonies d’oiseaux migrateurs disparus au profit de routes flambant neuves et d’hôtels modernes. Des installations sportives qui serviront aux 370 000 résidants, promettaient les autorités locales.

Pour l’heure, les observateurs restent sceptiques quant aux répercussions immédiates — et même futures — des Jeux sur l’industrie touristique de Sotchi et des environs. «[La Ville] ne semble pas avoir élaboré de véritables plans pour l’avenir de la région. Ce manque de clarté, combiné aux défis géographiques et politiques actuels, n’augure rien de bon pour Sotchi», a indiqué David Wallechinsky, président de la Société internationale des historiens olympiques, à TheVerge.com.

Sur place, des reporters de Francetv info ont réalisé, ces derniers jours, un reportage sur ce «terrain désormais vague qui se cherche un avenir» — à des lieues de la cité en liesse d’il y a tout juste quelques semaines.

«Dans deux ans, quand les regards seront tournés et que les autorités ne s’en occuperont plus, il restera ici un fardeau permanent», prévoit Anna Gritsewitch, rédactrice en chef d’un journal local interviewée par l’équipe. «Aujourd’hui bétonnée, la plage a perdu son cachet et la mer est impropre à la baignade, selon les normes internationales. Des décharges à ciel ouvert existent par dizaines», rapportent les journalistes :

L’avenir dira si les installations de Sotchi sont vouées au même dessein tristounet que le centre aquatique des Jeux d’Athènes (en 2004) et le stade de volley-ball des Jeux de Pékin (en 2008), ou encore la piste de bobsleigh de Sarajevo, en 1984 (photo ci-dessous), comme le présente une fascinante — quoique désolante — galerie photos de type «avant-après» dénichée sur Distractify

724-934x
Crédit photo : imgur.com

Les commentaires sont fermés.

Grosse confusion entre Sotchi (station balnéaire réputée et plébiscitée) et le village olympiques à près de 100km de Sotchi, construit spécialement pour l’occasion.

Votre article a une pertinence évidente, d’autant que les personnes ayant été délogées par ces jeux doivent maintenant vivre dans de minuscules appartements à la limite du vivable… Cependant, j’apprécierais que vous portiez une attention à votre orthographe dans vos articles… et que vous vous relisiez. Le mot « résidents » s’écrit avec un « e » et non avec un « a », comme vous semblez le croire puisque vous faites l’erreur plus d’une fois dans l’article. Et désolé, mais selon moi, c’est inadmissible. Dans le doute, vérifiez!
Merci.

RÉPONSE DE L’AUTEUR :
Merci, Monsieur Veilleux, pour votre commentaire. Néanmoins, Le Petit Robert fait la distinction entre «résident» et «résidant» de cette manière :
– Résident : Personne établie dans un autre pays que son pays d’origine (synonyme : étranger).
– Résidant : Qui réside (en un lieu) (synonyme : habitant).
Pour cette raison, étant donné le contexte — puisqu’il est question ici des habitants de la ville de Sotchi —, le mot «résidant» a été choisi. C’est la graphie utilisée par L’actualité lorsqu’il est question d’habitants d’une ville ou d’un pays.
Merci de votre attention, et bonne journée !
Pierre Duchesneau
Journaliste Web